Sindbad

  • Les Accords d'Oslo signés en 1993 par Arafat et Rabin constituent un tournant décisif dans l'histoire du mouvement national palestinien. L'auteur retrace les évolutions sur le terrain depuis cette date en insistant sur les grands débats qui agitent la scène politique en ce qui concerne les frontières entre Israël et la Palestine et les différentes stratégies de résistance proposées par les forces en présence.

  • Ce recueil d'articles jamais réunis en un seul volume propose une analyse en profondeur de la crise syrienne dans ses dimensions locale, régionale et internationale par l'intellectuel syrien le plus en vue de nos jours. Ancien prisonnier politique (1980-1996), Yassin Al-Haj Saleh est actuellement réfugié politique en Turquie, où il dirige un centre de recherches.

  • Cet ouvrage consiste en dix chapitres portant sur les facteurs qui ont déterminé jusqu'à présent la politique des États-Unis, de la Russie, de la Grande-Bretagne et de la France, ainsi que des deux puissances régionales, la Turquie et l'Iran, à l'égard du conflit israélo-arabe.

  • Ce livre regroupe une quinzaine d'articles de fond et de chroniques publiés dans la Revue d'études palestiniennes par Ilan Halévi (1942-2013), militant de gauche au parcours atypique qui se définissait «comme 100% juif et 100% palestinien», mais qui était d'abord citoyen du monde.

  • Trois ans après Le peuple veut, exploration radicale du soulèvement arabe, Gilbert Achcar analyse dans ce nouvel opus le blocage du processus révolutionnaire déclenché en décembre 2011 en Tunisie et la reprise en main, sous des formes différentes, par les pouvoirs en place.

  • Un livre pour mieux comprendre le phénomène du printemps arabe et ses conséquences actuelles, notamment l'expansion inquiétante de Daesh. Structures rentières, inégalités criantes, insécurité alimentaire, corruption généralisée : Bachir El-Khoury explore dans cet essai, chiffres à l'appui, les racines du mal qui ravage les sociétés arabes, réfutant au passage les interprétations culturalistes en vogue aussi bien en Occident qu'au sein même de ces sociétés.

  • Le conflit israélo-arabe ne se réduit pas aux guerres menées sur les champs de bataille du Moyen-Orient. Il comprend aussi une autre dimension, une guerre à coup de récits opposés et de négation des récits des autres, tournant autour des deux traumatismes à l'origine du confl it : la Shoah, la destruction des Juifs d'Europe, et la Nakba, le déracinement des Arabes de Palestine. S'appuyant sur une vaste documentation, Gilbert Achcar se livre à un examen approfondi des réactions arabes à l'antisémitisme et au nazisme, en soulignant leur grande diversité politique et idéologique. Avec un souci constant d'objectivité et de distance critique, il traite tant de l'époque de la montée du nazisme et de la Shoah que des périodes qui se sont succédé depuis la Nakba jusqu'à nos jours, brossant ainsi un tableau captivant de l'histoire arabe con temporaine. S'il dénonce vigoureusement les attitudes antisémites ou négationnistes qui se sont manifestées au sein du mouvement national arabe, notamment palestinien, l'auteur réfute aussi, documents à l'appui, les interprétations caricaturales d'une certaine propagande pro-israélienne qui cherche à faire croire que les Arabes ont soutenu en bloc le nazisme et qu'ils sont antisémites par vocation religieuse. Ce livre constitue une ardente plaidoirie pour une reconnaissance pleine et mutuelle de la Shoah et de la Nakba, condition indispensable, selon l'auteur, pour que s'établisse un dialogue sincère entre Arabes et Israéliens - en prélude à une paix véritable, plus urgente que jamais.

  • Loin des interprétations simplistes sur les soulèvements qui ont ébranlé le monde arabe depuis décembre 2010 (interprétations politistes, générationnelles, confessionnelles ou vulgairement policières), Gilbert Achcar insiste ici sur les modalités particulières du développement du capitalisme dans cette région du monde. Modalités dont les conséquences sociales dramatiques (pauvreté, inégalité, précarité) se sont aggravées davantage durant les trois ou quatre dernières décennies sous l'effet du despotisme politique ambiant, à la fois corrompu et corrupteur.
    Caractérisant ces soulèvements comme le point de départ d'un processus révolutionnaire, et non comme un aboutissement (un "printemps arabe", selon l'appellation séduisante mais trompeuse), l'auteur livre une analyse concrète des forces sociales en présence et dresse un bilan d'étape de leurs luttes, pays par pays, de la Tunisie à la Syrie en passant par l'Égypte, le Yémen, le Bahreïn et la Libye. Il éclaire ce faisant le rôle ambigu des mouvements se réclamant de l'islam, notamment les Frères musulmans, et de leurs soutiens à l'échelle régionale (l'Arabie saoudite et le Qatar, fidèles alliés des États-Unis).

  • Dans ce véritable journal de bord de la révolution tunisienne, combinant reportages, analyses et témoignages de la part de protagonistes de premier plan comme d'acteurs plus modestes, Pierre Puchot, grand reporter pour Mediapart, raconte la genèse d'une démocratie en construction.
    La révolution tunisienne n'est-elle qu'un mirage ? Que s'est-il vraiment passé le 14 janvier 2011 ? Quel est ce cabinet fantôme, que beaucoup, du blogueur devenu ministre Slim Amamou à l'ancien ministre de l'Intérieur Rajhi, ont agité tout au long du printemps ? Quel est le rôle de Rachid Ammar, général promu chef de l'armée en toute discrétion ? La permanence de la torture et de la répression est-elle une fatalité ? Qui sert-elle ? Comment le ministre du Tourisme a-t-il vidé les caisses à coups de campagnes et de projet inutiles, minant l'avenir en prétendant réparer le passé ? Par quel travail de terrain le parti islamiste Ennadha a-t-il construit son succès à l'élection constituante du 23 octobre ? Comment s'est structurée peu à peu une nouvelle classe politique, en dehors des partis d'opposition qui préexistaient sous le règne de Ben Ali ?
    Semaines après semaines, du départ de Ben Ali à son procès par contumace, du report des élections à la victoire d'Ennadha, c'est l'histoire d'une démocratie en construction qui se fait sous nos yeux. La première du monde arabe. Celle que cinq cents millions d'individus observent, et envient. C'est la genèse de cette démocratie que Pierre Puchot propose de raconter dans ce véritable journal de bord de la révolution alimenté de reportages, d'analyses et de témoignages de la part de protagonistes de premier plan comme d'acteurs plus modestes.

  • A contre-pied des débats de ces dernières années pétris d'idées reçues et d'arrière-pensées, une réflexion sous forme de conte philosophique sur les relations historiques entre le monde musulman et l'Occident.
    En 1955, la Fondation Cini invita à Venise une dizaine d'intellectuels de premier plan, arabes, turcs et iraniens, pour débattre avec de grands islamologues italiens, dont Giorgio Levi della Vida, Alessandro Bausani et Francesco Gabrieli, des relations entre l'Islam et la civilisation occidentale. Les rencontres étaient conçues sous la forme d'un procès, l'Islam ayant le rôle du ministère public, et l'Occident celui de la défense. Un compte-rendu de ces rencontres a été publié, où l'on s'aperçoit d'emblée que l'accusation ne portait pas sur les valeurs de la civilisation occidentale, mais sur la colonisation occidentale, coupable de les avoir trahies.
    Plus de cinquante ans après, Franco Rizzi imagine dans cet ouvrage une conversation entre des personnages de religion ou de culture musulmane, centrée sur l'image de l'Islam en Occident, sur les malentendus qui se sont accumulés de part et d'autre à travers les siècles, sur les responsabilités tant des Musulmans que des Occidentaux dans l'exacerbation de la tension actuelle. Or si l'on constate, au cours de la conversation, que les termes du débat et les arguments de fond échangés n'ont presque pas changé depuis 1955, on ne peut que mesurer à quel point la situation s'est détériorée, jusque dans la vie quotidienne, sous l'effet des événements récents : le 11 Septembre et le terrorisme islamiste, les différentes guerres en cours, le blocage du processus de paix israélo-arabe, mais aussi l'immigration de masse et les crispations communautaires. Toutes choses qui renvoient directement ou indirectement au passé colonial dont on refuse d'assumer la violence et de soigner les blessures.

  • La vague de contestation dans le monde arabe n'a pas épargné le petit royaume de Jordanie doté d'un régime autoritaire qui se donne comme une "monarchie constitutionnelle". Cette étude, fondée sur une enquête de terrain, analyse pour la première fois les forces politiques en présence, leurs ancrages, leurs motivations sociales et idéologiques, et les différentes formes de militantisme, anciennes et nouvelles.

  • Kawâkibî est l'une des grandes figures du réformisme musulman et un précurseur de l'arabisme. Ce livre fondateur, dont la traduction française est depuis longtemps attendue, est une puissante charge contre le despotisme et ses conséquences sur la religion, la science, l'économie, le progrès, la morale ou l'éducation, et précise les conditions nécessaires pour s'en débarrasser.

  • Eichmann au Caire

    Gilbert Achcar

    Adolf Eichmann était l'un des organisateurs des camps de concentration nazis. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a réussi à échapper aux Alliés et s'est installé en Argentine où il a vécu sous une fausse identité jusqu'en 1960, avant d'être kidnappé par des agents du Mossad israélien. Conduit secrètement en Israël, il a aussitôt été jugé, condamné à mort et exécuté, le 31 mai 1962. A l'époque, l'affaire Eichmann a eu un retentissement considérable et l'on sait que Hannah Arendt lui a consacré un ouvrage devenu rapidement un classique de la philosophie politique, Eichmann à Jérusalem ou la banalité du mal.
    Le premier article de ce livre traite de la réception de cet événement dans le monde arabe, et plus précisément en Egypte. Le choix de ce pays n'est évidemment pas anodin. En effet, sous la direction de Nasser, c'était le porte-drapeau du nationalisme arabe, le champion de la lutte contre Israël, et il n'était pas rare en Europe et aux Etats-Unis de lire dans la presse des articles l'assimilant au fascisme, et même au nazisme. Or, Gilbert Achcar, se fondant sur la couverture du procès Eichmann par le quotidien officieux Al-Ahram, alors dirigé par le confident de Nasser, Muhammad Hassanayn Haykal, a régulièrement dénoncé autant les crimes nazis que l'usage qui en a été fait par la propagande israélienne pour justifier l'expulsion des Palestiniens et le déni de leurs droits nationaux.
    Dans les deux autres articles, l'auteur revient sur son ouvrage Les Arabes et la Shoah, qui, à sa parution en 2010, a suscité de furieux débats tant aux Etats-Unis et en Israël qu'au Liban et dans d'autres pays du monde arabe.

  • Mise sous tutelle égyptienne après la création, en 1948, de l'Etat d'Israël, la bande de Gaza a connu depuis lors une histoire mouvementée et souvent tragique.
    Occupée par l'armée israélienne au cours de la campagne du Sinaï en 1956, elle a été rétrocédée à l'Egypte puis réoccupée en juin 1967. Dans ce territoire minuscule de 360 km2, peuplé par un million et demi de personnes dont un nombre considérable de réfugiés, la résistance a toujours été acharnée, et la répression de l'occupant particulièrement dure. Après les accords d'Oslo en 1993 et l'installation de l'Autorité palestinienne, les événements qui se sont succédé - assassinats ciblés de dirigeants du Hamas par les services israéliens, désengagement unilatéral de l'armée israélienne, conflits politiques interpalestiniens et coup de force du Hamas en 2006, interventions militaires israéliennes de toutes sortes jusqu'à l'opération de grande envergure, en 2008-2009, baptisée "Plomb durci" ou "Coulée de plomb"-ont entraîné une détérioration encore plus dramatique que par le passé des conditions d'existence de la population.
    Ce livre documenté aux sources palestiniennes, israéliennes et américaines les plus fiables fournit une information précise sur cette vaste opération, notamment sur l'armement utilisé et sur les pertes subies en vies humaines et en biens. Deux chronologies détaillées de l'histoire de Gaza de 1948 jusqu'à nos jours, ainsi qu'un état des lieux sur les plans économique et social, en font le dossier le plus complet publié en français sur ce sujet.

  • Ce livre tient à la fois du portrait, du récit et du débat.
    Portrait que les deux protagonistes tracent d'eux-mêmes, en confrontant leurs idées et leur conception parfois antagoniste de l'histoire. Récit qui mêle intimement leur itinéraire aux bouleversements que connaissent l'Egypte et le Proche-Orient. Débat d'idées sur le monde tel qu'il est, mais aussi sur un autre monde possible dont chacun porte en lui la vision. Comment s'explique la situation actuelle au Proche-Orient ? Qu'est-ce que l'islamisme ? Comment définir l'ordre international en ce début de troisième millénaire ? D'où vient le sous-développement des pays musulmans? Qu'en est-il de l'individu et des droits de l'homme en Islam ? Alain Gresh et Tariq Ramadan répondent aux questions que leur pose Françoise Germain-Robin et débattent chaque fois sans complaisance - mais avec sérénité de tout ce qui les sépare.
    L'ouvrage se termine sur un échange à propos de la situation des musulmans en Europe, où est notamment abordé le rapport de l'Islam à la laïcité.

  • Le Hezbollah

    Sabrina Mervin

    Il existe très peu de publications en langue française sur le Hezbollah, qui est pourtant devenu, au fil des années, l'un des principaux acteurs de la scène politique moyen-orientale. Solidement implanté dans la communauté chiite libanaise, disposant d'une force armée et d'un vaste réseau d'alliés, il soulève les passions les plus violentes et les plus contradictoires tant au Liban qu'à l'échelle régionale et internationale. Cet ouvrage a l'ambition d'aborder ce singulier phénomène, à la fois politique, social et religieux, sans préjugés ni clichés. Il se propose en effet de partir des terrains où se manifeste le Hezbollah et d'observer la manière dont il se comporte. Certains chapitres traitent de questions de fond, d'autres apportent des éclairages sur des points précis, et de l'ensemble se dégagent peu à peu un portrait, le plus vivant possible, du Hezbollah, mais aussi un récit de son histoire. Faisant appel à différentes disciplines des sciences sociales, enrichi d'une substantielle chronologie, d'un glossaire et d'une bibliographie conséquente, Le Hezbollah, état des lieux est un livre de référence.

  • La guerre déclenchée contre l'Irak en ce printemps 2003 est-elle un épisode sans lendemain ou préfigure-t-elle un profond remaniement des rapports internationaux, tout particulièrement entre l'Europe et les Etats-Unis ? Quelle est la finalité réelle de la politique américaine au Moyen-Orient ? Quelle place y occupent les conflits israélo-palestinien et israélo-arabe ? Face à la nouvelle guerre globale, sommes-nous en train d'assister à l'émergence d'un nouveau non-alignement ? Vues de Ramallah, où Ilan Halevi exerce des responsabilités politiques au sein du mouvement national palestinien, ces questions prennent une acuité toute particulière. Au passage, l'auteur remet dans son contexte le problème du terrorisme, affronte sans faux-fuyants la recrudescence de l'antisémitisme, analyse la situation des minorités nationales et religieuses dans cette région du monde, avant de poser une dernière question, aujourd'hui peut-être plus cruciale que jamais : "Les ennemis de mes ennemis peuvent-ils être mes amis s'ils sont aussi les ennemis de tous les autres peuples ?"

  • La "guerre préventive" contre l'irak, dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, est sans conteste l'un des faits les plus médiatisés de l'histoire de l'humanité.
    Jamais les préparatifs d'une guerre n'ont été aussi abondamment décrits et jamais son déroulement n'a été ainsi transmis en direct par le truchement de cohortes de journalistes. partout, les médias se sont ingéniés à relater dans ses moindres rebondissements le faux suspense diplomatique d'avant le 20 mars 2003, à spéculer longuement sur la probabilité et la date de déclenchement de l'intervention, à mobiliser une armada d'experts capables de disserter avec aplomb sur les armes de destruction massives irakiennes et les bunkers de saddam tout en n'en sachant rien ou presque.
    C'est pourquoi cette guerre offre un matériau inédit pour une analyse critique du comportement des médias dominants. les contestations de rue que la perspective puis le déclenchement de la guerre ont provoquées, les doutes et le déficit de légitimité entourant l'aventure états-unienne, le malaise des régimes arabes craignant une extension de l'ingérence des etats-unis dans leurs propres territoires, les critiques émanant de certains gouvernements européens ont placé le champ médiatique face à un conflit qui résiste fortement à la simplification.
    A travers six contributions, oú les auteurs décrivent en fait six guerres différentes vues de six postes d'observation distincts (les etats-unis, la france, israël, la turquie, l'irak lui-même et la chaîne panarabe al jazira), le livre explore les modes de restitution des mots et des images de la guerre. il tente de resituer les médias dans le cadre des enjeux de pouvoir nationaux. il explicite leur rôle dans la mobilisation du consentement ou de l'opposition à la guerre.

  • Obnubilé par la "rupture" avec ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy s'emploie depuis son accession au pouvoir à en finir avec "l'exception française" en politique étrangère, et notamment dans le traitement des affaires du Proche-Orient.
    Particulièrement crispé sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, à la fois agressif et impuissant vis-à-vis de l'Iran, enlisé avec les Américains en Afghanistan, il renforce la coopération économique et militaire avec Israël au moment où celui-ci accélère la judaïsation de Jérusalem, la ghettoïsation de la bande de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie. Ce qu'on appelait naguère, non sans ambiguïté, "la politique arabe de la France" est censé désormais s'intégrer dans la fantomatique "Union de la Méditerranée".
    Les textes réunis dans cet ouvrage montrent que cette politique, loin de contribuer à débloquer le processus de paix israélo-arabe, encourage au contraire les dirigeants israéliens à ignorer les résolutions de l'ONU et à enterrer définitivement la solution fondée sur la création d'un Etat palestinien indépendant dans les territoires occupés en juin 1967. Articles d'Isabelle Avran, Alain Chenal, Béatrice Patrie et Emmanuel Espanol, Bernard Ravenel et Patrice Bouveret, Denis Sieffert, Dominique Vidal.

  • Trois ans après le début des manifestations populaires contre le régime de Bachar al-Assad (15 mars 2011), cet ouvrage tente de répondre aux questions qu'on se pose généralement sur les raisons profondes du soulèvement, sur son contexte régional et international, sur les conditions dans lesquelles il s'est militarisé, sur l'intrusion des djihadistes en Syrie et leurs agissements sur le terrain, sur l'attitude des minorités ethniques et religieuses...
    L'auteur explique pourquoi les Russes et les Iraniens ont volé au secours du régime, et comment ils ont effectivement consolidé ses positions militaires et diplomatiques, alors que ceux qui se présentaient comme "les amis du peuple syrien", notamment les États-Unis, n'ont cessé de tergiverser même après l'usage avéré des armes chimiques contre les zones que l'armée ne parvenait plus à contrôler. Il évoque avec enthousiasme la créativité littéraire et artistique des jeunes révolutionnaires qui s'expriment à travers les réseaux sociaux et réfute les arguments des partisans du régime, allant de l'extrême droite à l'extrême gauche, qui le décrivent comme progressiste, anti-impérialiste et laïque.
    Un livre "grand public", vif et bien informé, qui va à l'essentiel.

  • L'objet de ce livre est de démontrer comment le monde arabe s'est emparé d'Internet et dans quelle mesure les blogueurs, dans leur diversité politique et idéologique, ainsi que Facebook et Twitter, ont contribué à déclencher un mouvement de révolte à l'échelle de tout un continent.
    Qui sont ces jeunes gens et ces jeunes filles descendus dans les rues du monde arabe pour crier leur colère et leur soif de changement, armés de leur laptop et de leur seul courage ? Observateur attentif des mutations des sociétés arabes actuelles dont il tient depuis des années la chronique régulière sur son blog, Yves Gonzalez-Quijano revient sur les combats des blogueurs militants qui, bien avant les soulèvements de l'année 2011, ont inventé le cyberactivisme arabe, en Tunisie, à Bahreïn en Égypte. Faut-il pour autant parler de Révolution 2.0, faire de Facebook ou de Twitter la clé des bouleversements politiques ? Oui, disent les cyberoptimistes, pour qui l'inimaginable est advenu grâce aux messages des réseaux sociaux et aux images des téléphones portables. Non, leur répondent des voix plus pessimistes, pour qui le pouvoir libérateur des nouvelles technologies est une hypothèse qui résiste mal à l'examen des faits et aux dures réalités des lendemains de la révolution.
    Avec ces "journées de légende", une page de l'Histoire de la région se referme, conclut l'auteur. Mais c'est surtout un nouveau chapitre qui s'ouvre pour la jeunesse arabe : jetée sans crainte dans la "société en conversation" qu'a créée la Toile universelle, elle y invente son propre langage pour se retrouver elle-même et créer une nouvelle manière d'être arabe, les arabités numériques de demain.

  • Paru en anglais en 1979, cet ouvrage a joué un rôle capital dans la sensibilisation du public américain à la question palestinienne. Les débats et les polémiques qu'il a suscités étaient à la mesure de la renommée de l'auteur, grande fi gure de la scène intellectuelle américaine.
    Edward W. Said nous offre une analyse documentée et subtile de l'affrontement, à la fi n du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, entre la société palestinienne, occultée par l'idéologie dominante en Europe, et le mouvement sioniste, considéré comme une partie intégrante de l'entreprise coloniale européenne. Il dresse ensuite un tableau de la Palestine et des Palestiniens avant et après la guerre de 1967, et souligne la cristallisation, face à la discrimination, à l'occupation et à la dispersion, d'une forte conscience nationale incarnée par l'OLP. La dernière partie du livre est consacrée à une étude attentive des accords de Camp David, conclus sous l'égide des Etats-Unis entre Israël et l'Egypte, et de leurs conséquences au Proche-Orient. L'édition augmentée de 1992 dont nous publions la traduction prend en outre en considération les principaux événements survenus jusqu'alors : l'invasion du Liban en 1982, la première intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du «processus de paix» avec la Conférence de Madrid.
    A la fois étude historique, essai politique et critique idéologique, La Question de Palestine va bien au-delà de l'actualité pour constituer en quelque sorte, avec L'Orientalisme et L'Islam dans les médias, un triptyque ayant pour objet la critique du regard porté par les pays occidentaux sur l'Orient, et plus précisément sur le Moyen-Orient.

  • L'effervescence sociale et politique des trente dernières années a propulsé sur le devant de la scène, dans la plupart des pays musulmans, toutes sortes de groupes intégristes qui s'accordent à rejeter la séparation du spirituel et du temporel.
    Le propos de cet ouvrage est de faire connaître l'autre visage de l'islam contemporain, lequel se compose d'attitudes et de projets soucieux de retrouver le sens premier de la prédication du prophète muhammad par-delà les formulations rigides qui lui ont été données à telle ou telle époque de l'histoire. l'auteur fournit pour commencer des précisions d'ordre conceptuel, puis historique, qui permettent d'aborder dans la clarté le débat sur le rapport islam-laïcité.
    Il commente ensuite l'ouvrage capital à cet égard du réformiste égyptien ali abderraziq (1888-1966) avant d'évoquer la contribution des penseurs qui représentent ce qu'on pourrait appeler " la nouvelle conscience islamique " - et qui défendent de nos jours, par des démarches différentes mais convergentes, l'idée que l'islam n'est pas hostile à la laïcité. nourri d'une réelle préoccupation pédagogique, cet ouvrage, à l'usage du grand public, constitue une précieuse introduction à la pensée musulmane moderne.

  • Quel Islam ?

    Jacques Berque

    Ce texte dense, paru dans un article une semaine avant la mort de Jacques Berque, peut se lire comme le testament intellectuel de l'auteur, dicté dans le contexte d'une décennie belliqueuse et destructrice.

    Peu avant de mourir, Jacques Berque s'est publiquement exprimé à deux reprises sur les relations entre l'Europe et le monde arabe, entre l'Islam et l'Occident. Dans l'émission qui lui était consacrée par la chaîne de télévision européenne ARTE, il a analysé les raisons de la fracture nord-sud du bassin méditerranéen et exposé sa vision de l'avenir à partir de quelques thèmes porteurs.

    Peu après, dans un articile paru une semaine avant sa mort, Jacques Berque a répondu de façon magistrale à cette question d'une brûlante actualité : Quel Islam ?

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