Syllepse

  • Nous vous écrivons depuis la révolution ; récits de femmes internationalistes au Rojava Nouv.

    «Ce livre est parti d'un désir et d'une nécessité: partager les expériences, les rencontres et les émotions qui nous ont traversées au coeur de la révolution du Rojava. Un désir, parce qu'autant de beauté, d'énergie et d'espoir doivent être diffusés le plus largement possible et doivent pouvoir imprégner chacune de nos vies, chaque lutte à travers le monde. Une nécessité parce qu'il est de notre responsabilité de ne pas faire de ce temps au Rojava une expérience personnelle, mais de faire connaître le projet et la réalité révolutionnaire de celles qui nous ont tant appris.».
    L'ouvrage que vous tenez entre vos mains a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au coeur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient.
    Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base...
    Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d'approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques.
    Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas.

  • Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être « sauvées » par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le « féminisme » blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut :
    « Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres :
    Les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires ;
    Révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine. »

  • Bordeaux s'est développé en jouant un rôle essentiel dans la constitution de l'Empire français.
    Ce livre s'intéresse à l'histoire de la ville à travers les noms de rues, voies et autres lieux choisis pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale.
    Ce n'est pas, le plus souvent, en tant que négriers, esclavagistes, sabreurs, administrateurs coloniaux, théoriciens du racisme que beaucoup de personnalités ont été honorées. Elles l'ont été pour d'autres raisons mais elles ont été clairement engagées dans le système colonial.
    Bien des bienfaiteurs de la ville ont fait ruisseler un peu de leur fortune accumulée par la production et le négoce des produits coloniaux issus de l'esclavage et du travail forcé. Bien des militaires et des hommes politiques honorés ont contribué à leur ouvrir et à protéger leurs marchés. Bien des universitaires ont apporté la caution scientifique justifiant la domination.
    Ce guide n'ignore pas les quelques anticolonialistes à qui une place a tout de même été faite dans la ville. Il visite quelques lieux de mémoire et propose quelques coups de projecteur sur des aspects peu enseignés de l'histoire coloniale.
    Que ce guide permette de voir la magnificence de la ville sous un autre jour. Qu'il invite à d'autres promenades. Qu'il contribue à décoloniser les imaginaires.
    C'est un produit de haute nécessité dans la lutte contre toutes les formes de racisme.

  • Ce livre est né de la volonté de rendre visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l'État policier français.
    Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d'arrestations, d'expulsions, de mouvements sociaux, ou dans d'autres circonstances encore, par des policiers, des gendarmes.
    L'auteur, le collectif Cases Rebelles, s'empare ici de la forme du portrait militant, hérité de l'art mural, du graff, d'artistes activistes comme Emory Douglas, et largement réactivé dans les mouvements actuels contre la police raciste aux États-Unis, avec Oree Originol notamment.
    Le dessin rompt avec la froideur clinique des listes. Facilement diffusable, affichable, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
    Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l'oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
    Quelques familles ont obtenu une forme de reconnaissance et de justice, mais dans leur grande majorité, elles ont fait face à l'impunité.
    Les dessins se veulent aussi porteurs d'amour pour les victimes et de solidarité pour leurs proches.

  • « Qui aurait pu imaginer que nous tiendrions si longtemps ? Une ténacité pareille face à ces faiseurs de misère ? Sommes-nous des héros de BD ? Astérix et Obélix ? Non ! Nous ne sommes que des personnes ordinaires prises dans un rude combat pour la justice. » Tel est le témoignage de l'une des dizaines de personnes qui ont pris le stylo pour se livrer, partager leur combat et les moments forts de la vie sur les rondspoints, laisser une trace dans l'histoire.
    Pas de leçons de morale, pas d'héroïsme, simplement la vie de centaines d'anonymes qui n'auraient jamais pensé auparavant faire la une mais qui ont trouvé la force et le courage de se rebeller d'abord, et de tenir, ensuite, contre vents et marées.
    Car le rond-point de Saint-Avold, qui est le héros de ce récit, a tenu plus d'un an et demi et, bien que la dernière cabane ait été démantelée le 27 mai 2020, beaucoup de Gilets jaunes y croient encore et continuentla lutte.
    Ce livre est exceptionnel car il est écrit à une centaine de mains, fait de bouts de papier et de souvenirs rassemblés ici ou là. Les écrivains en herbe sont anonymes ou cités par leurs prénoms.
    Dans l'esprit Gilet jaune, personne ne se met en avant, c'est le « nous » qui parle. Des points forts comme des points faibles, des défauts comme des qualités.
    Avec un langage accessible à tou·tes, résonnant immédiatement avec l'expérience de tout·e un chacun·e.
    Malgré le très grand nombre d'auteurs et d'autrices, le récit se lit d'une traite, comme un roman dont on voudrait suivre chacun des épisodes et connaître la fin.
    Même si l'on sait, dès le début, que ça ne se termine pas par la révolution, on vit les espoirs et déconvenues des un·es et des autres, on sympathise, on apprend et on comprend. On rigole aussi parfois. Et on se met à imaginer : et si...
    Il y a un message politique fort dans cet ouvrage, mais le·la lecteur·trice reste libre d'en tirer ses propres conclusions.
    Le sens politique de ce mouvement, avec ses exigences, reste une interrogation. Écrit ensemble par les acteurs et les actrices mêmes de ce mouvement, ce livre est une analyse de la société d'aujourd'hui.
    Les nombreuses photographies, qui ponctuent le livre, donnent un visage au récit des femmes et des hommes du rond-point de Saint-Avold.
    Une chose est sûre : l'humanité est l'encre de ce récit, celle qui devrait nous guider pour penser le monde.

  • L'année 2013 a vu se multiplier les commémorations de la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, initiée en réaction à la multiplication des crimes racistes et sécuritaires.
    Pourtant, trente ans après, les morts dans les commissariats, entre les mains de la police ou sous les balles des forces de l'ordre n'ont pas cessé.
    Enfin, l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes continue de leur être assurée par la justice.
    Ce livre propose une série d'enquêtes, d'analyses et d'entretiens sur des affaires récentes et sur le combat menée par les proches et les familles des victimes pour obtenir la vérité et la justice sur ces morts.
    L'ouvrage donne la parole à ces familles et livre une série d'analyses sur le racisme d'État, l'impunité judiciaire dont bénéficient les violences et les crimes policiers.
    Il tente également d'offrir des pistes pour s'organiser contre la « présomption de légitime défense » accordée à la police, contre la propagande médiatique, contre l'oubli qui permet à ces crimes de se reproduire depuis des dizaines d'années contre les habitants des quartiers populaires désignés comme l'ennemi intérieur.
    En pleine offensive islamophobe, dans un contexte de montée de l'extrême droite et de radicalisation à droite de l'ensemble du champ politique, ce livre vient apporter un éclairage sur le fonctionnement de la police et de la justice française du point de vue de ceux qui les subissent.
    On pourra notamment lire un entretien avec Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1l janvier 2012, à la suite de son interpellation violente par une dizaine de policiers.
    Un autre avec Amal Bentounsi, la soeur d'Amine Bentounsi, abattu d'une balle dans le dos le 21 avril 2012, à Noisy-le- Sec. Amal Bentounsi fait par ailleurs l'objet d'une plainte du ministère de l'intérieur pour diffamation.
    Le Parti des Indigènes de la République et la Brigade Anti-Négrophobie livrent pour leur part une analyse du racisme d'État et de la persistance des crimes policiers et des agressions islamophobes dans le contexte actuel.

  • La première édition d'Une parole juive contre le ra- cisme (mars 2016) a été rapidement épuisée. On le doit sûrement au format du livre qui pose des questions et y répond de façon courte et pédagogique, avec illus- trations et lexique.
    La question même de l'existence des races est d'abord posée : si les scientifiques ne valident pas la notion, on voit bien comment la race est politique- ment construite comme instrument de domination.
    À travers l'histoire - celle des Juifs, mais aussi celle des Rroms, de l'esclavage et de la traite négrière, de l'apartheid, de la colonisation et de l'immigration -, cette construction du racisme est étudiée. Il s'agit ici de faire le point sur le racisme d'aujourd'hui et des moyens de le combattre L'antisémitisme n'est pas un racisme qu'il faudrait placer au sommet des racismes, tandis que les autres formes du racisme seraient, en fin de compte, des ra- cismes secondaires, certes condamnables, mais pas au même point. L'antisémitisme, s'il existe encore dans la société française et peut parfois être mortel, ne pro- voque que marginalement des discriminations à l'en- contre des Juifs. Le racisme d'État à l'égard des Juifs a heureusement disparu et ils ne sont plus les principales victimes du racisme. Aller voir du côté des Rroms, des musulmans, des Noirs, des migrants traités de façon inhumaine est une obligation pour l'antiracisme.
    Quelle peut être la place des Juifs dans la lutte antiraciste ? Ce livre exprime le point de vue de Juifs antiracistes, engagés, aux côtés des victimes d'un ra- cisme d'État, contre la xénophobie, l'islamophobie, la négrophobie, le racisme anti-tsigane, mais aussi contre l'homophobie et le sexisme qui se combinent avec ces formes du racisme.
    Ce livre a reçu le soutien du Commissariat général à l'égalité des territoires Mettre au service de l'action antiraciste d'au- jourd'hui, l'histoire, une perception du monde, une parole juive contre le racisme, c'est l'objet de ce livre.

  • Comme le dit le dramaturge B. Brecht « Prends un livre, c'est une arme », mais comme toute arme il faut en comprendre les mécanismes, sinon elle se retourne contre soi. En matière de lutte contre les discriminations racistes, plus que dans n'importe quel autre domaine, les mots employés ne sont ni neutres ni anodins. Au contraire, ils sont surchargés de sens et sont révélateurs des discours et des postures contradictoires qui s'affrontent les unes les autres : les mécanismes et les logiques qui les animent doivent pouvoir être repérées.
    Ce livre, issu du travail mené depuis plusieurs années par la revue Les figures de la domination, se veut un dictionnaire des termes en présence dans le débat portant sur les discriminations.
    « Banlieue », « immigration », « islamisme », « méritocratie » : ce dictionnaire se veut ainsi une critique du glossaire dominant dans la mesure où il tente de repérer quelles sont les définitions mises en oeuvre en fonction des grilles de lectures dominantes, racistes et sexistes. Ce travail de déconstruction se double d'un effort pour proposer un contre- vocabulaire, des mots qui nomment les discriminations pour mieux les combattre.

  • - 40 après la loi Veil, le droit à l'avortement reste menacé !
    - Quand les acquis ne sont pas acquis !

    Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
    Le droit à l'avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister.
    Sans les manifestations massives, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.

  • - L'enjeu des manuels scolaires dans la construction d'un récit national en période de conflit - Représentations des figures du «Juif» et du «Palestinien» dans les manuels français, israéliens, palestiniens et suédois - L'idéologie dans les manuels scolaires et les enjeux politiques sous-jacents

  • Antiracisme et syndicalisme

    Collectif

    Quelle articulation peut-il y avoir entre action syn- dicale et lutte contre les discriminations raciales ?
    C'est la question centrale à laquelle cette huitième livraison des Utopiques sera pour l'essentiel consacrée.
    Les débats au sein du mouvement social sont ces dernières années particulièrement vifs au sujet de l'antiracisme, et plusieurs épisodes récents sont venus nous le rappeler.
    Nous faisons le pari qu'il est possible d'avoir un débat argumenté dès lors qu'il s'appuie sur des expé- riences concrètes.
    C'est sous ce prisme que nous avons choisi de trai- ter cette question du lien, nécessaire, entre antiracisme et syndicalisme.
    Ainsi, nous reviendrons sur des exemples de luttes où ce lien s'est matérialisé dans l'action collective :
    Qu'il s'agisse des grèves chez Talbot à Poissy en 1984 à celles des travailleurs et travailleuses sans-papiers des années 2000.
    Nous verrons également comment des équipes syndicales arrivent à mener des campagnes de longue haleine, comme celle pour la réparation du travail for- cé, impulsée suite aux mobilisations des personnels antillais·es, guyanais·es, réunionnais·es des PTT no- tamment.
    Mais nous parlerons aussi des luttes contre les vio- lences policières, en donnant la parole aux premier·es concerné·es.
    Les différentes expressions et interprétations de la laïcité seront également discutées dans ce numéro, tout comme sera interrogée la question du « racisme d'État ».
    Si le racisme plonge ses racines dans les inquiétudes culturelles et les peurs identitaires, il a aussi partie liée avec l'exploitation économique et sociale. Discrimi- nations et inégalités se confondent-elles pour autant ?
    Tantôt le combat pour le respect de la diversité et la lutte contre les dominations sociales vont de pair, tantôt ils s'ignorent, voire s'opposent, dans les prin- cipes, comme dans la pratique.
    Enfin, il n'est pas possible de parler de racisme et de syndicalisme sans revenir sur la campagne inter- syndicale contre l'extrême droite et les résistances des équipes syndicales qui doivent subir la « gouver- nance » de mairies FN ou assimilées.

  • L'expression Françafrique vise à dénoncer les pratiques néocoloniales de l'Etat français et la complicité de nombreux chefs d'Etats africains. Ce livre plonge le lecteur dans le contexte actuel des relations franco-africaines tout en leur donnant une perspective historique. Il met en lumière la stratégie propre au gouvernement de François Hollande et la continuité avec les pratiques passées.

  • Traduction de Mind in a Physical World : An Essay on the Mind-Body Problem and Mental Causation (1998, MIT Press). Comment, dans un monde fondamentalement physique, peut-il y avoir une place pour l'esprit ? Estil possible que ces choses matérielles que sont nos cerveaux puissent causer nos pensées, qui semblent n'avoir ni masse, ni volume, bref aucun des attributs habituels de la matière ? Et nos pensées, elles-mêmes, comment peuvent-elles causer les mouvements de nos membres ? Ces questions ont été posées par Descartes à l'aube de l'âge moderne ; depuis, elles hantent la philosophie, et aucun penseur d'importance n'a pu se dispenser de les affronter. Or, elles n'ont jusqu'à présent reçu aucune réponse pleinement satisfaisante. Elles concernent pourtant des aspects tout à fait élémentaires de notre rapport au monde et à nous-mêmes. Le problème des relations entre le corps et l'esprit reste, encore aujourd'hui, profondément mystérieux. Dans ce livre clair et bref, tiré d'un cycle de conférences, Jaegwon Kim retrace d'abord l'histoire de ces questions et propose une évaluation précise des réponses que la philosophie du 20e siècle leur a fourni. L'auteur parvient à une position très nuancée, où, essayant de différencier deux aspects des phénomènes mentaux (le cognitif d'une part, le qualitatif d'autre part), il développe une thèse originale en expliquant pourquoi le premier lui paraît susceptible de faire l'objet d'une réduction du mental au physique, et pourquoi, au contraire, cette issue semble plus douteuse en ce qui concerne le second. Ce livre constitue donc une excellente initiation aux philosophies contemporaines de l'esprit.

  • Face à la faillite du système de santé grec, médecins et patients autogèrent leurs dispensaires. Un autre système de santé émerge, une résistance sociale s'organise.
    L'effondrement du système de santé est certainement une des conséquences les plus tragiques de la crise économique et sociale qui secoue la Grèce depuis maintenant plusieurs années. De réductions répétées du budget de la santé en privatisations carnassières, hôpitaux publics et structures sanitaires se sont effondrés sous les coups d'une politique d'austérité impitoyable avec les malades.
    Selon Médecins du Monde, 25 à 30 % des personnes qui se présentent aujourd'hui aux portes d'un hôpital grec sont refusées.
    La mortalité périnatale a augmenté de 40 %. La vaccination des adultes et des enfants est en chute libre. Les médicaments deviennent rares, les traitements, notamment contre le cancer, sont interrompus.
    Devant cette faillite générale du système de santé, médecins, acteurs du secteur et simples citoyen·nes sont entrés en résistance. Les dispensaires sociaux autogérés sont nés de ce mouvement du refus de la faillite sanitaire.
    Conçus à l'origine en 2008 pour venir en aide aux premiers migrants débarqués sur les côtes grecques, ils ont rapidement, devant l'ampleur de la crise économique, ouvert leurs portes à l'ensemble de la population.
    Ces nouvelles structures sont organisées sur trois principes.
    Le premier est que le travail y est totalement bénévole.
    Le second est que les soins sont gratuits. Le troisième est une totale indépendance vis-à-vis de l'État ou d'organismes privés. Ils couvrent l'ensemble du territoire et ce sont des centaines de milliers de patients qui ont recours à leurs services.
    Face au manque de médicaments et de matériels médicaux, un réseau international de solidarité a apporté toute l'aide possible à ces dispensaires autogérés.
    À l'aide de témoignages et de portraits bouleversants de patients et de personnels soignants sur la difficulté d'être malade aujourd'hui en Grèce, ce livre nous raconte le fonctionnement de ces centres où une nouvelle relation médecin-patient émerge.
    Un nouveau mode de fonctionnement de la société se dessine. Une ambition que résume une des animatrices d'un centre : « Nous voulons comme dispensaire devenir un collectif encore plus ouvert à la société. Nous croyons que les dispensaires autogérés sont un exemple d'émancipation des citoyens qui pourrait inspirer toute l'Europe et pas seulement en ce qui concerne la santé. »

  • C'est en plein tumulte social contre les ordonnances Macron, acte 2 de la loi Travail, qu'a été composé ce numéro des Utopiques qui revient sur le printemps 2016 de lutte contre la loi Travail.
    On s'interrogera sur les caractères généraux de ce mouvement social en replaçant les luttes contre les lois Travail sous l'angle international.
    Cette livraison propose un regard sur l'appel «On bloque tout !», sur Le Havre, ville rebelle et « capitale de la grève », ainsi que sur les Nuits debout d'Avignon, Nîmes et Saint-Denis. Outre-Quiévrain, c'est un syndicaliste de la FGTB qui évoque la lutte contre la loi Peeters, « l'autre loi Travail » belge.

    On trouvera également des retours sur les Comités d'action lycéens des années 1970, sur la Coordination nationale des instituteurs et la grève contre le statut de maître-directeur en 1987 et sur les luttes pour l'objection de conscience et l'insoumission au service militaire. Deux articles, plus contemporains, reviennent sur les désobéissances aux multinationales et aux banques et sur les « délinquants solidaires », ces hommes et ces femmes qui entrent dans l'illégalité pour accueillir les réfugié·es.

    On pourra également suivre l'évolution du bulletin de paie, s'intéresser aux enjeux syndicaux et politiques de la souffrance au travail, lire la gravité des violences faites aux femmes dans notre pays, ou encore regarder du côté de la cause kurde.

  • La situation en Turquie et en Syrie est devenue une situation de guerre totale. Le pouvoir syrien d'une part, et le pouvoir turc d'autre part, s'illustrent particulièrement en la matière. Ils sont en effet responsables de massacres de grande ampleur et de crimes de guerre sur les populations de cette région du monde. Les Kurdes sont particulièrement touchées depuis des années par des politiques de discrimination et de répression, et le pouvoir turc s'acharne avec une violence extrême contre ces populations.
    Leur lutte de libération a pris un nouvel envol dans la période ouverte par la révolution syrienne et sa transformation en conflit militaire. L'expérimentation sociale et politique qui s'est réalisée dans les zones libérées est ici présentée. La transformation du processus révolutionnaire syrien en un conflit armé pose des questions multiples pour lesquelles une solution ne peut être trouvée que par l'ensemble des populations présentes sur ce même territoire.
    L'ouvrage ne prétend pas donner une vision exhaustive des points de vue des différentes forces en présence dans le conflit syrien. Le choix éditorial a été de donner la parole à certaines composantes du mouvement kurde à qui, en général, est laissé peu d'espace pour s'exprimer. Il sera ainsi abordé la question des bases du système politique que le mouvement tente de développer en plusieurs endroits du Kurdistan, dans des environnements différents. Au sein de celui-ci, les mouvements d'émancipation des femmes jouent un rôle important. Les luttes des Kurdes contre l'État turc seront vues à travers le prisme syndical, et dans le contexte des purges ayant suivi la tentative de coup d'État de 2016. Enfin, des exemples de solidarités sont présentés, qui invitent à réfléchir sur les pratiques de soutien aux peuples en lutte pour leur autodétermination.
    Nous ne savons pas comment la guerre actuelle va évoluer, ni sur quelles configurations politiques elle va déboucher. En revanche nous savons que les populations civiles continuent d'être menacées et touchées durement que ce soit par le pouvoir d'Assad ou celui d'Erdogan, avec la complicité active ou lointaine d'autres puissances régionales ou occidentales. La présente publication, à travers l'information qu'elle permet de divulguer, se veut aussi une modeste contribution à la nécessaire solidarité...

  • Un impôt juste pour une société juste, telle est l'ambition que veut porter ce livre.
    Si la fiscalité ne peut avoir réponse à tout, il n'en demeure pas moins qu'elle traduit des choix politiques de première importance en matière de répartition des richesses ou de financement de l'action publique. Or, depuis maintenant plus d'un quart de siècle, nous assistons à une véritable contre-révolution fiscale au profit des plus riches et des entreprises, en particulier les plus grandes, et des revenus du capital.
    Dans un contexte européen et international marqué par une concurrence fiscale et sociale et par la multiplication des politiques d'austérité sur fond de dramatisation de la question de la dette publique, la Fondation Copernic montre en quoi révolutionner l'impôt est souhaitable et bénéfique. Réhabiliter l'impôt doit être une préoccupation constante: moyen de financement des services publics, outil de correction des inégalités et, surtout, permettant le "vivre en-semble", l'impôt doit retrouver un sens citoyen.
    C'est là un enjeu majeur pour une véritable politique de transformation sociale.

  • Aujourd'hui, les forces de la contestation sont devenues force de proposition.
    L'opposition grandissante aux logiques de la mondialisation néolibérale, hier trompeusement qualifiée d'" antimondialiste ", s'est muée, en quelques années, en un puissant mouvement populaire international rebaptisé "altermondialiste". Un mouvement fort de ses identités multiples, riche des innombrables pratiques, expertises et alternatives qu'il porte, construit au quotidien et met en débat au gré des forums sociaux mondiaux, régionaux ou locaux et des nombreuses manifestations qui rythment son agenda.
    Un "mouvement de mouvements" qui, de Porto Alegre à Bombay, du Chiapas à Prague en passant par Gênes, Bangkok, Québec, Dakar ou Kinshasa, convie les peuples du monde à travailler ensemble à la construction d'un devenir commun fondé sur des valeurs de paix, d'égalité et de justice sociale. Le CADTM est un réseau international qui inscrit son action au coeur de ce mouvement et qui a contribué à faire de l'annulation de la dette une de ses revendications centrales.
    Par ce livre, il invite le lecteur à mieux connaître sa lutte et les propositions qu'il met en avant, ainsi que ses activités et les outils qu'il met à la disposition du public. Mais il le convie simultanément à partir à la rencontre du mouvement altermondialiste, par le biais des principaux "textes de référence" qui jalonnent sa très jeune histoire. Ce sont les Manifestes du possible, choisis, présentés et commentés par le CADTM, qui a souvent pris une part active à leur élaboration : des appels, des plates-formes, des résolutions adoptés au fil des mobilisations du mouvement et exprimant les revendications, les analyses, les réalités de ces millions de femmes et d'hommes en résistance aux quatre coins de la planète, de plus en plus nombreux.
    " contre le néolibéralisme et pour l'humanité ".

  • Ne pas être simples spectateurs de la montée des « idées » de l'extrême droite dans la société, les combattre par la dénonciation de leurs méfaits sur le « vivre ensemble », ne pas être inactifs face aux glissements idéologiques opportunistes qui se multiplient sur l'échiquier politique actuel, tel est le pari de ce troisième tome de Lumière sur mairies brunes.
    Ce livre poursuit le travail de recensement de tous les faits et méfaits de l'extrême droite au pouvoir dans les villes brunes. Ville par ville, décision par décision, tous les agissements des fascistes au pouvoir sont cités et analysés.
    Ce livre est un outil de lutte contre les solutions simplistes du genre «On ne les a pas essayés» ou «Ils disent tout haut ce que les gens pensent tout bas». Car si l'extrême droite gagne plus de villes en 2020 qu'en 2014, le résultat de l'élection présidentielle de 2022 pourrait être encore plus dramatique pour le plus grand nombre d'entre nous.
    Fort heureusement, les résistances sont en place. Plusieurs expressions syndicales sont publiées dans cet ouvrage pour donner des pistes pour agir et réagir.

  • CONTRE TEMPS ; REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE N.48 ; 1871 : la Commune ! Nouv.

    Dans ce premier numéro de l'année 2021, qu'on sait marquée de nombre d'inconnues et d'inquiétudes, le calendrier nous invite à un retour sur la Commune de 1871.
    D'abord en signe d'un refus, celui d'oublier cette grande lueur qui, à l'échelle internationale, a éclairé le mouvement ouvrier à travers les décennies.
    Et aussi au nom d'une conviction : on n'en a pas fini avec ce qu'a révélé cet évènement, ni de s'interroger sur ce qu'il a encore à nous dire.
    Dans ce dossier des contributions de :
    - Pierre Sorlin (« Marx témoin de la Commune ») ;
    - Michèle Riot-Sarcey (« De la tricoteuse à la pétroleuse ») - Antoine Delalande (« Solidarités ouvrières et rôle de l'État ») ;
    /> - Gilles Bounoure (« Les «artistes industriels» et la Commune de Paris ») ;
    - Éric Aunoble (« La Commune au pays des soviets »).
    Dans cette même livraison, à la jonction entre 2020 et 2021, se poursuit le travail engagé dans le numéro 47 d'analyse de la situation de l'Université et de la recherche confrontées aux réformes néolibérales que prolonge et aggrave l'actuelle Loi de programmation de la recherche (LPR).
    Et pour l'actualité, une analyse de Laurent Vogel sur le travail, angle aveugle de la crise du Covid-19.
    Pour la culture et l'art, deux sujets fort contrastés, par leurs époques et leurs préoccupations : les Olmèques, et le libertinage façon 18e siècle caché dans les collections du couple Cognacq-Jay.

  • Une contre-expertise délibérément orientée vers la formulation de propositions pour une politique qui rompe avec le libéralisme.
    L'urgence impose de porter au plus vite des causes communes, d'avancer des réponses. chacun a désormais pu le percevoir, le libéralisme de plus en plus, constitue une violence; et dans tous les domaines de l'existence : pour ceux qui galèrent sur des contrats précaires, ceux qui subissent les réductions de postes et de budgets dans l'éducation nationale, pour les chômeurs plus nombreux mais moins indemnisés, pour les jeunes, à la poste, la sncf, edf, en cours de privatisation, pour ceux qui ne trouvent pas de logement social, ceux qui ne trouvent pas de crèches, pour les femmes sous-payées et sur-exploitées, pour tous les salariés dont le droit du travail est démantelé, etc.
    Les propositions qu'il s'agit ici de porter au débat public dessinent les axes d'une autre politique de formation, les contours d'une nouvelle sécurité économique et sociale, des pistes pour rénover les services publics et pour lutter contre les discriminations de toutes espèces, et bien entendu quelques repères pour fabriquer une autre europe. on aura compris que la démarche suggère une autre façon d'envisager la politique.

  • Sanofi est dans notre armoire à pharmacie et au coeur de nos vies avec les vaccins, les médicaments... Multinationale de l'industrie pharmaceutique, Sanofi jouit d'une santé florissante et se voit classée parmi les premiers du CAC 40. Mais lorsque la firme pharmaceutique quitte la rubrique financière de la presse pour entrer dans les pages sociales, on entend un autre son de cloche : fermetures de sites, suppressions d'emplois, sacrifices de capacités de recherche et de production...
    Qui dispose du remède ? Ceux qui travaillent : équipes de recherche, développeurs, producteurs, distributeurs, visiteurs médicaux et commerciaux. Ils et elles ont légitimité à décider, avec la société, de la politique de santé et des orientations pour la production des médicaments. Cet ouvrage met en lumière en quoi ces enjeux nous concernent tous, à la fois parce qu'il s'agit de notre santé et parce qu'il s'agit d'une tentative de construction d'un autre regard sur ce que petit devenir la société.
    Les auteurs nous invitent à réfléchir à une alternative à Big Pharma et à Big Money : celle d'une appropriation par la société de la chaîne de la santé. Le médicament conçu, produit et commercialisé comme un bien public, un bien commua, et non comme une marchandise. Pas d'incantation, mais une exigence et une volonté de rendre possible une telle alternative. Non, vraiment, tout n'a pas été essayé.

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