Pu De Rennes

  • Pourquoi des femmes s'engagent-elles dans les armées sous la Révolution et l'Empire ? Quelles sont les spécificités de leur expérience féminine du monde militaire? Quels discours produisent-elles sur leur parcours lors de leur retour à la vie civile ?

    Entre 1791 et 1815, plusieurs dizaines de femmes intègrent les troupes révolutionnaires, contre-révolutionnaires et impériales, pour défendre leur pays. Leurs parcours hors du commun illustrent l'implication des femmes dans les événements révolutionnaires et le caractère protéiforme de leur engagement. L'étude de leur passage à l'armée témoigne de la reconnaissance dont elles ont pu bénéficier de la part de l'institution militaire, malgré le caractère transgressif de leur démarche. En commentant leur passé militaire dans leurs récits autobiographiques, elles transmettent leurs propres représentations du monde militaire et prennent en charge le récit de leur histoire.

    Confrontant les sources militaires, l'iconographie révolutionnaire, les écrits personnels, les articles parus dans la presse, Maria Goupil-Travert examine une cinquantaine d'itinéraires biographiques de femmes aux armées. Elle questionne la nature de leur engagement, leur rapport au monde militaire et à la violence, ainsi que leur capacité d'action individuelle pour contourner les contraintes liées au genre.

  • Ces dernières années, de nouvelles demandes environnementales, sanitaires et sociales sont venues questionner le modèle de modernisation agricole qui a dominé le XXe siècle. Des perspectives neuves ont également redynamisé l'histoire de l'agriculture et des mondes ruraux.

    Enrichi des apports de l'histoire environnementale, de l'analyse des formes territoriales de construction de la qualité ou de l'histoire des sciences et des techniques, cet ouvrage nous donne à comprendre les modernisations agricoles du XXe siècle non plus comme un triomphe nécessaire de la modernité mais comme un ensemble de choix sociotechniques, parmi des possibles multiples, portés par des groupes d'acteurs situés. Ce livre fait aussi une large place aux perspectives transnationales et comparatives, aux acteurs multiples des dynamiques de modernisation (agriculteurs, scientifiques, conseillers, fonctionnaires modernisateurs, mais aussi industriels, médecins, etc.), ainsi qu'aux controverses, marges d'adaptations et alternatives aux modèles dominants de modernisation agricole.

  • La société des nations : une expérience de l'internationalisme Nouv.

    Depuis plus d'une vingtaine d'années, l'histoire de la Société des nations fait l'objet d'un fort regain d'intérêt au sein du monde académique et, sous l'influence des approches globale et transnationale, un nouveau récit de cette organisation internationale créée au lendemain du premier cataclysme mondial a progressivement vu le jour, tournant résolument le dos à une historiographie longtemps dominée par le prisme de son "échec" et saisissant "l'expérience de Genève" dans toute sa complexité et sa globalité. La SDN fait désormais figure de lieu inédit de fabrication de l'international, impliquant une grande diversité d'acteurs, de réseaux et de pratiques, entremêlant logiques nationales et circulations transnationales. Cent ans après la naissance de l'organisation genevoise, la revue Monde(s) a souhaité rendre compte de ce chantier historiographique en plein renouvellement.

    Avec les contributions de Jean-Michel Guieu, Stanislas Jeannesson, Karen Gram-Skjoldager, Haakon A. Ikonomou, Myriam Piguet, Dzovinar Kévonian, Magaly Rodriguez Garcia, Hannah Tyler, Matthieu Boisdron, Yannick Wehrli, Tomoko Akami, Andrew Barros, Nicolas Vaicbourdt, Ludovic Tournés, Marie-Luce Desgrandchamps, Cyril Cordoba.

  • Alors qu'au XVIe siècle les ambassades deviennent permanentes, la représentation s'impose d'autant plus comme une fonction première de la diplomatie. La représentation d'un souverain, d'un Etat ou d'une nation par le diplomate exprime aussi bien l'absence d'un pouvoir que son apparition publique. Elle laisse entrevoir un système d'interactions complexe entre un représenté, son représentant et leur public. Au regard des développements historiographiques récents, ce volume explore le rôle des acteurs et des manifestations symboliques et matérielles de la représentation dans la vie internationale des Etats. On y trouvera une diversité de situations historiques et géographiques, de l'époque moderne au XXe siècle, afin de souligner les continuités, mutations et réappropriations du phénomène. Les contributions analysent les mises en scène et les jeux des acteurs participant de manière directe ou indirecte à une activité de représentation. Elles en scrutent les décors, les costumes et les coulisses, et mettent en évidence la mobilisation des normes et des pratiques de représentation au service d'interactions internationales en constante évolution.

  • "Nos ancêtres les Gaulois ! " : la formule hante notre mémoire collective comme un élément central du discours sur l'identité porté par le roman national tel qu'il s'est longtemps écrit. Mais ces ancêtres paradoxaux - fiers de leur liberté mais désunis, attachants mais querelleurs, redoutables guerriers mais vaincus - sont le résultat d'une véritable fabrique. Cette image des Gaulois émerge dès l'Antiquité, reprise et étoffée au XVe siècle en fonction des besoins politiques et identitaires du moment, pour servir l'affirmation de la francité au siècle suivant, puis à partir de la Révolution française et au XIXe siècle elle s'installe durablement dans l'imaginaire politique, comme en témoigne encore le discours public depuis 1958.
    Ce dossier montre, par une lecture culturelle du politique, la façon dont la figure du Gaulois, siècle après siècle, a nourri les représentations et les identités nationales dans un usage politique de l'histoire. Et comment le discours sur le présent prend la voix du passé.

  • Transgresser, c'est dépasser une limite fixée par une autorité, les traditions ou les usages en vigueur. C'est là l'acception la plus courante de ce terme qui tend à occulter la définition anthropologique attachée à la notion de transgression, car, dans son sens plus restreint, elle renvoie au "franchissement d'une frontière morale", d'un seuil, à partir duquel le système de valeurs établi par une collectivité humaine est remis en question ou susceptible de l'être. Elle apparaît donc comme indissociable d'une construction sociale en ce qu'elle met à l'épreuve les éléments qui ordonnent et font société.

    La guerre est de toutes les activités humaines celle qui est le plus susceptible de conduire à des débordements, à la démesure, à la radicalité sans borne, donc à la violation de normes fondamentales. Elle constitue alors un champ d'étude privilégié pour aborder la question de la transgression. Si, dans ses formes et manifestations, la violence ordinaire ou extrême sur le champ de bataille a pu faire l'objet d'une attention particulière, l'historiographie s'est en définitive peu intéressée aux mécanismes de déclenchement ainsi qu'à la construction des intolérables dans ou en marge des conflits armés. Cet ouvrage tend donc à combler une lacune par une réflexion collective et pluridisciplinaire reposant sur une analyse de textes et d'images de l'Antiquité à nos jours.

  • L'archéologie nous intrigue et nous fascine tous. 135 archéologues vous emmènent sur "leurs terrains" et vous dévoilent leurs plus belles découvertes faites depuis une trentaine d'années dans la France de l'Ouest ; pas forcément les plus spectaculaires, mais celles qui ont apporté du nouveau ou qui ont bouleversé des données considérées comme acquises.

    Avec eux, prenez la mesure du temps, depuis la conquête du feu par des Homo erectus il y a 465 000 ans sur une falaise du Finistère, jusqu'aux bombardement de 1944 dans le Calvados.

    Regardez d'un oeil nouveau vos territoires, découvrez les ultimes traces de campement des premiers hommes, parcourez les premiers villages du Néolithique vers 4 500 ans av. J.-C., les premières agglomérations gauloises installées derrière leurs remparts monumentaux, les capitales romaines à l'origine de nos métropoles, les chantiers urbains du Moyen Âge. Approchez les organisations sociales de jadis à travers leurs diverses expressions : les mégalithes et les habitats collectifs du Néolithique, les chefferies de l'âge du Bronze, la noblesse gauloise, les grands propriétaires romains, l'aristocratie médiévale.

    Voyez enfin les hommes habiter, produire, commercer, naviguer, se battre ou prier, bref vivre et mourir. Observez la variété des modes de sépulture et contemplez enfin d'un oeil neuf les premières manifestations artistiques : les grottes ornées en Mayenne il y a 25 000 ans, les décors des mégalithes, les bâtiments publics de l'Antiquité ou la simple beauté des objets du quotidien.

  • L'histoire de la mort a connu son apogée au tournant des années 1970 et 1980, à travers les deux grandes synthèses de Michel Vovelle et Philippe Ariès. Née dans la continuité de l'histoire religieuse et de la démographie historique, elle s'est renouvelée les vingt dernières années par une approche matérielle centrée sur le traitement du cadavre. Une histoire et une anthropologie politiques de la mort se sont aussi progressivement développées autour du corps du roi ou des usages politiques des funérailles. Mais la question de la mort au(x) Parlement(s) n'avait jamais été abordée en tant que telle. Ce hors-série veut montrer les multiples façons dont on peut comprendre les relations possibles entre mort et Parlement, ainsi que les différentes "histoires de la mort" qui se pratiquent aujourd'hui. Sont explorées, de la Révolution au très contemporain, en Europe et plus particulièrement en France, les manières dont les parlementaires se saisissent de la mort pour dire la norme et travailler le droit (sur le crime de lèse-nation, la violation de sépulture, le périmètre de la peine de mort), utilisent les cadavres pour asseoir leur légitimité, créer un consensus ou marquer une rupture (les martyrs de la Révolution ou de la nation, les héros de guerre), sont interpellés et débattent sur des sujets tels que les frontières entre la vie et la mort, le devenir des cendres, ou comment les élus se confrontent directement à leur propre mort (assassinat de Féraud, attentat de Vaillant, traitement des dépouilles de Gambetta ou Mandel).

  • Basé sur des entretiens biographiques menés avec 40 anciens militants, sur des sources privées et sur des fonds d'archives souvent inexplorés, cet ouvrage met en lumière les ressorts de ces trajectoires dissidentes en les articulant à une réflexion générale sur le rapport des juifs algériens à la question coloniale. Au prisme de cette entrée minoritaire, il s'agit aussi de construire une histoire par le bas des juifs d'Algérie, du communisme algérien et, plus généralement, de la société algérienne colonisée et nouvellement indépendante.

    Avec le soutien de l'université Rennes 2.

  • Ce volume collectif réunit des contributions d'historiens et de politistes spécialistes de la représentation politique au sein d'espaces variés (France, Aragon, Saint-Empire, Suède, péninsule italienne, Chine, etc.) aux époques médiévale et moderne.

    Le volume souligne le rôle joué par la représentation symbolique (rituels, images, cérémoniaux) dans les pratiques politiques et éclaire, à partir d'une large palette d'exemples, les pratiques parlementaires médiévales et modernes et les différentes manières de représenter le peuple, par des procédures inscrites dans la loi ou, au contraire, apparues lors de périodes de révoltes. Il constitue ainsi une invitation à mieux évaluer, par contraste, la signification de la démocratie représentative contemporaine.

  • Les espaces portuaires historiques de Gênes, du Havre et de Brooklyn à New York constituent un véritable « laboratoire » permettant d'observer à quel point, sur la longue durée, l'évolution de leur urbanité est à la fois singulière et contrastée. Un temps écartées des grandes « routes » de la mondialisation, les métropoles portuaires y sont revenues de plain-pied, sous des formes et par des itinéraires qui leur sont propres. Elles les rendent désormais plus attractives, en particulier grâce à de « grands récits » auxquels les sociétés contemporaines sont attentives et que cet ouvrage original contribue à décrypter.

  • Naguère parée de toutes les vertus, la viande est aujourd'hui l'objet d'une "stigmatisation diffuse". Une série de scandales retentissants alarme les populations, soulevant des vagues d'inquiétudes, de résistances et de stigmatisations. Sont placées au coeur du débat les normes de la production carnée (alimentation, médication et stabulation des troupeaux, impact environnemental, éthique des abattages...], les modes de transformation (viandes falsifiées...), ou encore les pratiques de consommation (prescriptions religieuses, modes de cuisson potentiellement cancérigènes...).

    Pour comprendre le présent et explorer le futur, il faut recourir à l'Histoire qui éclaire, au travers des sociétés passées, des phénomènes économiques, techniques, sociaux ou culturels aussi fondamentaux que l'acquisition et la découpe des aliments, la constitution de la profession de boucher, les représentations symboliques, les normes sanitaires et les prescriptions religieuses entourant la chair des animaux.

    Ce livre invite au voyage dans les cultures carnivores, depuis les sociétés anciennes où la viande pouvait nourrir les dieux autant que les hommes, jusqu'à un monde de contradiction, où la "bidochemania" côtoie le véganisme, et où l'on recherche des viandes issues de l'agriculture biologique, produites dans des terroirs de qualité, tout en imaginant une alimentation de demain totalement déconnectée de l'animalité.

  • Une femme au XVIIIe siècle peut-elle être entrepreneure ? Comment maîtriser les impératifs juridiques qui s'imposent à elle ? Comment se faire une place, puis une réputation flatteuse dans un réseau négociant largement dominé par les hommes ?

    Le parcours socio-économique de Madame Blakey, née Marguerite Élisabeth Aumerle, à la tête du Magasin Anglais de Paris à partir de 1767, illustre de manière emblématique la capacité qu'avaient déjà certaines femmes à gagner une véritable autonomie entrepreneuriale dans l'économie d'Ancien Régime. Mariée puis séparée des biens de son mari, elle dirige un commerce de biens de semi-luxe intégré dans des circuits internationaux et sait faire face aux difficultés financières qu'elle doit affronter. Accusée de banqueroute frauduleuse et incarcérée au Petit Châtelet en 1771 pendant plusieurs mois, elle réussit à relancer son activité économique, grâce à d'habiles stratégies que cet ouvrage s'applique à éclairer.

    S'appuyant à la fois sur des sources économiques, des archives notariées et des correspondances, articulant histoire économique et problématiques de genre, Camille Dejardin propose à travers le cas de Madame Blakey une réflexion novatrice sur l'entrepreneuriat au féminin durant le siècle des Lumières.

  • Ce livre étudie l'alimentation au pays de Rabelais, de Vatel et d'Antonin Carême au moment où la cuisine française se sépare nettement des autres cuisines européennes et acquiert une flatteuse et durable réputation d'excellence. Du Moyen Âge finissant au commencement de l'époque contemporaine, Florent Quellier dresse le panorama des discours et des pratiques du boire et du manger des Français d'hier, ses contraintes techniques, diététiques et religieuses et le détournement hédoniste de l'alimentation dans les deux derniers siècles de l'Ancien Régime.

  • S'il existe une carte des saveurs, la question est de savoir ce qu'il reste d'authentique dans une alimentation « des vacances », traversée de métissages et de bricolages. Au carrefour du local et du global, les frontières culturelles et culinaires ont-elles en définitive vocation à prévenir les situations de conflit au sein des identités régionales ?


  • cet ouvrage envisage l'histoire des femmes en france de la révolution française à la fin du xxe siècle.
    c'est là une histoire marquée et ciselée par les événements remarquables du passé - révolution française, 1848, commune de paris, guerres mondiales du xxe siècle, guerre d'algérie, 1968. c'est aussi une histoire sous-tendue par les débats du temps présent - sur le " foulard islamique ", le pacs, l'homoparentalité, la parité, etc. fondée sur les travaux de ce champ de la discipline historique, l'histoire des femmes telle qu'elle est mise en oeuvre ici englobe histoire au féminin, histoire du genre et présence des femmes dans l'histoire.
    /> l'approche sociale thématique - éducation, formation, histoire des corps et de la maternité, travail - va de pair avec une histoire culturelle des représentations qui met au jour les enjeux de la construction des types et stéréotypes et analyse écrits de femmes et écrits sur les femmes. c'est dire que l'approche théorique qui sous-tend ce livre n'entend pas développer une vision séparatiste de l'histoire des femmes, mais prône l'inclusion de ces actrices de plein droit dans une histoire totale dont elles sont trop souvent exclues.


  • Comment les classes populaires se sont-elles emparées de la photographie et donc de leur image ? Se sont-elles laissé influencer par les grands courants de la photographie ? Quels sont les liens qui s'esquissent entre amateurs et professionnels, entre art et profane, entre la forme et le fond ? Sur Nantes l'industrieuse, ce livre pose les jalons d'une histoire populaire de la photographie qui reste encore à écrire.

  • Sur la base de l'examen des livres de cuisines et des comptes du Palais ottoman au XIXe siècle, Özge Samanci analyse les manières de table, l'organisation des espaces de préparation culinaire, les ustensiles, la hiérarchie des cuisiniers, les plats, les repas, les techniques culinaires. La cuisine d'Istanbul s'inscrit alors clairement dans la continuité de la culture culinaire ottomane des siècles précédents. Toutefois des distinctions culturelles émergent, l'adaptation partielle de techniques culinaires françaises, la diffusion de nouveaux ingrédients et l'apparition des nouveaux moyens de sociabilité autour du repas provoquent des transformations.

  • Les pêcheries correspondent à une étape primordiale de la pêche permettant une exploitation des eaux peu profondes. Le paysage littoral du département de la Manche en porte les traces d'une intense exploitation. Un programme de recherche original a permis d'étudier un premier corpus qui se répartit en deux grandes périodes : la Préhistoire récente d'une part, et la période médiévale et moderne d'autre part.
    L'étude de trois sites préhistoriques de la baie du Mont-Saint-Michel fournit des informations techniques importantes aussi bien sur la construction des pêcheries que sur les stratégies de pêche. Vers 2200-2000 avant J.-C., cette activité a été pratiquée à large échelle, avec l'exploitation simultanée d'un ensemble de barrages.
    Au Moyen Age, les sources historiques se multiplient lors de la refondation des grandes abbayes normandes au cours des XIe-XIIe siècles. A partir du XVIe siècle, le Roi cherche à contrôler l'estran, mais le littoral est encore densément exploité par l'aristocratie seigneuriale et religieuse.
    Plusieurs sites de grande emprise, fonctionnant depuis le VIe siècle jusqu'au XVIe siècle, apportent une première documentation technique inédite en France. Elle permet d'établir les premières hypothèses quant à l'évolution morphologique de ces pêcheries médiévales en s'appuyant sur les nombreuses références disponibles pour les îles Britanniques et l'Irlande.
    La documentation historique apporte dans ce cadre un précieux complément. Les archives de la pêcherie Grignard, à Donville-les-Bains, témoignent d'une riche histoire socio-économique et juridique. Les sources médiévales montrent l'existence d'autres types de pêcheries plus spécialisées ou précisent l'approvisionnement en poissons à l'arrière de la bande côtière.
    Ces études apportent un nouveau regard sur l'estran, paysage aménagé et constituant le prolongement des espaces ruraux de la bande côtière.

  • La mer et le désert, l'île et l'oasis, des objets qui entrent a priori assez rarement en relation mutuelle. Pourtant, depuis Hérodote, qui décrit les oasis du désert Libyque comme des « îles des Bienheureux », une connivence a souvent été entrevue entre ces deux entités, et le parallèle s'est prolongé jusqu'aux époques contemporaines. Ce volume rassemble les contributions de spécialistes de toutes les périodes historiques et de disciplines diverses, autour d'un rapprochement à la fois stimulant et porteur d'interrogations.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • Les Mikhalkov-Kontchalovski constituent sans doute la plus célèbre dynastie dans la culture soviétique, puis russe, des dernières décennies. Le père, Sergueï Mikhalkov (1913-2009), ex-président de l'Union des écrivains de la Russie soviétique, a écrit des pièces et des poésies que tous les enfants ont lues et apprises en URSS. Il est aussi l'auteur des paroles des trois hymnes nationaux : le stalinien de 1943, le brejnévien de 1977 et le poutinien de 2000. Les fils, Andreï Kontchalovski (1937-) et Nikita Mikhalkov (1945-), actuel président de l'Union du cinéma russe, ont tourné des films qui ont impressionné les cinéphiles, y compris en Occident. Le plus jeune s'est engagé aux côtés de Boris Eltsine et, surtout, de Vladimir Poutine, alors que l'aîné, parti à Hollywood à la fin des années 1970, se partage entre la Russie, l'Europe occidentale et les États-Unis. Leur mère aussi écrivait, tandis que leur grand-père et leur arrière-grand-père étaient des peintres reconnus.

    Explorer les parcours des Mikhalkov-Kontchalovski implique donc d'étudier l'histoire culturelle et intellectuelle, mais aussi sociale et politique, de la Russie de 1917 à 2017, et d'approfondir les logiques des artistes qui ont servi le pouvoir en Russie et s'en sont servis.

  • La vie d'Alceste De Ambris est marquée par l'exil. Émigré au Brésil, où il fait son apprentissage de révolutionnaire, il doit fuir le pays trois ans plus tard. En 1908, à la tête de la Chambre du travail de Parme, il organise pendant deux mois la plus grande grève du monde paysan en Italie (20 000 salariés agricoles). Ce qui le contraint à un second exil en Suisse. Malgré son antiparlementarisme, il est élu député de Parme en 1913, l'immunité parlementaire lui permettant de revenir en Italie.

    Lors de la guerre de 1914, leader de l'interventionnisme, il est partisan de l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés des démocraties. Ses bonnes relations avec les socialistes français, membres du gouvernement tels Jules Guesde, Albert Thomas ou Marcel Cachin, en font l'interlocuteur privilégié de l'exécutif français qui souhaite que l'Italie entre en guerre aux côtés de la France.

    La guerre terminée, il devient chef de cabinet aux côtés de D'Annunzio, qui s'est emparé de Fiume, ville que Wilson veut attribuer à la Yougoslavie naissante malgré sa population italianophone. Pendant dix-huit mois, il va profiter de ce "laboratoire" pour créer une constitution, "la Carta del Carnaro" qui a comme spécificité de donner le pouvoir au mouvement ouvrier.

    Adversaire déclaré du fascisme - il est le seul syndicaliste révolutionnaire "à le combattre" - il s'exile pour la troisième fois en France au début de 1923. Il fonde alors la Concentration antifasciste à Nérac (Lot-et-Garonne).

    Syndicaliste révolutionnaire, libertaire, antiparlementaire, député, franc-maçon, antifasciste, tribun, De Ambris est un personnage attachant et original qui a marqué l'histoire de l'Italie.

    Son action et son parcours permettent de mieux comprendre les années qui ont facilité la montée du fascisme en Italie. Les archives de la famille jusqu'alors inutilisées ont apporté un éclairage nouveau sur certains points d'histoire.

  • Comment les couples, au sens conjugal, vivent-ils leur engagement politique ou celui de l'un des deux époux ? Alors que traditionnellement, à l'époque moderne, les femmes semblent exclues des fonctions politiques en France, elles sont pourtant nombreuses à les exercer par l'entremise de leurs conjoints, ou à l'occasion de régences.

    On peut en voir de nombreux exemples à l'occasion de situations particulièrement propices comme les guerres de Religion, la Fronde ou les événements révolutionnaires. Toutefois, les moments de crise ne sont pas les seuls à faciliter l'engagement des femmes, et ces dernières peuvent aussi apparaître comme des conseillères de l'ombre. La figure du couple agissant de concert en politique se perpétue à l'époque contemporaine, avec toutefois un changement de statut pour les femmes, celles-ci faisant ouvertement leur entrée dans la vie politique.

    Les interactions sont multiples : soutien, aide, conseil au conjoint, collaboration, autonomie et/ou indépendance de chacun des membres du couple.

    L'accession croissante des femmes à des fonctions électives et la nouvelle visibilité des couples de même sexe modifient-elles ces interactions ou leur visibilité dans l'espace public ?

    Tous les cas de figure montrent que l'on ne saurait séparer vie privée et vie publique et qu'il importe de saisir les interactions entre ces deux sphères.

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