Musees Strasbourg

  • Métamorphoses ; histoire naturelle et didactique dans les collections strasbourgeoises Nouv.

    Dans ce nouveau titre, le dialogue s'installe entre art et science, et plus particulièrement entre gravures et spécimens. Née en 1647, Anna Maria Sibylla Merian a très rapidement mis ses talents d'illustratrice au service de l'entomologie. À une époque où les femmes actrices dans le domaine des sciences sont rarissimes, elle s'illustre en participant à un long voyage scientifique au Suriname, alors colonie néerlandaise. Fascinée par les insectes et leurs métamorphoses, en particulier celle des papillons, elle multiplie les observations de plantes, insectes et autres animaux exotiques, participant avec ses gravures à l'avancée des sciences naturelles.
    La Bibliothèque des Musées de Strasbourg conserve un ouvrage scientifique paru à Paris en 1771 et contenant une édition française de l'oeuvre majeure de Merian, Metamorphosis insectorum Surinamensium, qui contient le fruit de ses observations, illustrées de nombreuses gravures. Dans ce numéro du Cabinet de l'amateur, les gravures en question figurant fleurs, papillons, chenilles et autres insectes, cohabiteront avec les spécimens du Musée zoologique de Strasbourg. Quelle meilleure illustration de l'esprit et du travail d'Anna Maria Sibylla Merian, qui associe étroitement ses illustrations à l'observation de la nature et qui, par ailleurs, collectionnait elle-même les insectes ?

  • Fantasmagorie

    Collectif

    L'exposition qui se tiendra au Musée alsacien de Strasbourg ainsi que le catalogue qui l'accompagne explorent le contexte historique de l'apparition des fantasmagories.
    Le phénomène des fantasmagories se trouve à la jonction de la physique, de l'engouement de la société pour l'occulte et d'un contexte politique mouvementé. Les schémas de fonctionnement du fantascope sont présents dans les manuels de physique optique, à la pointe de la technologie de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe mais également dans les brochures à destination des apprentis magiciens.
    Robertson, figure centrale de l'exposition est l'un des fantasmagores les plus célèbres. Il occupe une place de choix dans le propos grâce à ses mémoires publiés en deux volumes et son procès lors duquel, accusé de plagiat, il est obligé de dévoiler ses tours.
    D'une fabrication soignée, ce catalogue grand public fait la part belle aux illustrations et met en valeur le fonds de plaques de verre originales conservées au Musée alsacien et dans d'autres collections, publiques et privées, notamment celle de la Cinémathèque française.

  • Née en 1867 et morte quelques jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Käthe Kollwitz est l'une des figures artistiques allemandes les plus marquantes de la première moitié du XXe siècle. Véritable institution dans son pays, où son oeuvre et son engagement politique sont unanimement salués, elle demeure très peu connue en France. L'exposition organisée au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg et le catalogue qui l'accompagne invitent le public français à découvrir une oeuvre plastique (gravures, dessins, sculptures) d'une vigueur et d'une maîtrise formelle hors du commun.
    Kathe Kollwitz naît en 1867 dans une famille profondément socialiste. Elle fait preuve très tôt d'un talent marqué pour le dessin, qu'elle met dès le début de son oeuvre au service d'une cause : la dénonciation de l'oppression exercée sur les plus pauvres, à laquelle elle a été sensibilisée par son environnement familial, mais aussi par ses lectures, entre autres de Zola. Elle réalise ainsi deux suites importantes de gravure, La Guerre des Paysans et la Révolte des Tisserands, inspirés de faits historiques ou d'oeuvres théâtrales, qui mettent en scène de façon poignante et avec une inventivité formelle frappante la misère et le courage des plus faibles.
    La réception de son oeuvre est d'emblée ambivalente : admirée par ses pairs, elle se confrontera à plusieurs refus d'être exposée, que ce soit de la part du gouvernement prussien ou des institutions nazies. Cofondatrice de l' « Organisation des femmes artistes », elle est la première femme à être admise comme membre de l'Académie et à placer la figure féminine, y compris dans la réalité la plus sombre de sa condition, au coeur d'une oeuvre expressionniste atypique, sans doute plus proche du roman réaliste que du paysage artistique de son temps.
    Lorsqu'elle perd l'un de ses fils volontaires dans les premiers jours de la Première Guerre mondiale, elle sublime sa douleur par des dessins et des sculptures d'une force exceptionnelle, et s'engage rapidement au service du pacifisme. Son oeuvre engagée est complétée d'un versant très intime, comme en témoigne la pratique continue de l'autobiographie et du journal. On y découvre que ses questionnements et explorations formelles sont toujours au service d'une cause : dénoncer avec le plus de vigueur et d'expressivité possible la condition du prolétariat, et en particulier des femmes.

  • Le musée archéologique de Strasbourg ; le guide Nouv.

    Le Musée Archéologique, né au XVIIIe siècle, est le plus ancien des musées strasbourgeois. Durant trois siècles d'une existence parfois mouvementée, il a réuni de très importantes collections. Installées depuis la fin du XIXe siècle dans les sous-sols du palais Rohan, leur variété et leur large champ chronologique en font l'un des plus importants musées d'archéologie en France.
    Le visiteur y découvre l'histoire de Strasbourg et de l'Alsace, des débuts les plus lointains de la Préhistoire jusqu'aux premiers siècles du Moyen Âge. Les collections continuent de s'enrichir régulièrement du produit des fouilles archéologiques menées dans toute la région. Des expositions temporaires proposent chaque année de retrouver l'actualité de la recherche et les découvertes les plus marquantes. Le Musée archéologique assure ainsi pleinement son rôle de vitrine de la recherche archéologique nationale et régionale.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des parcours thématiques permettant de mieux se représenter la vie de nos ancêtres, ainsi que des anecdotes sur la découverte et la restauration des oeuvres.

    2 Autres éditions :

  • Le musée d'art moderne et contemporain ; le guide Nouv.

    Inauguré en 1998, le musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS) vint compléter le réseau des musées de la ville, offrant un développement contemporain au paysage muséal strasbourgeois. La collection (environ 18 000 oeuvres), régulièrement enrichie par des acquisitions, couvre une période allant de 1870 à nos jours et investit un champ géographique clairement tourné vers l'Europe. Le fonds moderne part des artistes impressionnistes pour aller jusqu'aux pionniers de l'abstraction, sans oublier ceux des arts décoratifs. La collection contemporaine, quant à elle, met en lumière l'art des années 1960 (Fluxus, Arte Povera, Supports-Surfaces, etc.) et présente un ensemble de peintures allemandes unique en France.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des entrées thématiques sur diverses notions d'histoire de l'art, ainsi que des citations d'artistes et anecdotes sur l'acte de création et l'histoire des oeuvres.

    2 Autres éditions :

  • Le musée des arts décoratifs de Strasbourg ; le guide Nouv.

    Le Palais épiscopal de Strasbourg, une des plus belles réalisations architecturales du XVIIIe siècle français, tant par l'élévation noble et classique de ses façades que par ses somptueux décors intérieurs, est l'aboutissement de la rencontre de deux personnalités exceptionnelles : le cardinal Armand-Gaston de Rohan-Soubise, prince-évêque de Strasbourg et brillant homme de cour d'une part, en tant que commanditaire : Robert de Cotte, Premier architecte du roi, d'autre part, en tant que maître d'oeuvre. Au sommet de la gloire lorsqu'il donne les plans du palais strasbourgeois, Robert de Cotte répond aux voeux du prince en créant une oeuvre magistrale unissant la dimension ecclésiastique, politique et mondaine de la fonction de prince-évêque, dans le sens où l'entendait le XVIIIe siècle, en un même édifice à la gloire de la Maison de Rohan. Au lendemain de la Révolution, le Palais devient résidence impériale et royale pour entrer, après 1870, dans une ère nouvelle, celle des musées.
    Outre la visite des appartements (salles de réception, bibliothèque et chambres privées), le public peut y découvrir aujourd'hui de splendides collections d'art décoratif témoignant de l'âge d'or de l'artisanat strasbourgeois (de 1681 au milieu du XIXe siècle) : céramique Hannong de renommée internationale, mobilier, horlogerie, ferronnerie et orfèvrerie.
    Le lecteur trouvera dans ce guide un souvenir de sa visite des appartements, un best-off commenté des collections d'arts décoratifs, ainsi qu'un certain nombre d'entrées thématiques qui lui permettront de mieux se représenter la vie dans le Palais au XVIIIe et XIXe siècles.

    2 Autres éditions :

  • Né en 1972 dans une famille ouvrière, Damien Deroubaix grandit dans une banlieue lyonnaise, davantage bercé par une culture populaire que par le lointain monde de la peinture. C'est à l'âge de 18 ans, lors d'une sortie de classe, qu'il se retrouve face au chef-d'oeuvre de Picasso, Guernica. L'artiste évoque encore aujourd'hui un « choc émotionnel » ; il découvre alors sa vocation et se jette à corps perdu dans l'art. Il se forme aux Beaux-Arts de Saint-Étienne puis à Karlsruhe et a depuis réalisé de nombreuses expositions, ainsi que des résidences à Berlin et à New York. Ses oeuvres sont aujourd'hui présentes dans d'importantes collections françaises et internationales dont plusieurs FRAC, le Centre Pompidou ou encore le MoMA de New York.
    Essentiellement peintre, Damien Deroubaix s'aventure pourtant sur d'autres supports, créant des oeuvres qui se déclinent, se connectent et se télescopent. Le dessin occupe une place primordiale dans son processus de création et, sans se sentir sculpteur, l'artiste ressent parfois le besoin de passer en trois dimensions avec des sculptures et des installations. Il puise son inspiration partout et multiplie les références, de l'histoire de l'art la plus « traditionnelle » à une culture metal beaucoup plus actuelle et subversive. L'oeuvre qui donne son nom aux deux expositions de Saint-Étienne et Strasbourg, Headbangers Ball, en est le parfait exemple. Cette peinture grand format est baptisée d'après une émission de MTV diffusée dans les années 80 et 90, dédiée aux vidéo-clips heavy metal. Le titre occupe le centre de la toile, encerclé par divers symboles et personnages qui traversent l'oeuvre du peintre et illustrent bien son esthétique noire et son éclectisme : des squelettes siamois, une chauve-souris, des torches enflammées symboles d'une groupe de metal, une statuette à clous Nkisi du Congo découverte dans un musée d'ethnologie de Boston, une tête de cheval reprise d'un tableau de Delacroix, etc.
    L'exposition du musée d'Art moderne et contemporain de Saint-Étienne présentera la production la plus contemporaine de Damien Deroubaix, principalement sa peinture. À Strasbourg, l'exposition s'élargira à des oeuvres plus anciennes ainsi qu'à d'autres supports tels que le dessin ou la sculpture. L'ouvrage proposera de retrouver l'ensemble des oeuvres exposées dans les deux musées, offrant ainsi un panorama du travail de l'artiste. Un essai de Julie Gandini (conservatrice au MAMCS) reviendra sur la présence du chamanisme dans les oeuvres de Deroubaix, proposant des clés de lecture des oeuvres et explorant les parallèles existant entre l'artiste et la figure du chaman. Un autre essai signé par Estelle Pietrzyk (conservatrice en chef du MAMCS) examinera les rapports entre le septième art et les oeuvres de cet artiste résolument cinéphile. Un long entretien avec l'artiste viendra clôturer l'ouvrage, mené par Martine Dancer (conservatrice au MAMC+), témoin des débuts de l'artiste lorsque celui-ci étudiait à Saint-Étienne - l'occasion de retracer un parcours atypique et passionnant.

  • Le musée de l'oeuvre Notre-Dame ; le guide Nouv.

    Les riches collections médiévales et Renaissance du musée de l'oeuvre Notre-Dame témoignent du passé prestigieux de la ville, qui fut du XIIIe au XVIe siècle l'un des plus importants centres artistiques de l'Empire germanique. Les chefs-d'oeuvre de la statuaire provenant de la cathédrale de Strasbourg y côtoient les plus beaux témoignages de l'art haut rhénan des XVe et XVIe siècles.
    Le parcours, synthèse de tous les arts, s'accomplit en harmonie avec le cadre architectural du musée. Derrière les vénérables pignons de la maison de l'oeuvre Notre-Dame, affectée depuis le XIIIe siècle à l'administration du chantier de la cathédrale, les décors intérieurs, la fraîcheur des cours et le charmant jardinet gothique participent au sentiment d'intimité avec le passé strasbourgeois.
    Le visiteur part à la découverte du musée en découvrant les sculptures de l'artiste virtuose Nicolas Gerhaert de Leyde, les peintures de Conrad Witz, Hans Baldung Grien ou encore du maître de la nature morte Sébastien Stoskopff, les vitraux de Peter Hemmel d'Andlau... Le musée de l'oeuvre Notre-Dame offre un remarquable témoignage de l'art alsacien, de l'époque romane à 1681.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des parcours thématiques permettant de mieux comprendre l'iconographie médiévale et Renaissance, ainsi que des anecdotes sur l'attribution et la restauration des oeuvres.

    2 Autres éditions :

  • En juillet 1518, des dizaines de personnes se mirent à danser dans les rues de Strasbourg. Cette épidémie de danse, qui s'étendit sur plusieurs semaines, ébranla la communauté strasbourgeoise et frappa les esprits au point d'être consignée par de nombreux prédicateurs ou chroniqueurs de l'histoire municipale.
    L'ouvrage se propose de revenir sur ce phénomène 500 ans plus tard et d'observer la manière dont l'administration de la ville, le clergé ou le corps médical tenta d'y remédier. Reprenant le déroulement des événements, il s'efforce d'éclairer le contexte de cet épisode historique particulier et de le mettre en relation avec d'autres cas de « manies dansantes » qui ont marqué le Moyen Age.
    Il s'attache à distinguer les faits, tels qu'ils nous sont livrés par les sources originales, des interprétations abusives contribuant à donner du Moyen Age la vision erronée d'un monde simpliste, traversé par des pulsions irrationnelles et secoué par les crises. Croisant le regard de divers spécialistes, il constitue à la fois une référence sur l'événement, mais aussi l'occasion d'un travail critique sur la méthode de l'historien. En rapprochant l'épidémie de 1518 d'autres phénomènes similaires, en faisant le point sur les interprétations ou réappropriations contemporaines, dont celle de Jean Teulé, il éclaire la fascination qu'exerce sur nous ces moments de « désordre social ».

  • Catalogue de l'exposition à la galerie Heitz du Palais Rohan de Strasbourg (21 mai-29 août 2016). Du traditionnel Memento Mori à la tension mythique entre Eros et Thanatos, en passant par la dénonciation des guerres, rien ne manque à cette exploration des maintes déclinaisons du thème des danses macabres. Le domaine des arts graphiques y a été particulièrement réceptif, notamment dans la région rhénane, entre France, Suisse et Allemagne, et a produit un ensemble de réalisations, gravures, dessins, illustrations d'ouvrages, riche et étonnant par la variété des styles et des interprétations.
    Quatre articles développés accompagnent le lecteur à la découverte de ce panorama. Une série de notices thématiques présente des ensembles d'oeuvres organisés selon des cadres interprétatifs (" La mort dans les illustrations des fables ", " La jeune fille et la mort ", " La mort grotesque : parodies et détournements ", " L'inspiratrice funeste ", " Debout les morts ! ", " Le péril fasciste ", etc.).
    La production artistique contemporaine n'est pas oubliée. Deux volets se consacrent au recueil Rigor Mortis de Tomi Ungerer et aux oeuvres d'une génération influencée par les calaveras du Mexicain José Guadalupe Posada : Marcel Ruijters, Pierre Ferrero, Tanxxx, Winshluss, Julien Mortimer, Max (Francesco Capdevilla), Daniel Depoutot, Damien Deroubaix.

  • Anton Seder, formé autour de 1870 à la Kunstakademie de Munich, qui est alors la capitale artistique de l'Allemagne, devient directeur de la nouvelle école des arts décoratifs à Strasbourg (Kunsgewerbeschule) au moment de sa création en 1890. Il y met en place une pédagogie inédite, accordant une large place à l'artisanat (ateliers spécialisés, dont l'excellence de l'actuelle Haute école des arts du Rhin porte encore la marque) et à l'observation de la nature, en intégrant par exemple une serre au bâtiment même de l'école. Il est l'une des figures marquantes du renouvellement artistique de la ville, de par ses principes pédagogiques et aussi bien que ses productions, même si le retour à la France en 1918 tendront à effacer, jusqu'à aujourd'hui, l'importance de son influence. Son oeuvre d'artiste se caractérise par de nombreuses collaborations avec des artisans (orfèvres, ferronniers, céramistes) mais aussi par un volet éditorial majeur : la publication d'un splendide ensemble de portfolios de planches décoratives, qui s'inscrivent dans la tradition ancienne du répertoire de modèles, remis au goût du jour notamment part les artistes du courant « Arts and crafts ».
    Ces portfolios explorent des thématiques différentes (plantes, animaux, formes abstraites) et croisent avec virtuosité des influences variées : Jugendstil, japonisme, Renaissance, symbolisme, qui enrichissent un univers visuel formel éclectique et étonnant, entre élégance délicate et surcharge ornementale.
    L'ouvrage se présente comme un bel album, aux allures de fac simile, rassemblant une soixantaine des quelques 300 planches publiées par l'artiste. Deux textes remettent en contexte aussi bien le travail du pédagogue à la tête de l'institution, que celle de l'artiste, notamment à la lumière du contexte éditorial de cette fin du xixe siècle. L'occasion de découvrir une figure dont les aléas de l'histoire ont fait méconnaître l'oeuvre, qui synthétise brillamment nombre d'influences contemporaines et dont les productions décoratives, aux accents parfois fantasmagoriques, ne manqueront pas de trouver de nombreux amateurs encore aujourd'hui.

  • Les Shadoks font partie de l'imaginaire collectif du téléspectateur français. La diffusion du premier épisode sur la seule chaîne de télé française en 1968 a constitué un véritable phénomène social en divisant le pays en deux camps : les « pour » et les « contre ». Au-delà de la « fracture » caractéristique de mai 1968 qu'elle a révélée, la série culte est surtout l'illustration d'un véritable « art populaire » exigeant : accessible à tous et pourtant riche en références littéraires et artistiques, pionnière dans les explorations techniques et musicales, elle est une cristallisation d'un certain esprit de son époque mais une interrogation subtile des contradictions et égarements de la condition humaine...
    L'exposition d'un ensemble d'archives, photographies, story-boards, films et celluloïds au musée Tomi Ungerer, Centre international de l'Illustration permettra de découvrir les coulisses de la réalisation de la série et ses célèbres contributeurs : Jacques Rouxel, scénariste et dessinateur, Claude Piéplu, la « voix » des Shadoks, les frères Cohen-Solal, compositeur et bruiteur...
    Si la série peut être considérée comme un véritable ovni télévisuel, on néglige souvent d'en explorer les sources littéraires et iconographiques : Jacques Rouxel a bien eu en effet un certain nombre d'inspirateurs, notamment parmi les cartoonists américains. L'ouvrage fait le choix de développer cette dimension méconnue de ce que l'on pourrait qualifier les « ancêtres des Shadoks ». Il mettra surtout l'accent sur un aspect véritablement inédit : les couleurs originales des films et celluloïds qui, pour des contraintes techniques, ne pouvaient être transmises à la télévision. Pour fêter leurs 50 ans, les Shadoks retrouveront donc toutes les couleurs de leur genèse.

  • L'ouvrage présente deux types de décors traditionnels de l'art populaire alsacien des xviiie et xixe siècles. Les « dégorgeoirs de moulin » sont de grands visages sculptés en bois à la bouche grand ouverte : fixés à la caisse du moulin, ils « vomissent » le son et, par leurs grimaces effrayantes, ils éloignent les esprits malfaisants qui pourraient contaminer la farine et transmettre le « feu de Saint-Antoine », une grave maladie due à un parasite de céréales.
    Les verrous de fûts déclinent quant à eux un autre répertoire iconographique et mythologique : les sirènes, dauphins, poissons et monstres marins sont eux les protecteurs du vin mais aussi peut-être les intermédiaires indispensables d'une transformation divine et vitale.
    Les deux types d'objets, à la fois beaux, insolites et émouvants par leur grande charge symbolique, nous parlent d'un monde disparu et de l'infinie richesse formelle de l'art populaire.

  • Le musée de l'oeuvre Notre-Dame conserve un ensemble patrimonial unique en France : une trentaine de dessins d'architecture gothiques, pour la plupart liés à la cathédrale de Strasbourg, datant du XIIIe siècle au XVIe siècle. Cet ensemble, conservé depuis le Moyen Age par la Fondation de l'oeuvre Notre-Dame est l'un des plus importants de ce type en Europe. Certains d'entre eux comptent également parmi les plus anciens connus.

    Le dessin d'architecte à échelle réduite apparaît véritablement à l'âge gothique, où il devient indispensable à la conception d'édifices de plus en plus complexes, et sert à la conduite du chantier de construction. Certains de ces parchemins, de format parfois monumental, sont aussi des outils de représentation destinés à séduire et convaincre les commanditaires.

    L'album des dessins dévoile les détails de ces documents d'une qualité d'exécution souvent exceptionnelle, qui retracent la longue histoire de la construction de la cathédrale et témoignent aussi mieux qu'aucun autre de l'idéal du projet.

  • Catalogue de l'exposition L'oeil moteur - Art optique et cinétique, 1950-1975 présentée au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg, du 13 mai au 25 septembre 2005.
    Ce titre sur l'art optique et cinétique a pour ambition d'apporter une contribution à la connaissance historique et théorique de ce courant artistique qui émergea dans les années 50 avec Victor Vasarely, Jesús-Rafael Soto, Nicolas Schöffer ou Yaacov Agam. Les Musées de Strasbourg souhaitent rendre hommage à des artistes qui ont su mettre en place un vocabulaire plastique original en proposant de nouvelles modalités de perception.
    L'ouvrage propose un itinéraire sensoriel s'articulant autour de quatre axes : L'oeil-moteur, L'oeil-corps, L'oeil-neuronal, L'oeil-sonore.
    L'oeil-moteur : la question de la vitesse de la perception, de la dynamogénie et de l'entraînement cinétique du regard, le battement optique, la diastole respiratoire de la surface sont abordés.
    L'oeil-corps : les questions de la manipulation et de la contrainte ainsi que la participation du spectateur par ouverture de l'eouvre à l'espace tactilo-kinesthésique constituent les thèmes principaux de cette deuxième section.
    L'oeil-neuronal : le modèle de la cybernétique et des théories de l'information, le cerveau artificiel, le sensorium mécanique sont les thèmes centraux de cette section.
    L'oeil-sonore : la question de l'extension-fusion du regard et des autres sens dans la visée spectaculaire de l'oeuvre d'art totale est présente dans ce chapitre avec les jeux de lumières mouvants et synesthésiques.
    Cette articulation n'est ni chronologique, ni monographique.
    Elle ne se fonde pas non plus sur des distinctions du type « mouvement virtuel » et « mouvement réel ». Elle maintient une certaine homogénéité entre groupes d'oeuvres jouant sur la stimulation rétinienne, environnements sensoriels et oeuvres lumino-cinétiques.
    Un ouvrage incontournable.

  • Faile ; street-art

    Collectif

    Le Street Art s'invite au musée à l'occasion des 20 ans du musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg. Depuis quelques années, cet « art de la rue » d'abord réservé à quelques initiés s'est démocratisé : les street artists sont aujourd'hui des artistes réputés et reconnus, y compris par les institutions muséales, à l'instar de l'artiste engagé Banksy, du photographe parisien JR ou encore du mosaïste Invader. En 2018 à Strasbourg, le musée d'Art moderne et contemporain accueille sur ses façades extérieures une fresque du collectif FAILE. Ce duo basé à Brooklyn et composé des street artists nord-américains Patrick McNeil et Patrick Miller investit depuis une vingtaine d'années l'espace public de grandes métropoles, de New York à Londres en passant par Lisbonne, avec des procédés aussi divers que le collage, le pochoir, l'installation ou encore la sculpture. FAILE s'est créé une véritable identité reconnaissable, caractérisée par un style graphique et typographique inspiré des comics et du pop art.
    L'ouvrage propose de plonger au coeur du processus de création, en mettant en avant les constantes du travail artistique de ce duo. La naissance ainsi que le déroulé du projet sont explicités à travers un entretien et un reportage en images des différentes phases d'installation de l'oeuvre qui, malgré ses dimensions monumentales, est éphémère puisqu'elle n'est amenée à rester en place que pendant une année.

  • Affilié en premier lieu au très politisé groupe Dada de Berlin, John Heartfield (1891-1968) se tourne rapidement vers le photomontage et s'inscrit avec ses oeuvres dans la grande tradition satiriste. Il contribue à la revue communiste Arbeiter-Illustrierte-Zeitung (A.I.Z.) et s'en sert comme arme afin de dénoncer les compromissions politiques et les coups de forces qui amenèrent Hitler au pouvoir.
    Le catalogue met en lumière l'ensemble de la collection des couvertures d'A.I.Z. mais également celles réalisées pour les livres des éditions Malik, ainsi que des écrits inédits de l'artiste qui retracent la véritable guerre de communication menée par Heartfield contre l'obscurantisme et la propagande nazie.

    Sous la direction d'Emmanuel Guigon et Frank Knoery.

  • Quelques mois après l'inauguration en 1907 à Strasbourg du Musée Alsacien, ses directeurs prirent contact avec la Société d'Histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine, qui avait été créée dans le but de préserver et valoriser le patrimoine juif d'Alsace et de Moselle. Ils lui proposèrent de "créer une collection d'objets se rattachant à l'histoire, aux moeurs et au culte juif dans notre pays" et de la présenter dans les salles du musée.
    Cette collection initiale de 170 pièces s'est entretemps élargie, jusqu'à rassembler aujourd'hui près de 400 objets, pièces de mobilier et imagerie témoignant du judaïsme alsacien, toujours présentées au sein du musée. Le judaïsme alsacien se caractérise par sa longue tradition rurale : après avoir été accusés d'être responsables de la grande peste de 1347, les juifs ont dû fuir les villes où ils étaient massacrés et ont trouvé pour certains refuges à la campagne, dans les villages alsaciens, où ils sont restés plusieurs siècles.
    Ils ont y développé des traditions spécifiques, liés aux métiers qui leur était permis d'exercer (le prêt d'argent, mais aussi le commerce des bestiaux ou le colportage), et aux conditions de la vie rurale. Les objets présentés dans ce catalogue, qu'il s'agisse de modestes assiettes ou de pièces brodées richement ouvragées, témoignent toutes des rites et traditions de cette vie juive rurale, mais aussi de la vivacité de son art populaire, qui n'hésite pas à emprunter aux traditions, motifs et techniques locaux, pour enrichir sa production.
    L'ouvrage, conçu comme un guide à la portée de tous, présente les objets de la collection en reconstituant leur rôle et leur usage quotidien, invitant le lecteur à se familiariser avec les rites et grandes célébrations du calendrier juif, mais aussi à découvrir la vie quotidienne, communautaire et familiale, du juif alsacien des XVIIIe et XIXe siècles : la cuisine, les fêtes de l'année, les âges de la vie, les métiers... Entre art populaire et ethnologie, il permet de comprendre l'importance et la charge symbolique des objets de l'artisanat, humbles témoignages d'une vie fortement ritualisée que les événements historiques du XXe siècle ont fait disparaître.

  • L'ouvrage présente l'ensemble des trompe-l'oeil en faïences des manufactures de Hannong et de Niderviller conservés au musée des Arts décoratifs de Strasbourg. Terrines, boîtes, sucriers, soupières, daubières prennent la forme de choux, salades, canards, faisans de dimensions réelles. Plus insolites sont les pièces dites « d'attrapes » qui montrent des faux fruits, légumes ou oeufs disposés sur des plats et assiettes comme s'ils avaient été préparés et s'ils étaient prêts à être servis. C'est le cas aussi des prises de couvercles de terrines en forme de crustacés, champignons, asperges et radis. Si Hannong excelle dans ce domaine et tien souvent un rôle de précurseur, la manufacture de Niderviller se distingue dans la fabrication des faux-bois : théières, tasses, assiettes se décorent des nervures du bois et affichent des gravures en camaïeu rose fixée à la cire ou clouée. C'est le jeu du trompe-l'oeil, un défi de mise en abyme qui mêle vrai et faux et devient véritable art de vivre.

  • Le Musée de l'oeuvre Notre-Dame conserve dans ses collections de nombreux objets d'arts décoratifs relevant précisément du « cabinet de curiosités ». Parmi les objets profanes : coupes en formes d'ananas, gobelets formant hottes sur le dos de vignerons, nautiles ou noix de coco montés en hanaps, coupes surchargées décors exubérants - autant de pièces d'exception et de chefs-d'oeuvre d'orfèvrerie destinés aux patriciens de Strasbourg du xvie et du xviie siècle. Les objets religieux se distinguent par la même habileté technique et un sens fascinant de la miniature. Ces objets à la fois exotiques et raffinés sont mis en relation dans l'ouvrage, dans une fascinante mise en abyme, avec des tableaux qui leur sont contemporains : les « Vanités » et « Natures mortes » de Sébastien Stosskopf, peintre strasbourgeois du xviie siècle, qui rassemblent des objets similaires, puisque ce sont eux qui ont servi, il y a de cela trois siècles, de modèles aux peintures. Ses « Corbeilles de verre » d'une virtuosité étonnante, entre opacité et lumière, sont autant de rappels à un autre thème important du cabinet de curiosité, la fragilité de la vie humaine : « Devant la mort, Là à rien ne sert la force : tu es verre » (Andreas Gryphius, 1616-1664).

  • Petits mondes. Miniatures strasbourgeoises du xviie siècle À partir du Moyen Âge et tout au long de la Renaissance, l'art de l'illustration connaît en Alsace un important essor, qui trouve son apogée au xvie siècle grâce aux personnalités d'Hans Baldung Grien, Tobias Stimmer ou Wendel Dietterlin. Mais c'est au cours du xviie siècle qu'une tradition de peinture en miniature va se développer à Strasbourg autour de Friedrich Brentel (1580-1651) et des ses élèves Sebastian Stoskopff (1597-1657) et Johann Wilhelm Baur (1607-1642), ainsi que de Johann Nikolaus Gasner (1637-après 1680). Le Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg conserve un riche ensemble des travaux de ces maîtres de l'aquarelle et du dessin.
    De taille petite, sinon minuscule, les miniatures représentent des microcosmes riches en détails et en couleurs. Paysages champêtres ou urbains, mois de l'année, saisons, arts libéraux ou vices et vertus se déploient dans les pages de ce numéro, reproduits à l'échelle un ou agrandis hors mesure. Suprennent la finesse et la complexité du trait qui, avec une extrême capacité de synthèse et une volupteuse éloquence, sont capables de raconter dans les dimensions intimes d'un tableautin l'histoire d'une bataille ou la construction d'un voilier ou encore de mettre en scène la joie d'un banquet ou la solitude d'une heure d'hiver. Ces ouvres, objet de délectation visuelle ou de méditation contemplative, étaient à l'époque conservées dans des cabinets de curiosité. Rarement exposées au public en raison de leur format et de leur fragilité, la collection du « Cabinet de l'amateur » leur offre une place toute trouvée.

  • Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS) présente la première grande exposition consacrée à Tristan Tzara (1895-1963). Le nom de ce poète, également écrivain d'art et collectionneur, est connu et prononcé dès qu'il est question de Dada. Cependant, son oeuvre immense, et d'une influence majeure pour des générations, reste encore insuffisamment mise en lumière. Cette exposition en propose une lecture chronologique à travers un ensemble de 450 d'oeuvres d'artistes que Tzara a côtoyés, d'une sélection de pièces d'art extra-occidental (Afrique, Océanie, méso-Amérique) et d'art brut et d'une importante sélection documentaire sur Tristan Tzara. Tristan Tzara fut le grand témoin de son temps. Il fut également un acteur de son siècle qu'il marqua de ses éclats de voix, de rire et de plume. L'homme au monocle, décrit comme « un génie sans scrupules » par le poète Huelsenbeck, n'aura eu de cesse de développer un engagement ...

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