L'echappee

  • « Le brigand au grand coeur n'est pas au départ un criminel. Il débute sa carrière de hors-la-loi parce qu'il est victime d'une injustice. » Voici comment l'historien Eric Hobsbawm décrit dans son fameux livre Les Bandits, devenu la référence sur le sujet, l'origine de ces destins de justiciers et de redresseurs de tort, dont la figure la plus célèbre reste Robin des bois. Des communautés opprimées, paysannes pour la plupart, soutenaient ces vengeurs qui, par leurs coups d'éclat et la terreur qu'ils exerçaient sur les puissants, leur rendaient justice.
    Ces héros du petit peuple ont hanté de nombreuses contrées de par le monde, entre autres : Cartouche en France, Ned Kelly en Australie, Joaquín Murieta au Mexique, Phoolan Devi en Inde, Hend'U Merri en Algérie, Maria Bonita au Brésil, Rob Roy en Écosse, Sante Notarnicola en Italie...
    Dans cet ouvrage, des écrivains se sont emparés de chacune de ces figures du « banditisme social ». Ces textes littéraires redonnent vie à ces bandits et brigands, comme le faisaient autrefois les chansons et les balades qui, en exaltant leurs magnifiques actes de bravoure, donnaient l'espoir de se libérer un jour de l'oppression et de la misère.

  • Le développement de la culture de masse a entraîné l'érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d'un monde artificiel d'individus isolés, fondement de la société de consommation.
    Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d'exploitation économique, il représente un "fait social total".II ne tient que sur l'intériorisation d'un imaginaire et grâce au développement d'une culture du divertissement permanent. Cette uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l'affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.).
    Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe de la domestication des peuples.

  • Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l'ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du web, géants de l'électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes oeuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier », qui fait fi gure de fossile à l'heure où la culture numérique s'impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu - le marché de l'e-book peinant à s'imposer en France -, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n'a pourtant pas besoin d'eux. Et ce, alors que les modes de lecture induits par le livre, au fondement de nos façons de penser et de nos manières d'être au monde, sont aujourd'hui en crise.
    Le livre, dans sa linéarité et sa fi nitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos. Point d'ancrage, objet d'inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des fl ux incessants d'informations et de sollicitations, il est peut-être l'un des derniers lieux de résistance.
    C'est ce que nous rappellent les libraires, bibliothécaires, éditeurs, auteurs, traducteurs et lecteurs, venus d'horizons divers, qui s'expriment dans cet ouvrage.
    Un peuple du livre, réfractaire aux illusions numériques, qui défend ce pourquoi il se bat au quotidien, à contrecourant des processus qui endommagent nos capacités de lecture, de contemplation, de réfl exion, d'écoute et d'abandon esthétique, pourtant si nécessaires à la construction de soi et au bien-être collectif.

  • Toutes les puissances high-tech sont lancées dans la course aux nanotechnologies.
    L'objet de celles-ci est la manipulation de la matière, inerte et vivante, aux niveaux les plus élémentaires de l'infiniment petit - atome, molécule, cellule, gène, neurone, bit - afin de produire de nouveaux matériaux, de nouvelles sources d'énergie et de nouveaux procédés industriels. des centaines d'applications des nanotechnologies servent déjà dans les domaines marchands, policiers et militaires, tandis que, dans les laboratoires, les chercheurs travaillent d'arrache-pied à leurs projets d'eugénisme et d'artificialisation : l'homme-machine dans le monde-machine.
    Les nanomaîtres (scientifiques, politiques, industriels et militaires) prétendent à un pouvoir démiurgique et irréversible sur un monde remodelé à leur guise : le nanomonde totalitaire de la société de contrainte.

  • La civilisation industrielle ne s'est pas imposée sans résistances. De grands esprits critiques se sont toujours levés contre la liquidation des artisans et des paysans, contre la destruction de l'environnement et le bouleversement des modes de vie, contre l'emprise du marché et des machines sur les individus. La contestation de l'idéologie du Progrès que porte aujourd'hui le courant de la décroissance se situe dans cette longue filiation.
    Parmi ces illustres devanciers, les cinquante penseurs présentés ici - dont les oeuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles - ont de quoi alimenter les réflexions actuelles de toutes celles et tous ceux qui aspirent à une société centrée sur l'humain, et non plus soumise à la mégamachine. Leurs pensées, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées dans ce livre de manière claire et didactique, remettent radicalement en cause le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise...
    Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

  • Dans l'après 68, le mouvement Survivre et Vivre publie la plus importante revue d'écologie politique française. Qualifié de « laboratoire idéologique de la révolution écologique », il est initialement formé par un groupe de mathématiciens « objecteurs de recherche » rassemblés autour de la figure d'Alexandre Grothendieck dont les travaux sont alors reconnus dans le monde entier. À partir de la contestation de la militarisation de la recherche, Survivre et vivre va remettre en cause certains bienfaits du développement technoscientifique. Aux côtés de Pierre Fournier et des Amis de la Terre, il participe aussi de l'essor du mouvement antinucléaire tout en élaborant une critique inédite du scientisme. Le mouvement, constitué d'une vingtaine de groupes locaux, prône la subversion culturelle et rassemble, dans une ébullition tant pratique qu'intellectuelle, universitaires, lycéens, objecteurs de conscience, naturalistes...
    Introduit par une réflexion historique sur les apports des critiques de la technoscience au mouvement écologiste, ce livre regroupe les principaux textes de la revue Survivre et vivre parus entre 1970 et 1975. Il dresse aussi un panorama de la critique des sciences portée par d'autres scientifiques à la même époque. Enfin, des contributions d'anciens membres de Survivre et Vivre mettent en perspective cette expérience collective et ses cheminements d'hier à aujourd'hui.
    À l'heure du greenwashing et du capitalisme vert ce livre invite à renouer avec les racines critiques de l'écologie politique et à s'abreuver à sa joyeuse radicalité.

  • C'est un lieu commun que dans toute société, l'ordre repose sur le sacrifice de moutons noirs, brebis galeuses et boucs émissaires, désignés à l'unanimité violente des sociétaires. D'où l'intérêt de connaître le nouvel ennemi de la Sécurité globale, cible des stratèges de la Rand Corporation (le plus important institut d'analyse et de planification américain) et des « livres blancs » du gouvernement.
    Après l'« écoterrorisme », ennemi à peu près imaginaire, produit du FBI et de l'écrivaste Jean-Christophe Rufin (Le parfum d'Adam) ; après le « bioterrorisme », ennemi bien réel issu des laboratoires de l'État - comme démontré par l'affaire de l'« anthrax » en 2001 - voici le mauvais Terrien. Réfractaire au « Green New Deal », aux « écotechnologies »; nanotechnologies, géo-ingénierie, nucléaire et informatisation de la « planète intelligente », cyberville globale où chacun se plie aux règles de la survie technifiée. Sauf à devenir le nouvel ennemi de l'« humanité élargie » : post-humains, transhumains, cyborgs, « Successeurs », « hommes bioniques », « augmentés » et autres « Singularités », qu'on nous assigne désormais comme notre futur inéluctable et désirable.
    Huit ans après, le fin mot de la « World War on Terrorism ». Ce qu'elle a permis. Ce qui a changé. Ce qui a été perdu sans retour. Et l'avènement de l'Ordre Vert dans un monde en contraction où s'effondrent les frontières entre local et global, intérieur et extérieur, temps de paix et temps de guerre.

    Ceux qui écrivent à l'enseigne de Pièces et Main d'oeuvre enquêtent depuis 2001 sur les effets réciproques de la guerre et des technologies. Ils ont publié aux Éditions L'Échappée Terreur et possession, enquête sur la police des populations à l'ère technologique, et Aujourd'hui le Nanomonde. Nanotechnologies : un projet de société totalitaire.

  • Techno

    Collectif

    Sans en faire de quelque façon son thème ni un de ses messages, la musique techno, dans son bruyant silence, semble laisser entendre que les figures socio-historiques du Sens ne font plus sens, et ne peuvent plus en conséquence fragmenter le monde selon une partition ethnique et politique qui l'avait jusque là distribué en identités séparées ou opposées.
    Cette musique serait alors celle du commun du monde, musique éminemment cosmopolitique... Comme on peut s'en rendre compte dans les raves - mais aussi dans de nombreuses pratiques artistiques contemporaines -, l'art et le politique ne sont plus séparés comme s'ils définissaient des champs opératoires hétérogènes, mais sont en quelque sorte soudés l'un à l'autre dans des agencements collectifs souples et éphémères se formant autour de sensations communes.
    Qu'il y ait toutefois une telle convergence de l'art (les arts et les techniques) et du politique, ne signifie pas pour autant que nous sommes renvoyés à une esthétisation du politique (la communauté comme oeuvre d'art), ni même à une politisation de l'art (l'art social ou l'art critique). Cela nous indique peut-être seulement qu'il nous reste à mettre en oeuvre un art qui ne soit plus seulement représentation de l'Idéal, une technique qui ne soit plus finalisée exclusivement par les impératifs économiques, et un espace politique qui ne repose plus sur une quelconque vérité.
    Tout un programme qui renvoie, au fond, à la possibilité d'inventer singulièrement et collectivement une existence qui ne serait plus détournée de sa " finitude " et de son libre déploiement dans l'horizon d'une mondialité métissée et a-territoriale. Cela pourrait bien être pour notre temps, pour " nous " qui le partageons - n'en déplaise aux défenseurs de la pureté et de l'Idéal - à la fois notre tâche et notre destin.

  • Dans l'entre-deux Mai, 68 et 81, six artistes (Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré, Gérard Tisserand et Christian Zeimert - ce dernier partira au bout d'un an) fondent une coopérative au sein de laquelle ils vont produire une peinture politique et fi gurative dirigée contre la « Nouvelle société » pompidolienne où triomphe la société de consommation.
    Contestant la fi gure romantique de l'artiste solitaire, ces peintres créent un art collectif, inscrit dans le quotidien et facilement accessible, qu'ils exposent dans des lieux non dédiés à l'art et à la culture. Ainsi, ils préfèrent louer leurs oeuvres afi n de les soustraire au marché et de pouvoir se tenir à distance des institutions.
    Tiraillés entre le Parti communiste, où on les soupçonne de gauchisme, et les mouvances gauchistes, qui les suspectent de stalinisme, les Malassis, qui doivent à un quartier de Bagnolet où ils ont un atelier le nom avec lequel ils jouent malicieusement, optent pour une peinture monumentale, sarcastique et virulente.
    Soucieux de se dissocier d'un art de propagande de type réaliste socialiste, ils mènent, par d'immenses cycles encombrants et perturbants, une réfl exion critique sur les structures politiques, sociales, économiques et industrielles, dont les dérives sont dénoncées et le naufrage annoncé. Des peintres toxiques en quelque sorte, comme ils se sont qualifi és eux-mêmes.

  • Résistances irakiennes

    Collectif

    Dans un Irak déchiré par l'occupation militaire et la guerre civile, des hommes et des femmes, arabes et kurdes, athées et croyants, sunnites et chiites, chômeurs, ouvriers, syndicalistes et féministes cherchent à sortir du chaos.
    Menacés par les islamistes, persécutés par les nationalistes, emprisonnés par les troupes d'occupation, ils tentent de répondre à ces questions : comment combattre l'impérialisme américain sans poser de bombes ? Quelles stratégies adopter pour empêcher la guerre civile de se propager dans les quartiers ? Comment défendre les droits des femmes alors que les islamistes participent au gouvernement et tiennent la rue ? Quelles luttes sociales mener pour défendre l'égalité et les droits des salariés ? Ce livre leur donne la parole.
    Ces neuf entretiens nous font découvrir cette autre résistance, résolument laïque, féministe et anticapitaliste qu'Al-Qaeda considère " plus dangereuse que le Mossad ".

  • Gravures rebelles

    Collectif

    Les quatre histoires sans paroles que regroupe ce livre ont été créées par quatre célèbres artistes de la première moitié du xxe siècle.
    Ces gravures, d'une rare intensité, reflètent le climat politique et social de l'époque: la grande dépression, les injustices social les luttes de la classe ouvrière, la guerre et la peur des armes de destruction massive. ce testament de leur rôle de "témoins graphiques" montre la fécondité du rapport de l'art et de la politique dans ces moments de fièvre de l'histoire. une longue introduction décrit les techniques et les outils qu'ils utilisaient et retrace le parcours de ces graveurs rebelles.


  • après le travail et le sommeil, la troisième activité des occidentaux est de regarder la télévision.
    80% de la population française possède un téléphone portable contre moins de 5% dix ans plus tôt. créée en 1998 dans un garage, la société google est aujourd'hui cotée en bourse et valorisée à plusieurs milliards de dollars. au cours des dix dernières années, les ventes d'antidépresseurs ont doublé. les nouvelles technologies, fer de lance et alibi d'une industrie obsédée par la rentabilité, participent chaque jour un peu plus à la destruction du lien social et à la disparition des formes anciennes de sociabilité, d'organisation du travail et de la pensée.
    leur diffusion massive et leur omniprésence posent les bases d'une véritable mutation anthropologique comparable à l'apparition de l'écriture. si l'alphabétisation fut bien souvent la compagne de l'émancipation, les technologies contemporaines préparent et organisent un monde fondé sur la vitesse, l'immédiateté, la superficialité, le profit et la mort. ecrit par plusieurs auteurs tirant leurs réflexions de leurs travaux militants ou universitaires, la tyrannie technologique dresse un panorama lucide et percutant de l'emprise des nouvelles technologies sur notre vie quotidienne.


  • Notre époque a la critique qu'elle mérite. Les pensées des intellectuels contestataires convoqués par les médias, révérés à l'université, considérés comme subversifs dans le monde militant - de Michel Foucault à Alain Badiou en passant par Toni Negri - participent au déploiement du capitalisme avancé. En s'acharnant à détruire les modes de vie et de production traditionnels, en stigmatisant tout lien avec le passé, en exaltant la mobilité, les processus de modernisation incessants et la puissance libératrice des nouvelles technologies, cette fausse dissidence produit les mutations culturelles et sociales exigées par le marché.
    Percevoir le libéralisme comme un système foncièrement conservateur, rétrograde, autoritaire et répressif, entretient le mythe d'une lutte entre les forces du Progrès et celles du passé.
    A contrario, d'autres penseurs conçoivent le capitalisme comme un fait social total qui développe l'esprit de calcul, la rationalité instrumentale, la réification, l'instantanéité, le productivisme, la dérégulation des rapports humains, la destruction des savoir-faire, du lien social et de la nature, et l'aliénation par la marchandise et la technologie. Ce livre nous présente, de manière simple et pédagogique, les réflexions de vingt d'entre eux. Il nous fournit ainsi les armes intellectuelles pour ne pas servir le capitalisme en croyant le combattre, et pour en faire une critique qui soit vraiment radicale.

  • Aux petites filles les dînettes, les poupons, les Barbies, les robes de princesses et les machines à laver miniatures... Comme maman !
    Aux petits garçons les ateliers de bricolage, les personnages musclés et guerriers, les jeux de conquête... Comme papa ? Non, plus viril que papa !
    Pourquoi trouve-t-on des pages bleues et des pages roses dans les catalogues de jouets ?
    Pourquoi les petits garçons s'imaginent-ils journalistes, pilotes de course, cosmonautes ou aviateurs tandis que les petites filles disent simplement rêver... d'une maison ?
    Des associations antisexistes (Mix-cité, le Collectif contre le publisexisme) prennent la parole dans cet ouvrage ambitieux et percutant, qui révèle l'ampleur de la discrimination sexiste que subissent les enfants et la manière dont se construisent le masculin et le féminin au travers des jouets et de leurs usages.
    Fruit de réflexions et d'expériences de lutte et de travail aussi bien individuelles (parents, instituteurs-trices, éductateurs-trices, etc.) que collectives (animation d'une campagne contre les jouets sexistes durant la période de Noël), ce livre propose des pistes pour combattre et faire reculer le sexisme au quotidien dès le plus jeune âge.

empty