Honore Champion

  • En cette année 2018, l'on commémore le centenaire de la mort d'Edmond Rostand. Des colloques, des conférences, des expositions et des reprises de Cyrano de Bergerac sont annoncés.
    Les éditions Honoré Champion proposent la première édition véritablement savante de la pièce la plus connue et la plus jouée de son auteur.
    Une préface de 71 pages et plus de 700 notes de bas de page fournissent une analyse historique, thématique, poétique et dramaturgique de la pièce et, dans ce cadre, produisent des éclairages nouveaux sur ses sources historiques et littéraires et sa riche intertextualité. Il était jusqu'ici acquis qu'elle était le dernier éclat du drame romantique. Elle puise aussi au canon classique (Molière, La Fontaine, Scarron etc) que Rostand connaissait fort bien et sur des lectures d'ouvrages savants.
    Figurent en annexes un florilège de la réception critique de 1897 à aujourd'hui et, pour la première fois, un état précis de 270 représentations en France et dans 45 pays, sur les cinq continents ainsi que des adaptations pour le grand et le petit écran.

  • Naissance du conte féminin : mots et merveilles : les Contes de fées de Madame d'Aulnoy (1690-1698) Nouv.

    De 1690 à 1698, Madame d'Aulnoy publie vingt-cinq contes de fées qui la rendent, longtemps, presque aussi célèbre que Perrault. On la redécouvre aujourd'hui. Mondaine accomplie, romancière à succès, aristocrate de surcroît, elle s'empare, avec bon nombre de ses consoeurs, de l'humble conte populaire oral pour le faire entrer dans l'espace choisi du salon. Il s'agit moins, cependant, de réhabiliter une talentueuse conteuse encore méconnue que de saisir les conditions d'émergence, les processus de fabrication ainsi que les enjeux qui sous-tendent l'apparition massive, sur la scène littéraire du temps, du conte de fées féminin. Car les contes sont alors, avant tout, oeuvres de femmes. Ancré dans son milieu nourricier, le salon, modelé par les usages et valeurs de l'esthétique galante, largement pétri de culture féminine et moderne, le genre témoigne de la rencontre, admirée ou décriée, consensuelle ou conflictuelle, entre une forme littéraire en voie de constitution et de légitimation, une pratique et des figures ambivalentes de la femme auteur au tournant de la "seconde préciosité", un goût prononcé pour le merveilleux, enfin, un merveilleux auquel le conte de fées permet de redonner forme et sens en le resituant dans le vaste courant, aujourd'hui sous-évalué, de la "fantaisie classique". Interroger la naissance du conte féminin, c'est donc retracer l'histoire d'une quête et d'une conquête, celle du champ littéraire par des femmes de lettres auxquelles le conte offre un moyen d'expression privilégié.

  • Le devenir actif chez Spinoza Nouv.

    Pourquoi devenir actif ? Et comment, dans une philosophie de la nécessité absolue, comprendre ce passage de la passivité à l'activité ?
    La thèse centrale de cet ouvrage est la suivante : le devenir actif chez Spinoza ne consiste pas à combler la béance entre une essence idéale et une existence réelle. La passivité ne peut être appréhendée comme scission entre soi et soi, et le devenir actif comme jonction de l'essence et de l'existence. Une telle vision équivaut à réintroduire en l'homme la transcendance, la finalité et la potentialité, que l'éthique spinoziste entreprend pourtant de congédier. Pour saisir la nécessité de devenir actif, il faut commencer par s'interroger sur le paradoxe de la joyeuse passivité : en tant que joie, elle est augmentation de la puissance ; en tant que passivité, elle est négation de cette même puissance. Comment alors comprendre une telle négation de soi, sans recourir à la disjonction entre l'acte et la puissance ?
    Le concept de distraction nous met sur la voie, en tant qu'il désigne une coupure non de soi avec soi, mais de soi avec les autres : cette admiration, entendue comme absorption dans une pensée et une affectivité obsessionnelles, nous oblige à réévaluer le rôle central du corps dans le devenir actif, à jeter les fondations d'une théorie de l'occupation de l'esprit, et à dessiner les contours d'une véritable intelligence de nos affects. Alors nous comprendrons ce que signifie une pratique de la science intuitive, c'est-à-dire un rapport à soi et aux autres comme pures positivités.

  • Avec ses 181 entrées par oeuvre, ses 143 entrées thématiques et ses 84 collaborateurs, ce Dictionnaire souhaiterait donner une vue d'ensemble d'une « oeuvre-vie » qui compte parmi les grandes aventures scripturales du siècle romantique. Ont été prises en compte la pensée philosophique, politique et religieuse, la quête identitaire, la construction d'un monde imaginé qui s'expriment dans la diversité des genres et des modes d'écriture et s'unifient autour de figures archétypales, de thèmes et de motifs récurrents. Les conditions de la production littéraire et la réception de l'oeuvre en Amérique, en Asie, en Europe, ont aussi fait l'objet d'études.

  • En 1800 Lamarck écrit que les êtres vivants dérivent les uns des autres par transformations, des plus simples jusqu'aux plus complexes, dont les humains. En 1809, date de naissance de Charles Darwin, il développe ce « transformisme » dans la Philosophie zoologique, mal reçue dans un contexte très religieux ! En 1820, il publie alors ce « Système analytique... » La première partie synthétise ses recherches, la seconde traite des sociétés humaines. L'actualité du propos stupéfie : perte du lien avec la nature, dégradation de celle-ci, conflit entre raison et « instinct »,... que d'anticipations judicieuses !

  • Celui qu'Arsène Houssaye nommait autrefois « le Roi Voltaire » a en effet régné sur son siècle. Son oeuvre immense couvre tous les champs de l'activité intellectuelle, du théâtre à la poésie, de l'histoire à l'épopée, du conte à la critique biblique. Pendant soixante années, l'homme de Ferney, infatigable, a multiplié les ouvrages qui comptent dans le patrimoine de l'humanité en même temps qu'il semait une multitude de courts opuscules incisifs. Maître de l'humanisme et de la libre pensée, Voltaire est de ceux qui ont contribué à édifier le monde moderne.
    Paul Valéry disait de lui que, centenaire comme Fontenelle, « cet homme qui a pu voir Louis XIV, aurait vu finir la Terreur, à moins qu'il n'eût péri par elle, avant Thermidor. C'est par quoi il peut faire songer à ce dieu Janus auquel les Romains donnaient deux visages opposés, et qui était le dieu des commencements et des fins. Mais le visage de Voltaire, homme jeune, considère le crépuscule somptueusement triste, dans la pourpre sombre duquel le Roi-Soleil se couche, accablé sous sa gloire et s'abandonnant à la nuit, en soleil solennel qu'on ne reverra plus. Mais l'autre face de ce Janus, le visage du vieux Voltaire, observe dans l'Orient il ne sait quelle aurore illuminant d'énormes nuées ».
    Un guide n'est pas inutile pour trouver aujourd'hui son chemin dans cette masse considérable, dans laquelle le temps a certes opéré une sélection, mais qui demeure essentielle. À une époque où les livres et les articles qui lui sont consacrés se comptent par milliers et où des spécialistes du monde entier unissent leurs efforts pour élever le monument de ses oeuvres complètes, l'auteur du Dictionnaire philosophique méritait bien un dictionnaire.

  • Un siècle après l'Arcadia de Sannazar (1504), L'Astrée marque l'achèvement de la conquête de l'antique fable pastorale par les littératures européennes en langues vulgaires : paru entre 1607 et 1628, le roman d'Honoré d'Urfé est le dernier des grands chefs-d'oeuvre nourris de la veine des histoires de bergers. Mais la narration des amours de Céladon et Astrée dans la Gaule du Ve siècle inaugure aussi une nouvelle époque de la littérature française. Premier des grands récits publiés au moment où la France répare les plaies nées des guerres de Religion, l'oeuvre est très vite apparue comme une étape décisive dans l'art du roman, en même temps que, par sa philosophie de « l'honnête amitié », elle s'est imposée à ses lecteurs comme une référence commune, offrant ainsi la mémoire littéraire des manières de sentir et d'aimer de l'âge classique. Le présent volume livre le texte de la deuxième des cinq parties de L'Astrée, précédé d'une introduction qui en dégage la tonalité originale : le monde de la pastorale s'enrichit ici d'une nouvelle matière historique, élargie aux dimensions de l'Empire romain finissant.

  • Le Paysan et la Paysanne pervertis est la réunion de deux romans épistolaires, Le Paysan perverti (1776) et La Paysanne pervertie (1784), opérée par Rétif de la Bretonne pour constituer un roman monumental, publié en 1787. Il ne s'agit pas simplement d'une addition des deux oeuvres, mais d'un entrelacement des lettres de l'un et de l'autre, et souvent même d'une réécriture. «Cet ouvrage, qui m'a donné une existence dans le monde, fut la source de ma réputation et me procura une considération dont tous les bons esprits me donnent encore des marques», dit Rétif, et rien n'est plus exact. Le schéma structurant du roman est l'histoire d'une chute hors du paradis terrestre (la campagne), plongeant le paysan et la paysanne dans le vice et le péché, suivie d'une rédemption, avant le châtiment divin. Mais ce schéma n'est qu'un soubassement recouvert par un romanesque foisonnant. Rétif a voulu écrire une oeuvre forte, où se trouvent mises en question les valeurs de la morale commune, où la cruauté, voire le sadisme, l'inceste ont leur place, où l'amitié elle-même est poussée jusqu'au désir homosexuel, où l'expression du pathétique et du tragique dépasse ce que la littérature du siècle offrait d'ordinaire. Le Paysan et la Paysanne pervertis est un roman paroxystique, au centre duquel s'impose la figure de Gaudet d'Arras, moine défroqué, philosophe matérialiste spinoziste, corrupteur d'Edmond et d'Ursule, et victime aussi d'une ambition révolutionnaire mal conçue. Le bonheur n'est pas au bout d'une aventure individuelle, mais dans une vie communautaire dont les statuts sont présentés en conclusion. Somme philosophique et romanesque, cet ouvrage est à placer auprès des chefs-d'oeuvre du XVIIIe siècle. Rétif y voyait à juste titre une pièce maîtresse de son oeuvre : «C'est un livre plein de choses et de chaleur», dit-il. Un livre qui est dans la lignée de l'Histoire de Cleveland de l'abbé Prévôt, de La Nouvelle Héloïse de Rousseau et d'Aline et Valcour de Sade.
    Cette édition, au texte soigneusement établi, annoté, précédé d'une copieuse introduction, devrait contribuer à mettre ce roman à sa juste place dans l'histoire littéraire.

  • J.-C. Flückiger, Variations cendrarsiennes ; D. Martens, Blaise Cendrars vous salue. ; Blaise Cendrars Entretiens de Bruxelles (1949) transcrits et annotés par D. Martens ; L. Campa, Cendrars à Granville ; Blaise Cendrars Deux cartes, trois lettres à Louis Brun et autres documents de la collection Anacréon transcrits et annotés par L. Campa ; B. Richart, Les collections du Musée d' art moderne Richard Anacréon ; Médaille militaire et Légions d'honneur ; C. Le Quellec Cottier, Nouvelles de la famille Sauser : Cendrars entre famille et fiction... ou "de l'existence des Sauser" ; J.-C. Flückiger, À la lumière de deux photos ; D. Ravet,Arthur Honegger et Blaise Cendrars : une interprétation musicale des Pâques à New York ; F. J. Temple, Voyage & Divagabondage. ²

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