Sindbad

  • Porté par l'auteur dès l'âge de quinze ans, écrit et détruit trois fois en arabe, transformé à travers cinq versions anglaises avant de paraître sous sa forme définitive en 1923, le prophète connut un succès instantané et fut traduit dans des dizaines de langues.
    Imitant la simplicité du verset biblique, gibran y popularise un syncrétisme nourri de christianisme, de soufisme et de bouddhisme. inspiré par le zarathoustra de nietzsche, son personnage, al-mustafa, s'adresse à la foule avec des images fugaces, empruntées à la nature. ne cherchant pas à convaincre, il atteint l'universalité en proposant une méditation philosophique sans pesanteur logique. solitaire, taciturne, il prône la connaissance de soi pour se dissoudre dans l'ultime totalité.
    Dans une atmosphère éthérée qui évoque l'imagination visionnaire de blake, il prêche titre morale panthéiste soumise à la loi de l'éternel retour.

  • "un livre de passion dont la science a cette qualité si rare de ne jamais peser, la saveur des textes cette vérité qui n'appartient qu'aux trahisons ferventes.
    " claude-michel cluny, le quotidien de paris. "abû nuwâs, poète de la transgression. " tahar ben jelloun, le monde. "comment aussi ne pas évoquer le shakespeare des sonnets ou cavafy l'alexandrin ?" yves thoraval, les nouvelles littéraires.

  • " jamais nos exils ne furent vains, jamais en vain nous n'y fûmes envoyés.
    Leurs morts s'éteindront sans contrition. aux vivants de pleurer l'accalmie du vent, d'apprendre à ouvrir les fenêtres, de voir ce que le passé fait de leur présent et de pleurer doucement et doucement que l'adversaire n'entende ce qu'il y a en eux de poterie brisée. martyrs vous aviez raison. la maison est plus belle que le chemin de la maison. en dépit de la trahison des fleurs. mais les fenêtres ne s'ouvrent point sur le ciel du coeur et l'exil est l'exil.
    Ici et là-bas. jamais en vain nous ne fûmes exilés et nos exils ne sont passés en vain. et la terre se transmet comme la langue " (extrait).

  • Iman Mersal est l'une des plus belles voix poétiques de l'Égypte d'aujourd'hui. Cette anthologie retrace son itinéraire à travers quatre recueils. Les deux premiers restituent, non sans autodérision, ses années d'apprentissage au sein de la bohème littéraire du Caire. Dans les deux derniers, composés au Canada où elle réside depuis 1998, elle revient, avec ironie, sur son exil volontaire.

  • Il s'agit ici de la traduction de trois poèmes préislamiques, trois questions qui nous mènent de l'histoire même de la poésie arabe préislamique à son interprétation, anthropologique ou mythologique. Le cédrat, c'est le fruit à l'odeur pénétrante, métaphore de la femme en son palanquin, qu'Alqama b. 'Abada évoque dans son poème en mîm ; la jument, c'est la monture de l'aïeul que Khidash ibn Zuhayr invoque dans sa Mujamhara comme le symbole de la foi jurée ; la goule, c'est le cryptide associé à Ta'abbata Sharran, qui, dans un poème en lâm, raconte l'avoir rencontrée et tuée.

  • Par la richesse exceptionnelle de son vocabulaire, ses fougueuses sonorités et la luxuriance de ses images, empruntées aux rudes paysages de son village natal, à sa flore et sa faune, l'écrivain kurde syrien, Salim Barakat, construit une oeuvre poétique qui ne compte pas moins de vingt titres, et qui rivalise en originalité avec son imposante oeuvre romanesque.

  • Né en 915 à Kûfa, en Irak, Mutanabbî est généralement considéré comme le plus grand poète arabe de tous les temps. Il entreprit très jeune une carrière de panégyriste professionnel qui le conduisit en Syrie. Il devait alors avoir dix-huit ans à peine, mais était déjà en pleine possession de ses moyens et nourrissait de grandioses desseins.
    Il fut aussitôt jeté en prison à Hims, parce qu'il aurait, selon certaines sources, fomenté une révolte dans le désert et même, diront ses ennemis, prétendu être un nouveau prophète. Relâché, il sillonna la Syrie pendant quinze ans, de Tibériade à Tripoli et de Ramleh à Antioche, s'attachant à plusieurs potentats locaux, en général sans conviction.
    En 948, il trouva enfin à Alep un patron à sa mesure en la personne du prince hamdânite Sayf al-Dawla, maître de la Syrie du Nord, qui défendait, seul contre Byzance, les frontières de l'islam. Il l'accompagna dans ses campagnes et lui dédia des poèmes somptueux, qui comptent parmi les plus beaux de la langue arabe.
    Déçu cependant par les intrigues de la cour, il s'en sépara en 957 pour se rendre en Égypte auprès de l'ikhshîdite Kâfûr, peu fait pour combler ses ambitions et sa quête d'absolu. Il le quitta donc quatre ans plus tard, non sans lui avoir adressé une très méchante satire. De nouveau en Irak, où son attitude hautaine lui valut des ennemis supplémentaires, il poussa jusqu'à Chiraz, à l'invitation du prince Buyide 'Adud al-Dawla.
    Il mourut en 965, sur le chemin du retour, près de Bagdad, assassiné par des bédouins.

  • Comme d'autres peuples du monde, et peut-être plus que les autres, les Arabes n'ont cessé jusqu'à nos jours d'émailler leurs propos quotidiens de sentences, de maximes et de proverbes. Dès l'époque antéislamique et les premiers balbutiements de leur littérature, des poètes, des orateurs et des personnages connus pour leur pondération et la profondeur de leur pensée ont contribué à forger une longue chaîne faite de traits sapientiaux ou "hikam". En un minimum de mots, ces propos se répandirent parmi les tribus de la péninsule arabique et de ses confins syriens mésopotamiens.
    Cette propension à la concision dans l'expression ressortit au génie même de la langue arabe qui affectionne particulièrement la litote, le fait d'"exprimer le plus en disant le moins". D'où le recours à ces formules lapidaires qui constituent un trait caractéristique de la poésie arabe à travers tous ses thèmes, du panégyrique à la satire, en passant par la jactance, l'élégie et l'amour. C'est aussi l'une des principales préoccupations de la littérature en prose, AlAdab, dont l'objectif, depuis Jâhiz (m. 867) jusqu'aux encyclopédistes de l'époque mamelouke (1260-1516), était à la fois d'instruire et de divertir.
    Les sentences et maximes choisies dans ce livre sont présentées par thèmes et par ordre alphabétique. Elles ont été sélectionnées à partir de plusieurs anthologies, notamment Nathr al-durr (Perles éparses) d'Abû Sa'îd ibn al-Hasan al-Âbi (Xe siècle) et Al-Dhakhâ'ir wa al- 'abqariyyât (Trésors et génies littéraires) de l'auteur égyptien contemporain 'Abd al-Rahmân al-Barqûqî. Des notices biographiques concernant les personnages cités figurent à la fin du volume, donnant des précisions sur leur contexte historique, social et culturel.

  • qu'il évoque son incarcération dans un camp militaire israélien, qu'il médite sur sa condition de poète dans un monde où bien des choses "ne se disent pas en deux langues" ou qu'il affronte le mystère de la mort, abbas beydoun s'affirme dans cette anthologie comme une figure majeure de la modernité poétique arabe.

  • Ce livre regroupe deux recueils de poésie, le premier porte un regard sur la Mésopotamie contemporaine et historique, réelle et rêvée, tandis que le second, tourné vers le présent, est dédié tantôt à la volupté de l'amour, tantôt aux rêveries convoquées par la contemplation de paysages.

  • Au XIe siècle, au sud d'Alep, un poète s'isole des hommes jusqu'à sa mort. Ma'arrî s'astreint jour après jour, durant près de cinquante ans, à des exercices spirituels qui ne regardent personne.
    Jeûner, méditer, moduler des vers font partie intégrante de son ascèse : pour cet esprit enfermé dans sa cécité, il s'agit de tirer l'existence au clair, dans l'éblouissement aveugle de la poésie. Les Impératifs exigent l'impossible, car vivre est absurde. Ma'arrî réclame que Dieu parle ; mais seul le vacarme insensé du monde lui répond. La déchéance de la création suscite un cri d'angoisse sans commune mesure avec la tradition poétique arabe. Cette parole âpre et diffi cile, traversée de sarcasmes, de lamentations, de pensées en apparence contradictoires, a-t-elle jamais été véritablement entendue ? Jamais l'islam n'avait essuyé une critique aussi cinglante ; et cette critique vient de l'un de ses plus grands esprits.
    On a tout écrit sur l'oeuvre ; certains l'ont accusée d'hérésie, d'autres l'ont interprétée de manière réductrice. Les Impératifs posent en effet une énigme redoutable, au point qu'ils font encore l'objet de censure dans quelques pays arabes. Cette traduction complétée d'annexes devrait permettre au lecteur de juger sur pièces.

  • Ce volume rassemble l'essentiel des chants d'al-Andalus. Les voix de quarante poètes, hommes ou femmes, princes ou gens du peuple, courtisans ou soufis, sont convoquées ; les différents genres poétiques sont déclinés à travers leur diversité régionale et leur évolution au cours des siècles.

  • De ce poète préislamique, seuls nous sont parvenus ces quatre poèmes dans lesquels, se sentant dépérir, celui-ci se confie à sa fille, lui livrant une poignante méditation sur la vieillesse et la mort.

  • Ce long poème, fidèle à la démarche novatrice d'Ounsi El Hage, longtemps considéré comme l'enfant terrible de la poésie arabe, est un poignant hymne à l'amour, suivi d'autres poèmes.

  • Récemment disparu, ce poète libanais de la solitude et du silence s'est distingué depuis ses débuts par une tonalité propre, née d'une exploration sans cesse renouvelée de son monde quotidien, avec un vocabulaire délibérément simple et dépouillé qu'il excelle à doter de nouvelles résonnances et d'une densité insoupçonnée. Ce faisant, Bassam Hajjar a construit l'une des oeuvres poétiques les plus profondes et les plus exigeantes de la littérature arabe contemporaine.

  • De la fin du VIIIe siècle à la moitié du Xe siècle, Bagdad concentre les forces littéraires arabes et les porte à maturité. Une longue tradition poétique s'y recueille, y trouve sa formulation théorique et son illustration, cependant que des tendances plus modernistes travaillent le modèle classique. S'il est un Siècle d'or des lettres arabes, c'est en ce lieu et en ce temps qu'il s'épanouit. Pour donner un aperçu significatif de ce corpus foisonnant, les auteurs ont puisé largement dans l'oeuvre d' Abû Nuwâs, Abû Tammâm , Ibn ar-Rûmî et Ibn al Mu`tazz, quatre voix immédiatement reconnaissables par une liberté de ton et une maîtrise de haute volée. D'autres poètes d'importance (Bashshâr, Muslim, Al-Buhturî, Al-`Abbâs ibn al Ahnaf) fournissent un intéressant contrepoint aux genres amoureux, bachique, descriptif ou laudatif, lorsqu'ils n'illustrent pas avec vigueur le genre sapiential (Abû l-`Atâhiya). Si ces poètes sont peu connus en France car peu traduits, que dire d'autres figures de moindre envergure, situées en marge de l'histoire littéraire officielle ? Certains d'entre eux sont méconnus du public arabe lui-même, et pourtant, leurs accents satiriques, leurs vers pleins de dérision et de violence tranchent sur la poésie reconnue. Ces pièces populaires, taillées pour l'amusement et la délectation d'un large public, étonnent au milieu des draperies du grand style ; elles ne sont pas les moins proches de nous.

  • " ceux qui voudraient s'imaginer le personnage pourraient sans doute retrouver, à la faveur d'un comparatisme schématique, le portrait d'un chevalier de la littérature occitane, elle-même fortement teintée de poésie arabe d'andalousie.
    Il n'était pas baron, comme guillaume ix, le premier troubadour de france. il appartenait au peuple, avait partagé ses passions et ses colères. quel poète n'a pas chanté l'amour ? mais belkheir saura manier le langage du coeur et celui de l'épée. il parlera de l'amour, comme s'il n'avait vécu que pour le vivre ; il chantera le combat, comme si la vie ne devait être qu'épopée. " boualem bessaih " belkheir, chantre du courage nomade et de l'éternel désir, nous propose, sous la dictée des formes pures, un message de demain et de toujours.
    " jacques berque " arabe est sa langue, raffinée sa poésie, exemplaire son combat " ben badis.

  • L'éloge du Prophète de l'islam, Muhammad, est un vieux thème de la poésie arabe qui a pris son essor du vivant même du Prophète pour atteindre son plus haut degré de perfection au XIIIe siècle, avec la fameuse Burda de l'Egyptien Bûsîrî (m.1295). Combinant les éléments traditionnels du panégyrique (qualités physiques et morales hors du commun de la personne louangée), l'effusion lyrique de la poésie amoureuse (prologue galant, évocation nostalgique de l'aimé et de son lointain pays), la ferveur religieuse (irruption du surnaturel, récit des miracles) et la quête mystique de l'Homme parfait, les poètes qui s'y sont illustrés ne comptent généralement pas parmi les ténors de la poésie arabe classique. Quelques-uns, cependant, parmi les contemporains les plus illustres, y ont apporté leur contribution, soit pour attester tout simplement de leur foi musulmane, soit pour affirmer l'actualité du Prophète et l'universalité de son message. L'anthologie traduite en français par Idrîs de Vos en vers rythmés et rimés comprend d'une part, presque intégralement, les poèmes les plus célèbres du genre, notamment Les Mille Vers de Nabhânî (1849-1932), et, d'autre part, un florilège permettant de suivre l'évolution du thème à travers les siècles jusqu'à nos jours.

  • Abbas beydoun s'est imposé comme l'une des principales figures de la nouvelle poésie arabe, celle qui s'écrit depuis un quart de siècle et qui trouve le plus souvent dans le poème en prose la forme majeure de son expression.

    Dans une trajectoire exemplaire, ponctuée d'oeuvres exigeantes, le poème de tyr constitue une stèle dressée à la gloire de la ville natale du poète. la mer et la montagne, les paysans attirés et rejetés par la ville, les marins, matelots et colporteurs, les éléments naturels et les foules humaines, tous participent à cette fresque qui se lit comme un chant païen mais aussi comme une vigoureuse incursion poétique dans l'histoire sociale.

  • La poésie arabe qui règne du vie au xiie siècle est bien plus qu'un genre littéraire : c'est le fleuron du génie arabe, c'est "la mine de la science des arabes, le livre de leur sagesse, les archives de leur histoire, le trésor de leurs grandes journées", selon les termes du savant ibn qutayba au ixe siècle.
    Mais ce trésor reste mal connu. quel amateur français pourrait citer les al-mutanabbî, ibn ar-rûmî, abû tammâm, ces géants de la poésie arabe, dont presque aucun vers n'a été traduit dans notre langue ? cette anthologie rend compte des différents genres et des principales phases de la poésie arabe classique. les sujets et les registres y varient de page en page. de l'arabie préislamique aux cours omeyades de damas, des califats abbassides de bagdad jusqu'aux royaumes andalous, ce recueil convie le lecteur à une promenade à travers cinq siècles et vingt-quatre poètes.
    Les traducteurs ont recouru à la versification classique française afin de restituer le mouvement poétique original, son souffle ample et réglé, ses ramifications musicales.

  • Doté d'une puissante charge poétique, ce pur chef-d'oeuvre de la tradition mystique musulmane et de la littérature arabe classique consiste en une parole elliptique, énigmatique, incisive, qui demeure rétive à tout déchiffrage symbolique, ainsi qu'à toute réduction rationnelle. Sa découverte dans les années 1960 a exercé une profonde influence sur la poésie arabe moderne. Toute la vie de Niffari, mystique errant, était une quête de l'Absolu, et tout dans son oeuvre est transcendance. Celle-ci impose sa propre forme expressive, qui se place par-delà la distinction entre prose et poésie, entre poésie et pensée, pour inaugurer ce que Sami-Ali, traducteur des Haltes, appelle une poésie de la pensée.

  • Né en 932 et mort, encore jeune, en 968, Abû Firâs était un prince de la famille hamdanite, dont l'un des membres, son cousin Sayf al-Dawla, régnait sur la Syrie du Nord et la haute Mésopotamie au xe siècle.
    Gouverneur de province et engagé en tant que tel dans les interminables guerres contre les Byzantins, il incarne dans l'histoire de la poésie arabe le personnage du preux chevalier doublé d'un poète élégiaque qu'on dirait parfois préromantique. Les Rûmiyyât (Byzantines) constituent la partie la plus justement célèbre de son oeuvre, composée durant sa captivité à Constantinople. Il y exprime avec une poignante simplicité sa nostalgie du pays natal, décrit ses lourdes chaînes de prisonnier, évoque douloureusement le souvenir de sa vieille mère et reproche à ses amis de ne pas chercher à le libérer.
    Comme à son habitude, André Miquel nous offre une magnifique traduction, rythmée et rimée, de ces poèmes qui comptent parmi les plus beaux de la langue arabe et dont certains, mis en musique, ont acquis une grande notoriété populaire.

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