• L'histoire mythique du peuple juif commence par le rire, celui d'Abraham et de Sarah apprenant que, presque centenaires, ils auront un fils. Et ce n'est pas tout : Dieu ordonne aux futurs parents d'appeler ce fils Isaac, Yitzhak, « qui rira » ! Ce rire juif, qui va du Talmud à Tristan Bernard, à Sholem Aleichem, à Pierre Dac, à Woody Allen, à Romain Gary, à Georges Perec, à Philip Roth, à Rabbi Jacob ou à La Vérité si je mens, en passant par Bergson, Freud et Groucho Marx, est un rire ouvert, tonitruant, irrespectueux de tout, qui défie le destin. En Galicie, à Tunis, à New York, partout. Même à Auschwitz. Dans une baraque, quelques juifs prient. Un d'eux, oubliant où il se trouve, lève la voix. Les autres le rappellent à l'ordre. «Tais-toi donc ! Dieu pourrait t'entendre et se rendre compte qu'il "en" reste encore ! ».
    Il ne s'agit pas ici d'un nouveau recueil de blagues, de witz juifs. Dans ce dictionnaire aigre-doux (comme l'aliment préféré de l'auteur, les cornichons), Adam Biro, en consacrant des articles à la « Bible », au « Chemin », aux « Femmes », à la « Modestie » ou à la « Vérité », réfléchit au principe même de l'humour juif, partie intégrante du judaïsme. À ses origines, à sa raison d'être, à sa structure et à son rôle - tout en racontant des witz dont les héros immortels sont Moïshe le tailleur, le docteur Lévy, le petit Maurice, madame Taïeb ou le mythique Ch'ra d'Afrique du Nord. Et le livre se termine sur une question comme celle qu'attend le rabbin qui parcourt son shtetl en criant : « J'ai une réponse, posez-moi une question ! ».
    Mais quelle est donc La réponse ?

  • Les ancêtres d'Ulysse

    Adam Biro

    « Quand j'ai écrit ce livre, Ulysse, mon petit-fils à qui je m'adresse avait 2 ans. Aujourd'hui il en a 17. Si le monde a changé, le passé, celui de ma famille et celui de l'Europe Centrale, reste identique : douloureux, tragique. C'est ce passé là que je voulais raconter dans ce livre, roman vrai oscillant entre dérision et émotion, désespoir optimiste et joie de vivre pleine de larmes, entre Est et Ouest, entre un monde disparu et un présent incertain. Mais Ulysse - et le lecteur - pourront deviner à travers les portraits des membres de ma famille qui ont vécu et souffert dans une Europe bouleversée puis détruite par deux guerres et écrasée par des dictatures, une enfance émerveillée... la mienne. »

  • Le peintre et homme d'affaires Andor Berki remémore dans ce recueil de nouvelles avec sa modestie proverbiale les célébrités qu'il a rencontrées et qui l'ont marqué, façonné : Rembrandt, Vermeer, Monet, Atatürk, Charlot, Doris Day, le Membre ou Dieu.
    Au passage, il raconte comment il a amassé son immense fortune et l'usage qu'il en a fait.
    Et la fin du volume reprend l'étude sémio-linguistique du début : comment se rendre à Tours, à Romorantin ou dans le Vercors en dépit de l'obstruction de l'invisible préposée numérique assise dans le répondeur de la SNCF qui ne comprend pas les r tels qu'on les roule en Hongrie.

    "Une grande pièce, deux toiles. Sur le mur de droite, un autoportrait de Rembrandt. L'un des plus beaux. Rembrandt vieux. Il ne se faisait pas de cadeau. Bien au contraire. Regardez comme je suis vieux et laid. Mes yeux, tristes, pétillent d'intelligence. J'ai compris toute la misère du monde. D'ailleurs, j'y ai participé largement. Les femmes, l'argent, la renommée, la gloire. Notre place dans ce monde. J'ai compris tout cela, et malgré cette compréhension, je n'ai pas été à la hauteur, je n'ai pas été différent de vous. Que d'erreurs. Je n'ai pas pu, ou pas voulu, résister. Aux femmes, à l'argent. À l'attrait de la renommée. À la grossièreté de la réussite, à sa vulgarité. Même moi. [.] - Assieds-toi, m'a dit Rembrandt.
    J'ai demandé la permission de prendre un fauteuil. En face de la peinture. En face du peintre. M. de Lesenseigne a discrètement quitté la pièce. J'ai ramassé mon courage au creux de mon estomac.
    - Vos Trois arbres. Maître. Tout y est. Moi aussi, j'aimerais, comme vous. L'art, votre technique, le travail des mains, des yeux et aussi du coeur, le savoir-faire, taille et contre-taille, le talent, et aussi le sujet, la vie des gens, le pêcheur, l'arrière-pays, et l'amour, les amants cachés dans le feuillage, le ciel au-dessus. Et l'Au-delà. [.] Vous êtes le philosophe assis dans le noir sous l'escalier en colimaçon et vous êtes aussi le tout petit peintre devant l'énorme chevalet. Je ne sais pas comment vous dire. J'aimerais, oh j'aimerais tellement, moi aussi. Moi aussi, je suis un petit peintre devant l'immensité de l'art. Que dois-je faire ? ai-je demandé.
    - Ce que tu veux. Cela n'a pas d'importance. Seul le geste compte. Et le désir.
    Nous nous regardâmes longtemps, moi et Rembrandt van Rijn. Je luttais contre les larmes.
    Il me dit :
    - Andor, la réalité est décevante. Et la vie n'a aucun sens. Peins."

  • L'argent, la religion, la famille, l'ambition, la richesse, la pauvreté, l'amour, les traditions, l'Histoire... Vingt-neuf nouvelles aussi drôles que cruelles racontées par Adam Biro, devenu au fil de la plume un " marchand de lunettes " facétieux qui contemple avec tendresse celui qui est la cible de tant de plaisanteries savoureuses : le Juif. Rien n'est épargné au lecteur. Tout, ici, est une question d'interprétation... juive !

  • Le temps d'un voyage, sur les traces d'un passé balayé par l'histoire, Adam Biro et sa femme Karin tiennent un journal à deux voix. Ils nous content une plongée dans l'histoire de Königsberg devenue l'enclave russe de Kaliningrad. Lui écrit en français, elle en allemand, sa langue maternelle, dont le texte est traduit. Les deux textes sont imprimés tête-bêche en un seul volume.

    "Nous sommes au bord de la Gilge, de la Matrosovska. Un jardin devait dans le temps entourer l'église. À présent, la mauvaise herbe recouvre tout. Un paysan russe se précipite et nous explique, menaçant (pourquoi ?), qu'il a tout nettoyé ici avec ses mains nues - il nous les montre ; on devine quelques noms allemands sur des tombes à moitié enfouies sous la terre et cachées par la ronce. Des dates sont lisibles, XIXe siècle. Que fais-je ici, dans ce cimetière, moi, Juif hongrois, minuscule survivant miraculé de la grande tuerie que les fils et petits-fils de ces luthériens allemands ont organisée ? Dans ce cimetière où tout m'est étranger et tout m'est hostile ? Est-ce vrai ? Je suis le mari, l'amant, l'amoureux de cette Prussienne dont les ancêtres sont couchés ici. Et cela me suffit, parce que c'est cela, l'essentiel." (Extrait du texte d'Adam Biro) "Tilsit / Sovietsk, 2005, archives de l'ancien lycée allemand. Derrière la porte, des piles de livres, des albums remplis de lettres, d'articles sur les jubilés, de rencontres entre anciens, de fêtes de classe, de photos des bacheliers de 1922-1924. Beaucoup de bibelots, d'objets de la vie quotidienne, simples témoins muets. Je feuillette, le coeur serré, la liste des noms et l'album des bacheliers des années 1922 à 1924. Dix à douze candidats, guère plus. Photos individuelles et photos de groupe, chacun portant la casquette typique du lycée, je les regarde une par une, lentement, mes yeux s'attardent, mes doigts suivent, caressent les contours... (Mon père aussi, je m'en souviens, portait cette casquette sur un cliché que nous avions à la maison, fixant l'objectif, si sérieux, si fier aussi.) Mon père ne se trouve pas parmi les lauréats photographiés. Il manque. Il me manque." (Extrait du texte de Karin Biro-Thierbach)


  • suffit-il de manger des têtes de poisson pour devenir intelligent ? comment faire fortune quand on est idiot ? dieu est-il mauvais physionomiste ? peut-on donner sa fille à marier à quelqu'un qui n'a pas de montre ? deux juifs voyagent dans un train.
    beaucoup de vieilles histoires juives d'europe de l'est commencent ainsi. si chacune est singulière, toutes ont pourtant des points communs : celui de refléter une époque révolue dans laquelle tout le monde peut se reconnaître, encore et toujours, et celui de mettre l'homme à nu face à ses défauts, à ses vices, à ses qualités, à son destin. à sa condition de mortel. deux juifs voyagent dans un train.
    voilà bien une situation banale qu'on évoquait autrefois sur le mode mineur. jusqu'à ce que la seconde guerre mondiale établisse un rapport sinistre entre " train " et " juif ". nouvelles aux chutes hilarantes et détonantes, deux juifs voyagent dans un train mêle habilement le grotesque et la légèreté au désespoir et à la moquerie féroce, tout en se frottant non seulement aux grandes questions du judaïsme, mais aussi à celles de l'humanité.
    jubilatoire.

  • De Moscou à Belfast, en passant par Paris, Varsovie et Kiev, une étrange affaire se noue autour d'une oeuvre inconnue du grand peintre Malevitch. Celui-ci était-il russe, ukrainien, polonais ? Comment cette oeuvre, suprématiste et datée de 1933, a-t-elle pu échapper à tous les musées du monde pour se retrouver chez un avocat véreux ? Cinq cadavres noirs plus tard, la réponse nous sera enfin donnée sur fond rouge.

  • Le même rêve revient, obsédant, le même paysage désolé, le même personnage angoissant, jusqu'au jour où l'homme décide de prendre sa voiture et de partir en vacances avec sa femme, direction l'Italie...

  • Budapest, New York, Genève... Au fil des textes, d'un lieu, d'une date àl'autre, apparaît un personnage inlassable, à la fois optimiste et désabusé, tantôt acteur, tantôt témoin d'un quotidien émouvant, tragique, dérisoire.

    "Tous les ministres de l'intérieur devraient, obligatoirement et de par la loi, faire un stage de réfugié (politique, économique, ethnique, religieux, peu importe) sans argent et sans papiers, mais surtout sans papiers, ou alors avec des papiers maladroitement falsifiés, dans un pays étranger avant de prendre possession de leur portefeuille, de leur fauteuil, de leur chaise roulante, de leur chaise à bascule, de leur chaise à porteurs, de leur chaise percée, de leur chaise électrique, de leur Père-Lachaise, de leurs sbires, de leurs prérogatives, prébendes, avantages en nature et contre nature, du pouvoir ! oh, du pouvoir ! Ce stage coercitif et parfaitement antidémocratique pourrait aussi être imposé aux policiers, en tenue, en civil et entre les deux."

  • « Ce livre a trois origines, toutes trois littéraires. D'abord, j'ai été très impressionné par les « romans miniatures » de l'extraordinaire écrivain japonais Kawabata Yasunari. Chacune de ses histoires contient un roman en puissance. L'autre influence que j'ai subie est le petit livre délicieux de J.-B. Pontalis, Elles. Et le troisième auteur qui m'a profondément ému est Krúdy Gyula. J'aimerais parler de femmes, de sentiments, de souvenirs aussi délicatement qu'a su faire, dans ses textes sur les voyages de Sindbad, ce très grand Hongrois, maître ès nostalgie. » Projet merveilleusement abouti ! J'ai toujours su parler aux femmes est un autoportrait : en creux ? non ! plutôt en volutes, en courbes, en tendresse, en malice et en esprit d'un homme qui su exister pleinement dans le regard des femmes, les portraits de femmes et l'amour des femmes.

  • Cathelin tapisseries ; atelier 3

    Adam Biro

    • Thalia
    • 23 Novembre 2006

    Le présent ouvrage rassemble toutes les tapisseries créées par l'Atelier 3, de 1973 à 2006, réalisées à partir des oeuvres peintes de Bernard Cathelin. Il présente également le catalogue raisonné des tapisseries de Bernard Cathelin avec l'Atelier 3, ainsi que la reproduction de chaque modèle tissé.
    Bernard Cathelin est né dans la Drôme, région à laquelle il est toujours resté très attaché, et qu'il a célébrée dans le monde entier. Il a étudié jusqu'en 1948 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, dans l'atelier de Maurice Brianchon. Il devient ensuite professeur à l'Atelier Préparatoire de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et se fait rapidement connaître par de nombreuses expositions en France, en Suisse, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne et en Chine.
    La rencontre de Cathelin, qui fut souvent associé aux peintres de l'Ecole de Paris, avec Matisse fut essentielle dans sa carrière.
    En 1973, les lissiers Frédérique Bachellerie et Peter Schönwald, fondateurs de l'Atelier 3 - seul atelier au demeurant à perdurer sur Paris-, rencontrent l'oeuvre de Bernard Cathelin ; c'est une nouvelle étape de la carrière de l'artiste qui débute alors. Cette grande complicité et ce riche dialogue artistiques, bâtis sur ce qu'Adam Biro nomme la " réinterprétation créative ", durera quelque trente années, jusqu'au décès de l'artiste en 2004, et donnera naissance à plus de 60 modèles différents de tapisseries (chaque modèle ne pouvant donner lieu qu'à six exemplaires, auxquels s'ajoutent deux épreuves d'artistes).
    Les tapisseries créées par l'Atelier 3 n'utilisent pas la technique de l'école d'Aubusson, où l'artiste intervient dans le processus par le dessin du carton qui servira à la fabrication de la tapisserie. Leur travail entièrement manuel est réalisé face à l'oeuvre originale, sur des métiers à tisser de basse-lisse, et en utilisant les matières les plus diverses : laine, mohair, papier, plumes, fil de fer, etc. ils réalisent eux-mêmes le calque servant de repère à la progression de leur travail. Les matériaux utilisés par l'Atelier 3 confèrent une dimension supplémentaire à l'ordonnancement rigoureux des oeuvres, leur apportant une sensualité palpable.

  • Cette histoire de l'art originale, remplie d'anecdotes, peut se lire à la maison, à l'école comme au musée. Racontez l'art ! invite jeunes parents, grands-parents et enseignants à entrer dans la grande histoire de l'art par le petit bout de la lorgnette. Anecdotes et analyses sont centrées autour d'un artiste, d'un mouvement ou d'un événement, classés chronologiquement et géographiquement, exactement comme au musée.
    Une frise chronologique permet de situer le contexte historique des oeuvres et une liste des oeuvres, classées par musée, permet d'organiser sa visite.
    Racontez l'art ! est l'ouvrage essentiel qu'il faut avoir en main pour transmettre aux plus jeunes le savoir, mais aussi le plaisir que procure la découverte des oeuvres.

    Ce premier volume est consacré à l'art de la Renaissance à l'Art nouveau.

  • Kb1

    ,

    • Biro
    • 17 Mars 2007


    une plongée dans l'abstraction, au travers d'une série de polaroïds dont dix-sept sont présentés dans cet ouvrage.
    stéphane cohen revendique l'influence du peintre robert ryman dans ces images, réalisées en 1999 dans un hôpital psychiatrique.

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