Fayard

  • Ce livre regroupe les tribunes et entretiens d'une vingtaine de grands penseurs de notre temps publiés dans Le Figaro pendant le confinement. Philosophes, essayistes, universitaires, romanciers, personnalités politiques, économistes, sociologues... leurs analyses et enseignements sont autant de balises et de repères pour nous accompagner et nous aider à traverser la crise, tout en nous invitant à imaginer ensemble le monde qui nous attend.
    Un minuscule virus, en quelques semaines, a placé le monde face à lui-même ; il a réveillé les sentiments contraires de l'homme moderne.
    Dès le premier jour, Le Figaro a voulu placer sa réflexion à la hauteur du moment. Le journal a sollicité intellectuels, écrivains, historiens et politiques pour qu'ils aident les français à comprendre les temps difficiles qui s'annonçaient.
    Sans se dérober, des voix illustres ont accepté le difficile exercice qui consiste à penser la crise sanitaire incroyable que traversent l'Europe et le monde.
    Ce livre rassemble leurs textes ; ils resteront pour longtemps le témoignage d'un moment historique.
    Tous nous disent que ce pays conserve des penseurs qui ne jargonnent pas mais qui écrivent avec grâce, esprit, férocité et précision. Avec eux, malgré les incertitudes, malgré les souffrances, malgré les doutes, la vie l'emporte toujours sur la peur.

  • A l'occasion du 230e anniversaire de la Révolution française, l'Assemblée nationale a décidé de rendre public des documents exceptionnels: des affiches récoltées entre 1789 et 1798. Publiées pour la première fois, elles sont le témoin rare de la vigueur du débat public dans cette période dramatique, creuset de notre modernité politique.
    Ce qui fut véritablement révolutionnaire en 1789, ce ne fut pas la réunion des États généraux, le 5 mai ; ni même la prise de la Bastille, le 14 juillet : ce fut, le 17 juin, l'apparition de l'Assemblée nationale, autrement dit la naissance d'une représentation élue qui incarnait collectivement la souveraineté, à côté et en dehors du roi.
    Entre le peuple et ses représentants, les affiches assuraient l'indispensable circulation sans laquelle il n'est pas de démocratie possible. Les citoyens, leurs sections, leurs clubs interpellaient les élus, réclamant des changements rapides ; les législateurs rendaient compte des débats et de leur action, dans le style enflammé de l'époque, quand ils ne démentaient pas les rumeurs et fausses nouvelles qui, déjà, troublaient l'opinion publique.
    « Se taire est un crime quand parler est utile », proclame en gros caractères l'une de ces belles affiches, témoignant de l'effervescence politique d'alors. Des royalistes aux babouvistes, en passant par les brissotins, les girondins, les jacobins, les hébertistes, toutes les tendances se trouvent représentées dans ce foisonnement de revendications et d'idées qu'illustre la collection de documents révolutionnaires constituée par l'ancien député Portiez de l'Oise (1765-1810).
    L'Assemblée nationale, née de la Révolution, se devait d'ouvrir au public ce fonds exceptionnel.

    Richard Ferrand, Président de l'Assemblée nationale

  • Si la théorie de l'I.S. désormais peut encore être souvent incomprise ou abusivement traduite, comme il est arrivé parfois à celles de Marx ou de Hegel, elle saura bien revenir dans toute son authenticité chaque fois que ce sera historiquement son heure, à commencer par aujourd'hui même. Nous sommes sortis de l'époque où nous pouvions être falsifiés ou effacés sans appel.

  • Le sutra du lotus

    Collectif

    • Fayard
    • 27 Août 1997

    Le Sûtra du Lotus est sans aucun doute l'un des textes fondamentaux du Mahâyâna. Depuis plus de quinze siècles, dans la version de Kumârajîva, il a scandé la pratique des bouddhistes de l'Extrême-Orient et permis à des millions d'entre eux d'approfondir le message du Bouddha. Ce livre canonique connaît actuellement une renaissance impressionnante en Chine, en Corée, voire au Viêt-Nam. Au Japon, il a joui d'une ferveur ininterrompue: les plus croyants continuent à en réciter des passages chaque jour et des mouvements religieux ne cessent de le diffuser pour en faire la Bible du bouddhisme.

    Grandiose fresque, le Sûtra du Lotus apparaît comme une mise en scène, à l'échelle cosmique, de la prédication du Bouddha, illustrée de paraboles décrivant les différentes étapes qui mènent à l'Eveil. Au cours des âges, poètes et artistes en ont exploré et transposé les innombrables images. Ses virtualités philosophiques, dont le sens peut paraître aujourd'hui obscur, furent mises en valeur par des commentateurs issus de tous les courants du bouddhisme.

    Le Sûtra du Lotus, dont l'original sanscrit a été magistralement traduit au XIXe siècle par Eugène Burnouf, fut propagé à travers toute l'Asie dans la version en chinois classique qu'en fit Kumârâjiva au Ve siècle. C'est cette dernière qui est présentée pour la première fois en français, avec ses deux traditionnels sûtra d'accompagnement, Le Livre des sens innombrables et Le Livre de la contemplation du Sage-Universel.

    Jean-Noël Robert, directeur d'études à l'EPHE, Section des sciences religieuses, a publié Les Doctrines de l'école japonaise Tendai au début du IXe siècle.

  • Ce volume de l'Histoire de la littérature russe présente l'époque de Pouchkine et de Gogol, les deux écrivains qui ont assuré aux lettres russes le rang qu'elles occupent depuis le XJX~ siècle parmi les grandes littératures du monde moderne.Alexandre Pouchkine est considéré comme le créateur, non seulement de la poésie romantique russe, mais aussi de la tragédie historique (Bons Godounov), de la prose réaliste, du roman (Eugène Onéguine) et, ce qui est d'une importance capitale pour ses contemporains et sa postérité, de cette langue moderne russe, souple, riche et mélodieuse qui a servi aussi bien les poètes qui lui succédèrent que les grands romanciers, de Tolstoï et Dostoïevski à Mikhaïl Boulgakov et Boris Pasternak. Nikolaï Gogol fut à la tête de « l'école naturaliste », de cette prose russe qui devait jouer un rôle inestimable dans l'évolution de la littérature mondiale. Il a donné forme à un type fantastique social qui a influencé tous les arts, qui est entré dans l'imaginaire européen.On trouvera dépeints ici les grands courants idéologiques, esthétiques et littéraires de la première moitié du XIXe siècle en Russie : le postclassicisme des archaïsants, le sentimentalisme de Karamzine et de ses disciples, les différentes variantes du romantisme («l'école de la précision harmonieuse», la poésie politique des décembristes, l'élégie de Joukovski, le démonisme de Lermontov, les tendances réalistes de la prose postgogolienne, etc.). Comme dans les volumes précédemment parus, des chapitres entiers sont consacrés aux grands courants, suivis de monographies présentant les auteurs sous forme de portraits. De même, outre la littérature proprement dite sont traités la critique, le théâtre, la peinture, l'architecture, les problèmes de la culture en général.Tel qu'il est, nous espérons que ce tome rendra compte avec fidélité de l'extraordinaire floraison culturelle que la Russie connut en cette première moitié du XIXe siècle, « Age d'or » de la poésie russe comme on l'a souvent baptisée et véritable miracle que salua à juste titre Dostoïevski dans son discours de 1881 célébrant la mémoire de Pouchkine.

  • En 1694, l'Académie française publiait la première édition de son Dictionnaire. Après huit éditions successives, voici une édition revue du Dictionnaire dans un format et à un prix destinés au grand public. Les deux premiers volumes, de A à Enzyme et de Eocène à Mappemonde, sont disponibles.


    Au moment où notre langue est plus que jamais au coeur des préoccupations de chacun, l'Académie française nous propose ici un Dictionnaire conçu pour l'honnête homme du troisième millénaire.


    Sous une forme attrayante, rajeunie, ce dictionnaire se veut d'abord pratique : indications étymologiques, ordre des rubriques, entrées nouvelles, exemples et remarques normatives en font un ouvrage de référence et un outil de travail pour les enfants, les étudiants, les enseignants, les parents et tous ceux qui souhaitent utiliser correctement notre langue. Car le Dictionnaire de l'Académie française définit avant tout le bon usage d'une langue commune à plusieurs centaines de millions de francophones à travers le monde. Et en cela, ce dictionnaire est unique et irremplaçable.

  • Sur les nerfs

    Collectif

    • Fayard
    • 18 Janvier 2012

    Flash, fragments, rythme, vignettes, courtes nouvelles. Accumuler, densifier. Un style réaliste et minimaliste qui joue sur l´ambiguïté. Ne jamais trop en dire, condenser. Laisser au lecteur le soin d´imaginer. Poz et Army fomentent un meurtre qui rapportera 5 000 dollars au premier - mais Poz en a trop dit. Angela se ronge les ongles en attendant qu´un gang vienne abattre son mec, Billy. Johnny Martins tire les rats dans les caves et les appartements d´un immeuble presque vide. Une jeune fille naïve suit un homme trop gentil. Une autre, pas si belle, présente un ado à son frère, un pauvre hère, pour qu'il lui lise les lignes de la main... Les personnages entrent et sortent d´un décor qu'on dirait trop grand pour eux : centre commerciaux et immeubles abandonnés, boîtes de nuit, parkings, pavillons rongés par l´humidité. Los Angeles aujourd´hui. Loin des paillettes et de la carte postale: celui des ghettos de South Central, Compton, East L.A. On y survit. Dans une tension extrême et un noir des plus denses, traversé d´éclats éblouissants de lumière. Quand un des personnages se relève, transcende sa tristesse et la violence de son quotidien. Là surgit la force, la puissance et la beauté de l´âme humaine.

  • Maurice Godelier est l'une des grandes figures internationales de l'anthropologie française. Théoricien rigoureux et inventif autant qu'homme de terrain accompli, il exerce depuis trente ans une influence décisive sur tous les domaines de la pensée qui s'attachent à rendre raison des faits de société et de leurs dimensions matérielle et imaginaire, dans le présent le plus actuel comme dans le passé le plus lointain, au coeur du monde industrialisé comme parmi les peuples sans écriture. De la portée de son oeuvre témoigne ce colloque réunissant autour de lui à Cerisy des chercheurs venus des quatre coins du monde pour en débattre. Anthropologues, sociologues, économistes, philosophes, archéologues et psychanalystes prolongent ici de façon critique les problématiques que Maurice Godelier a élaborées et sur lesquelles il revient dans la conclusion, contribuant ainsi à offrir des perspectives originales à qui souhaite mieux comprendre la richesse et la diversité du monde contemporain.
    Ont collaboré à cet ouvrage : Bernard Bernier, Pierre Bonte, Pierre Bouvier, Maurice Caveing, Serge Cleuziou, Dolors Comas d'Argemir, Anick Coudart, Jean-Paul Demoule, Philippe Descola, Bernard Doray, Jean-Jacques Goux, André Green, Jacques Hamel, Jacques Hassoun, Gilbert Herdt, Michael Herzfeld, François Houtart, Tim Ingold, Philippe d'Iribarne, Pierre Lemonnier, Jean Lojkine, Laurence Manolakakis, Danielle Provansal, Luc Racine, Nicole Ramognino, Andrew Strathern, Serge Tcherkézoff, Franklin Tjon Sie Fat, Thomas Trautmann, Bernard Vernier.

  • Un monde sans Europe ?

    Collectif

    • Fayard
    • 8 Juin 2011

    Des menaces de toutes formes, nombreuses et diffuses, pèsent sur le monde, dans le monde sur l'Europe, dans l'Europe sur la France : sécuritaires, climatiques, énergétiques, démographiques, idéologiques.      Quelles sont les possibilités pour l'Europe d'y faire face, alors qu' Henry Kissinger observait, avec ironie, il y a trente-cinq ans, ne pas savoir à quel numéro appeler l'Europe ? Catherine Ashton aurait récemment communiqué la référence d'un standard téléphonique branché en boucle sur le répondeur suivant : « For Germany, press one ; for France, press two ; for England, press three ; for Italy, press four ; for Poland, press five. , for Malta, press twenty-seven ». Ce qui est le constat à la fois de la division et de l'impuissance de l'Europe.      Le Conseil économique de la défense, composé d'une centaine de personnalités de l'entreprise, de l'économie, de l'international, de l'université, des administrations civiles ou militaires et de la politique, s'est interrogé sur l'hypothèse et le risque d'« un monde sans Europe ».      L'identification des tensions et des menaces doit aider à déterminer les solutions permettant à l'Europe, et donc à la France dans l'Europe, d'y faire face.      L'étude dirigée par Philippe Esper, animée par Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Christophe Jaffrelot et conseillée par Pierre Hassner, propose, à partir d'analyses factuelles, des solutions et ouvre des voies pour notre pays et quelques pays européens « qui le veulent et qui le peuvent ».

  • Entretiens de Lin-Tsi

    Collectif

    • Fayard
    • 1 Mars 1972

    Première traduction mondiale d'un recueil d'entretiens et de sermons de l'un des plus célèbres maîtres du Tch'an (Zen) vers la fin de son âge d'or en Chine, à l'époque des T'ang. Lin-tsi (prononciation japonaise: Rinzai) disciple de Houang-po, est le fondateur de la branche la plus radicale de l'école; celle qui devait mettre en pratique l'usage des koung-an (japonais: Koan). Cette école fleurit encore aujourd'hui au Japon où elle compte beaucoup de monastères.

    Dans un style direct, inimitable et très vert, qu'à su rendre en français le grand sinologue Paul Demiéville, nous avons enfin dans son expression la plus forte, son accent le plus humain et sa portée la plus large, la révélation complète d'un enseignement spirituel absolument unique en son genre. Il apprend à nous délivrer de la lettre et à chercher la vérité en nous-même en dégageant l'homme vrai, l'homme vivant des vaines spéculations et des recherches érudites. " Simplifiez-vous, détendez-vous, lâchez prise ", voilà les thèmes essentiels de cette doctrine sans système qui allait se propager comme une traînée de poudre dans tout l'Extrême-Orient... et tant séduire aujourd'hui un Occident fatigué par des siècles de ratiocinations.

    Par ses nombreux commentaires, M. Paul Demiéville nous fournit, de surcroît, des détails inédits sur le Tch'an, cette forme du bouddhisme qui nous met en présence avec ce dont nous n'avons plus la moindre idée! Le vécu, dans son expression immédiate, ou quelque chose de tel, que le penser, entièrement libéré de toute détermination, ne peut plus être du ressort d'aucune philosophie, ni d'aucune théologie. En somme, une praxis dans son fondement le plus naturel et le plus absolu.

    Lin-tsi vécut sous la dynastie des T'ang, au IXe siècle de notre ère. Natif de Nan-houa (aujourd'hui: Tsou-hsien) il mourur vers 867 dans cette partie nord-est de la Chine, à peu près à mi-chemin entre Pékin et Hankeou. Son enseignement, qui lui valut de son vivant une célébrité nationale, nous est connu par ces Entretiens compilées par un de ses disciples. Consignés dans la langue parlée de l'époque, ils avaient résisté jusqu'ici à tout essai de traduction.

  • Au jour où il devient indifférent, l'ascète s'en va avec un bol, un bâton, un linge usagé et, rejetant le cordon et la touffe sacrificiels, se fait errant. On a souvent interprété ce départ et cette vie trop simple comme une inériorisation des rites, alors que l'ascète quitte aussi le monde rituel. On y a vu un dernier sacrifice et une indifférence vide de sens, voire hostile au monde. Or le départ du renonçant s'inscrit d'abord dans un double mouvement rituel, l'un pour le bien du monde, l'autre marquant une mort symbolique. Mais ce départ n'est pas une fin en soi: la voie que prend le renonçant est une voie de connaissance.

    La connaissance dont parle l'ensemble d'upanisad que nous présentons, ici traduit pour la première fois en français, redéfinit notre regard sur elle. Elle est une sagesse déposée en l'homme à l'origine et qu'il lui faut retrouver. Une et unie au Tout, elle n'est pas séparée de la vie du renonçant dont les différents états intérieurs sont autant de modes déterminés de la connaissance que la syllabe mystique om rassemble en elle. La quête spirituelle du renonçant n'est pas celle d'un homme seul, mais d'un homme qui va seul selon le Tout, et dont la place et la fonction coïncident totalement avec l'ordre du monde.

  • Dans ce troisième tome consacré au XXe siècle, on passe du désordre créateur des années vingt à l'ordre terriblement réducteur des années trente, marqué par le terme à la fois ingénu et menaçant de « réalisme socialiste ». Un catéchisme idéologique s'impose et cache un effroyable souterrain de terreur et une industrie de la mort qui a nom « goulag ». De grands créateurs oeuvrent dans l'isolement total (Pasternak ou Boulgakov), cependant que d'autres prennent le chemin des officines de torture (Mandelstam), d'autres encore capitulent (Léonov) ou prennent la tête du mouvement d'acquiescement (Gorki). La guerre apporte sa bourrasque de souffrance et de liberté intérieure recouvrée, mais le plomb retombe dans les cerveaux d'abord en 1946, avec le jdanovisme, puis en 1948, avec la campagne anticosmopolite. « Gels » et « dégels » se succèdent, mais aujourd'hui la littérature témoin de l'inhumain est publiée: Chalamov, Grossman et SoIjénitsyne dialoguent dans la conscience des lecteurs. Les retrouvailles avec la diaspora qui avait emporté un morceau de Russie à ses semelles sont consommées. Et cette diaspora rejoint les destins tragiques de grands poètes comme Akhmatova, poète saphique passé d'une poésie intimiste miniaturisée à la grandeur épique d'un Requiem pour les générations muettes de douleur. Dominant tout le siècle, pas seulement le russe, la lucidité poétique et prophétique du poète Ossip Mandelstam, mort au goulag, fournit une réponse de l'homme au sphinx de la terreur.
    Ce tome montre les filets de créativité qui n'ont jamais cessé de couler, comme il montre la grande glaciation politique et culturelle de l'utopie réalisée: celle d'Andreï Platonov, aux résonances religieuses puissamment ambiguës, celle, dérisoire, du satiriste Alexandre Zinoviev, ou celle, classique et postmoderne, du poète joseph Brodsky qui interroge les tyrans de toujours.
    Plus que précédemment l'ouvrage est collectif, il s'est enrichi de collaborations de Soviétiques naguère encore interdits de publication à l'étranger. Terme chronologique de l'entreprise (qui va se poursuivre en présentant bientôt la littérature russe des origines à la fin du XIXe siècle), ce tome ne prétend pas conclure, mais il offre deux voix en guise de finale, deux voix libres venues de l'Est pour dire ce qu'il advient d'un organisme puissant et paralysé lorsqu'il dégèle et qu'il souffre d'un violent retour à la vie...

  • Ce volume, consacré aux sources de la littérature russe, propose au lecteur un parcours qui va du XIe au XVIIIe siècle, c'est-à-dire depuis les premières tentatives de création d'ouvrages hagiographiques et de chroniques jusqu'à la veille de l'âge d'or de la littérature russe. La littérature médiévale russe a non seulement préservé pour toutes les générations ultérieures de précieux témoignages sur l'histoire russe à ses débuts, sur la culture, les légendes et les moeurs russes pendant l'époque kiévienne et sous le joug tatar, mais également donné de grands textes p-oétiques, tel le fameux Dit de l'ost d'Igor, dont la poétique imprègne une part importante de la poésie russe postérieure à sa découverte à la fin du XVIII siècle - même si son authenticité et les discussions soulevées à cet égard forment en soi un feuilleton.
    La première partie de cet ouvrage, qui va du XVe au XVIe siècle, montre le développement des genres médiévaux et leur lien avec le christianisme orthodoxe et la pensée religieuse de l'époque.
    Le XVIIe siècle, traité dans une deuxième partie, voit l'apparition de courants nouveaux, d'une certaine sécularisation de la culture et de problèmes soulevés par le contact avec l'Occident latin. Il est dominé par la haute figure du grand dissident religieux, fondateur du schisme des vieux-croyants, tout imprégné des Écritures mais déjà moderne par ses imprécations et son style haletant, l'archiprêtre Avvakoum.
    Dans la troisième partie, consacrée au XVIIIe - siècle, nous assistons à l'épanouissement de la culture séculière et d'une nouvelle littérature de type européen, qui sont étudiées ici en liaison avec les problématiques européennes de l'époque - maçonnerie, révolutions française et américaine (sur lesquelles on trouvera des chapitres séparés dans une quatrième partie intitulée "Problèmes culturo-historiques"). C'est aussi au XVIIIe siècle qu'apparaissent de grands poètes modernes tels Lomonossov, génie universel, et Derjavine, le chantre de Catherine. La bibliographie, nouvelle et très fouillée, donnée à la fin de l'ouvrage, et qui couvre les huit siècles traités dans ce volume, sera d'un très grand secours pour tous ceux - historiens ou chercheurs littéraires - qui étudient la période.

  • Haiku

    Collectif

    Le haïku est un court poème en trois vers de 5/7/5 syllabes, issu d'un poème lui-même déjà bref, le tanka, de 31 syllabes réparties en deux versets de 5/7/5 et 7/7 syllabes, dont on ne conserva que le premier.

    Son origine est donc presque aussi ancienne que la poésie japonaise traditionnelle, mais il ne conquit son autonomie qu'au XVIIe siècle, dans l'école de Teikoku (1571-1653). Quatre grands noms ponctuent son histoire: Bashô (1644-1694), Buson (1715-1783), Issa (1763-1827) et Shiki (1866-1902). Aujourd'hui encore il a de fervents adeptes au Japon.

    On comprendra la parution, dans la collection des Documents spirituels, d'une anthologie du haïku. C'est qu'à l'égal des autres arts du Japon tels que l'arrangement des fleurs, l'art des jardins, le tir à l'arc, le Nô, etc., le haïku est beaucoup plus qu'un poème sur un instant privilégié. Il n'est pas excessif de dire que ce que propose un haïku achevé est une expérience qui s'identifie peu ou prou à celle du satori, de l'illumination. La lecture d'un haïku est donc avant tout un exercice spirituel.

  • La véritable scission dans l'I.S. a été celle-là même qui doit maintenant s'opérer dans le vaste et informe mouvement de contestation actuel: la scission entre, d'une part, toute la réalité révolutionnaire de l'époque et, d'autre part, toutes les illusions à son propos.
    Edition augmentée

  • Le bon air latin

    Collectif

    • Fayard
    • 24 Août 2016

    Face aux changements sociétaux, à la crise des humanités et aux réformes de l'enseignement, des écrivains et des chercheurs, rassemblés en association, entendent rappeler le socle langagier sur lequel s'appuient la langue et la culture françaises.
    Les enjeux de la connaissance du latin ne sont pas seulement linguistiques mais se déploient dans tous les domaines de la pensée et des sciences.

  • Si le Soûtra du Diamant et le Soûtra du Coeur sont célèbres dans l'ensemble du monde himalayen et sino-japonais, faisant l'objet de récitations et de méditations quotidiennes sur le sens de la vacuité universelle dans le bouddhisme tibétain et zen, il n'en est pas de même du Soûtra de la Pousse de Riz, injustement méconnu, et traduit ici pour la première fois en français. Il s'agit pourtant d'un texte clé des débuts du Mahâyâna, qui traite de tous les aspects de la production interdépendante en soulignant l'irréalité fondamentale des éléments qui la constituent.
    Loin d'être un culte du néant, cette insistance sur la vacuité, propre au Grand Véhicule, fait voler en éclats le cadre étroit de l'être et de la substance, si chers à nos philosophes occidentaux, et débouche sur la mise en oeuvre d'une compassion sans limites.

  • Ce texte enseigné par le Bouddha est essentiel dans le bouddhisme sino-japonais : il énonce et explique les règles de la discipline des bodhisattvas, les adeptes de l'esprit d'Eveil, cette vision du monde qui unit la compassion et la connaissance de la vacuité universelle. Dans le premier livre, le Bouddha revêt un aspect «absolu» pour enseigner l'irréalité de toutes choses, y compris des «valeurs morales», qui sont toujours relatives, de même que la nécessité de l'apparence du bien. Dans le livre II, ses enseignements prennent la forme de règles de discipline qui constituent en fait la pratique de l'union de la compassion et de la vacuité. Dix fautes extrêmement graves (tuer, voler, forniquer, etc.) peuvent détruire l'esprit d'Eveil du bodhisattva jusqu'à sa vie suivante. Quarante-huit fautes «moins graves» (manger de la viande, etc.) forment autant de souillures dont il est possible de se purifier sans attendre.


    Le Soûtra du Filet de Brahmâ est un manuel de théorie et de pratique de l'esprit d'Eveil en même temps qu'un «disciplinaire» pour la confession bimensuelle des adeptes du Grand Véhicule du bouddhisme.


    La traduction ici présentée a été réalisée à partir de la version chinoise de ce texte, due à Kumârajîva (traducteur du Soûtra de la Liberté inconcevable). Daté de l'an 402 de notre ère, il s'agit d'un autre classique du bouddhisme chinois peu connu en Occident.

  • Le Soûtra de l'Eveil parfait (VII-VIIIe siècle) et le Traité de la Naissance de la foi dans le Grand Véhicule (VIe siècle) sont deux soûtras dits apocryphes, c'est-à-dire rédigés directement en chinois, qui comptent parmi les plus beaux fleurons de la littérature bouddhique chinoise et ont exercé une influence considérable en Chine, mais aussi en Corée et au Japon, notamment sur les écoles du Chan (Zen) et de l'Ornementation fleurie (Avatamsaka).


    Le Soûtra de l'Eveil parfait expose au cours de dialogues entre le Buddha et douze bodhisattva autant d'approches différentes de l'éveil, depuis la première et la plus éminente, celle de l'accès subit, jusqu'aux méthodes graduelles. Le Traité de la Naissance de la foi dans le Grand Véhicule est un écrit de synthèse des idées majeures du Grand Véhicule et plus particulièrement de l'école idéaliste (Vijñanavada). Il présente différentes formes d'éveil comme autant de saisies d'une même réalité, qui résultent de différences de compréhension ou de pureté des esprits des êtres.

empty