Pierre Baumann

  • Ce texte revient sur la proximité voilée de deux oeuvres et la longue amitié de leurs auteurs, Constantin Brancusi et Marcel Duchamp. Pour en tirer l'épreuve, il regroupe deux écrits quasi autonomes, que le lecteur pourra disposer en vis-à-vis ou superposer dans l'ordre qu'il choisira. L'un s'appuie sur une chronologie précise de la forme des Colonnes sans fin de Constantin Brancusi et l'autre est une tentative de redéfinition des inframinces, à l'appui des références nombreuses que Marcel Duchamp fit aux mathématiciens et aux physiciens. Ce texte est un essai, parce qu'il s'agit d'une mise en condition de la répétition à l'épreuve de l'expérience, convaincu de l'impossible épuisement du sujet, dont « le dessein, comme l'écrivait Valéry, est de préciser quelques idées », un essai dont on espère toujours quelques transformations. Ce texte est aussi un traité parce que son ambition est bien d'exposer ces extensions de la répétition de manière didactique et systématique, autant que faire se peut, sans compromission pour la précision, mais toujours conscient des renversements possibles du genre vers le facétieux, et disposé à renouer avec l'expression littéraire à la lisière du scientifique et de l'artistique de nos traités anciens de géométrie ou d'« Underweysung der messung » (« manière de mesurer »).

  • En faisant appel à des artistes, des philosophes, des archéologues, des psychanalystes et des penseurs de tous horizons, on découvre combien l'usure joue double, combien elle se loge au coeur de nos sociétés contemporaines, combien elle marque parfois avec effroi, sans qu'on ne s'en rende compte, nos faits, nos gestes, nos regards et nos attentions. Pensé de manière à la fois scientifique et artistique, ce projet est porté par deux volumes.
    Un volume de textes rassemble des contributions ouvertes de penseurs et un volume d'images retrace des créations pour la plupart inédites d'artistes internationaux, comme si incontestablement cette traversée de l'usure ne peut être appréhendée que par salves successives qui dessinent une parabole rythmée par des dits, des écrits, des faits et des gestes.

  • Sur chaque double page, un véhicule à conduire comme un grand : le camion des pompiers, le train, le bateau, la voiture et l'avion !
    Boutons, cadrans, leviers, volants et manettes : tout pour conduire comme un grand !

  • Ce nouveau volume paraît en hommage à Hélène Saule- Sorbé, artiste et enseignante chercheuse en arts plastiques à l'université Bordeaux Montaigne. Elle fut à l'origine de cette collection.
    Cet ouvrage rassemble articles, poèmes, dessins, photographies d'auteurs, d'artistes et d'ami.e.s qui l'ont côtoyée et font écho aux thématiques qu'Hélène Saule-Sorbé affectionne : la montagne, et en particulier les Pyrénées, le paysage, les fleurs, les arts en général. Enrichi par une large sélection d'aquarelles d'Hélène Saule-Sorbé, l'ouvrage permet ainsi de mettre en lumière une recherche exigeante, érudite et sensible qui s'est bâtie entre pratique et théorie.

  • La recherche en arts, en prise avec son institutionnalisation au sein des universités et des écoles d'art, à l'échelle nationale et européenne en particulier, se confronte bien souvent aux mêmes critères que ceux de toute recherche expérimentale :
    De nouveauté, de créativité, d'incertitude, de systématisation et de transférabilité. Au delà de l'indiscipline nécessaire à toute discipline, peut-on nommer et discuter des réalités pragmatiques qui se trament derrière l'évidence de ces critères ?
    Pour y répondre, ce livre fait d'abord le pari de ne pas assimiler les deux fonctions sociales que sont celle de l'artiste et celle du chercheur en arts pour tenter de voir ce qui diffère dans le faire et l'expérience de terrain dès lors qu'on pense, selon les cas, « comme un chercheur en arts » ou « comme un artiste ». Ce livre mise ensuite sur l'idée que la compréhension de ces réalités passe par l'observation de ce qui se fait collectivement au sein même de nos institutions et en dehors, et ce parfois depuis plus de trente ans. Huit équipes de recherche exposent par le menu leurs objets, leurs méthodes, leur organisation, leur milieu et le pouvoir de démonstration de la pensée artistique, esthétique et politique qu'elles déploient collectivement et durablement, par le verbe, les faits et les gestes.
    Ce livre est le deuxième volume dédié à une approche écologique de l'art (écopoïétique) développée dans le cadre du projet Moby-Dick, conduit par le Laboratoire des Objets Libres à l'Université Bordeaux Montaigne.

  • 3 janvier 1841, port de Fairhaven, le jeune Herman Melville prend le large sur le navire baleinier l'Acushnet pour une épopée qui durera plus de deux ans. Écrire un livre, c'est partir à nouveau. Moby-Dick, publié en 1851, est le septième départ de Melville. Si tenter de travailler sur ce monument relève du suicide en matière de « stratégie » de recherche, aucun n'a employé ce livre comme un manuel de travail et un outil qui permettrait 1°, d'expérimenter le monde de Melville, 2°, d'interroger le présent et 3°, d'élaborer une écologie des objets artistiques basée sur l'observation et l'écoute.
    Conçu comme un ensemble de démonstrations visuelles, ce livre constitue le troisième ouvrage consacré à l'exploration des horizons marins, littéraires et artistiques de Moby-Dick, après Dire Moby-Dick et Réalités de la recherche (collective) en arts. Le premier proposait une cartographie du roman, le deuxième un ensemble de modèles. Le troisième relate les presque deux années passées sur le terrain, à la recherche de signes melvilliens évidents ou inatteignables.

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