Archives Contemporaines

  • On sait les images du photojournalisme prises entre leur fonction (journalistique) et leur valeur esthétique (photographique) : entre le magazine et le musée, " derniers tableaux " reprenant à leur compte les questions de la peinture d'histoire.
    Ce livre offre des exemples - oeuvres, expositions - qui illustrent, et en même temps excèdent cette opposition, et demandent l'élargissement du champ de cette recherche. C'est la vision d'un photojournalisme et d'un art contemporains l'un de l'autre, partageant les mêmes ambitions de " rendre compte du réel ", de témoignage, de " fonction critique ", les mêmes doutes sur leur capacité à le faire, et l'usage (la récupération, l'atténuation) dont ils peuvent faire l'objet.

  • Que signifie aujourd'hui l'acte d'écrire et de publier un livre? Quelle influence ont la numérisation des contenus, le développement d'internet et les nouvelles pratiques de lecture sur le travail des auteurs?
    Pour répondre à ces questions, ont été interrogés une variété d'auteurs dans toute leur diversité de producteurs d'ouvrages : des auteurs de bande dessinée aux concepteurs de livres pratiques, en passant par ceux qui écrivent des fictions ou des romans policiers. Il ne s'agit pas d'opposer deux univers, l'un attaché à la seule écriture papier et l'autre investi dans une dynamique dématérialisée du tout numérique, mais de comprendre comment les deux se complètent et se composent, comment le numérique ouvre de nouvelles façons d'écrire et offre de nouvelles possibilités d'édition et de publication, comment il permet d'intervenir sur le colloque singulier entre l'auteur et le lecteur, sur les échanges entre les producteurs et le public, sur la relation entre l'auteur et l'éditeur. Mais aussi comment le livre-papier garde pour les auteurs une place décisive et peut-être indétrônable.

  • Dans le contexte de la mondialisation et à l'ère du numérique, la migration des images transforme les façons de figurer et les manières de voir et de regarder. Dans ce hommage à Georges Balandier, plusieurs anthropologues proposent des études de cas détaillées de ces nouveaux enjeux du rapport aux images :
    La circulation transnationale du masque dogon kanaga, la diffusion d'images philatéliques du continent africain, l'élégance des sapeurs d'Afrique centrale, les figurations du sida au Burkina Faso, les usages de la photographie dans l'action humanitaire, la mise en spectacle du football africain, les visions de l'art contemporain à la Biennale de Dakar, l'imaginaire cinématographique dans les mines d'or du pays lobi et la violence télévisuelle au Congo et au Gabon, ou encore les rapports entre anthropologie et cinéma en Afrique. Des terrains ethnographiques aux mondes de l'art contemporain, les manières de figurer et les façons de voir l'Afrique ne cessent ainsi de se transformer et de nous interroger.

    Avec les contributions de J. Bondaz, J.-P. Colleyn, M. Cros, F. Eboko, Th. Fillitz, J. Gandoulou, E. Guillermet, E. Jolly, Q.Mégret et J. Tonda.

  • Anthropologue, ayant aussi une formation philosophique et psychanalytique, François Laplantine a effectué des recherches en Amérique latine et plus particulièrement au Brésil. Ses publications concernent l'ethnopsychiatrie, l'anthropologie de la santé et des religions, ainsi que les rapports de l'ethnographie, de la littérature et du cinéma. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont le fil conducteur est l'étude des diverses manifestations de l'imaginaire social et qui ont été traduits en plusieurs langues.
    Poursuivant actuellement ses recherches entre la Chine, le Japon et le Brésil, il travaille à la construction d'une anthropologie du sensible - appelée aussi anthropologie modale - dans laquelle la théorie de la connaissance n'est pas séparée des questions de l'esthétique, de l'éthique et du politique. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage soulignent, en les discutant, les apports de l'oeuvre importante et originale de cet auteur qui est aussi connu en Amérique qu'en Europe.

    Avec les contributions de N. Decourt, S. Faure, Ph. Fritsch, A. Guïoux, A. Hammouche, G. Herreros, D. Hoss, J. Lévy, J.B. Martin, R. Mayer, D. Meintel, J.B. Pocreau, F. Saillant, J. Santiago, M. Seffahi, M. Soares et A. Verstraeten.

  • Comment se fait-il que le voile soit devenu en si peu de temps un enjeu décisif pour la société européenne ? Le voile, désormais islamique, symbolise et éclaire à lui seul l'ensemble des tensions que les sociétés européennes entretiennent avec les minorisés « d'origine » ou issues d'ailleurs. Cet ouvrage aborde le voile islamique comme outil heuristique permettant de comprendre la manière dont les femmes musulmanes sont devenues les alibis d'un discours universaliste qui refuse et récuse tout particularisme.
    Il permet également d'interroger toute revendication identitaire et/ou antiraciste qui ferait l'impasse sur le caractère genré du port du voile. Les articles ici réunis montrent alors une polysémie du voile qu'il ne s'agit pas uniquement de rechercher dans des situations diversifiées mais de reconnaître notamment dans le va-et-vient entre le centre et la périphérie (entre l'Europe et ses anciennes colonies) et dans les spécificités inhérentes à tel ou tel contexte socio-historique.

    Avec les contributions de L. Abu-Lughod A. Athanasiou E. Avramopoulou M. Bouyahia G. Coene S. Dayan-Herzbrun M. Della Sudda E. Dorlin A. Kian C. Longman N. Louachi K. Ramdani A. Saktanber M. E. Sanna et allii.

  • A travers la patrimonialisation des sites et monuments historiques, l'étude des lieux de mémoire s'est imposée comme un champ de recherche, sinon comme une sorte de laboratoire qui mobilise depuis deux décennies en Afrique, archéologues, historiens et anthropologues. L'étude du patrimoine se fait en relation étroite avec celle de la mémoire, de l'histoire du peuplement et de la rencontre des cultures aussi bien précoloniales que coloniales. En prenant comme point focal de la réflexion, les Ruines de Loropéni, inscrites en 2009 sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité, ce livre pointe tout particulièrement la recherche des origines de monuments de pierre en ruines occupant dans le Sud-ouest du Burkina Faso un espace de plus 8 000 km2. Il entend susciter des investigations plus approfondies pour lever entièrement le voile du mystère qui a jusque-là entouré ces ruines.

  • Le génocide des Tutsi du Rwanda, entre avril et juillet 1994, comme ceux qui l'ont précédé, continue d'interpeller et invoque la sempiternelle question: comment en est-on arrivé là? Alors que, cinquante ans plus tôt, les peuples des Nations unies proclamaient, après le génocide des Juifs en Europe, leur foi dans «la dignité et la valeur de la personne humaine», faisant le serment du fameux «Plus jamais ça!». Il est d'ailleurs à noter que le génocide des Tutsi du Rwanda fut commis quand, précisément sur le continent africain, l'une des pires formes de l'intolérance, l'apartheid en Afrique du Sud, était en passe d'être définitivement vaincue.

    Cette XXe Commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda appelle inévitablement à nous interroger sur un autre point. Si l'État rwandais s'est relevé avec une efficacité qui parfois force l'admiration des experts, qu'en est-il des survivants du génocide de 1994? Les conditions sont-elles réunies pour leur permettre de se relever eux aussi? Les engagements pris aussitôt après le génocide, notamment par la communauté internationale à travers les Nations unies, sont-ils tenus afin que justice soit rendue, aux morts comme aux survivants?

  • Découvrez L'afrique lusophone postcoloniale - Changements et perspectives, le livre de Joao Carlos Vitorino Pereire. Les guerres civiles, amplifiées par la guerre froide, ainsi que le discours officiel, volontiers manipulateur et mystificateur, du régime unique ont masqué les transformations qui, malgré les apparences souvent trompeuses et une réalité plutôt tragique, véhiculées par des médias nationaux inféodés au régime et des médias internationaux superficiels ou sensationalistes, se sont opérées en Afrique lusophone, laquelle s'ouvre sur le monde et a l'économie de marché mondialisée. Ainsi, une période charnière s'est amorcée avec le retour à la paix civile, l'ouverture démocratique et, plus généralement, l'ouverture sur le monde que l'on observe dans cet espace lusophone. Le moment semble donc propice à un premier bilan, qu'il faudra approfondir, de la situation nouvelle dans les pays africains d'expression portugaise. Les auteurs de cet ouvrage se sont attachés à montrer les changements intervenus dans ces pays, depuis leur indépendance, ainsi que les perspectives nouvelles qui s'offrent à eux.

  • On pourrait donc comprendre pourquoi la thématique qui a été choisie pour célébrer la sortie de scène de ce Grand Maître est construite autour du concept de francophonie. Incontestablement, le professeur André-Marie Ntsobé a été un défenseur de la culture francophone, il a été un véritable francophile, en tant qu'il n'a pas perçu la langue française comme un facteur d'aliénation mais comme un héritage historique capable de garantir notre ouverture au monde. C'est cette francophonie, porteuse d'un humanisme de la différence, respectueuse de la diversité culturelle de ses peuples et fondée sur les principes de solidarité et de partage qu'il s'est engagé à défendre durant toute sa carrière. C'est ce qu'il nous laisse en héritage avec, cependant, un appel à la distance critique, à la vigilance, afin que l'on ne soit pas happé par l'Autre.

  • Ce volume contient le texte des communications présentées au cours du colloque international « Politiques linguistiques, apprentissage des langues et francophonie : les défis de la diversité », organisé par l'équipe de recherche « Pluralité des langues et des identités : didactique, acquisition, médiations » (PLIDAM) de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), à Paris, les 24 et 25 mai 2007, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE), l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) et la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF).
    L'Europe compte un ensemble de langues dont plusieurs ont un statut international reconnu, d'autres sont moins connues et moins enseignées. Or, les élargissements successifs augmentent le nombre des locuteurs de langues de « moindre diffusion », sans lesquelles l'Europe ne peut guère construire son identité. Cette polyphonie constitue un réel défi et pose de plus en plus le problème de l'équilibre entre la nécessité d'une communication efficace au sein de cet espace, et la volonté de sauvegarder l'exceptionnelle richesse culturelle et linguistique du patrimoine européen. Les chantiers linguistiques, éducatifs et politiques sont étroitement liés. Leur interdépendance est réactivée par les bouleversements récents dans l'Est de l'Europe. A l'heure des élargissements, l'apprentissage des langues revêt une acuité particulière.
    Dans ce contexte, notre colloque avait pour but de présenter des expériences et des pistes de réflexion portant sur les politiques linguistiques dans les pays d'Europe centrale et orientale, à la lumière des actions en faveur du plurilinguisme européen, mises en oeuvre par la Commission européenne (Direction générale Education et Culture, Unité du multilinguisme) et le Conseil de l'Europe (Division des politiques linguistiques) dont les travaux servent de référence à l'élaboration et à la réorganisation des enseignements de langues dans les Etats européens.

  • Avec les sciences sociales, la littérature et sa critique universitaire ont pris une place décisive dans le développement social et culturel des pays de la francophonie.

    Au prix des pires difficultés, de jeunes écrivains se font entendre, dans des langues locales ou dans un français qui n'est pas toujours celui de l'Académie française. Si leur notoriété ne franchit guère les frontières de leur pays, ils apportent une vision singulière, novatrice et souvent fort inventive du réel qui les entoure, et du monde qu'ils regardent ou qu'ils imaginent. Leurs langues méritent tous les soins de ceux qui veulent que le français reste une langue riche de sa pluralité multiforme.

    Ce livre, issu de la réunion fondatrice d'un collectif de chercheurs sur les Littératures au Sud, n'est pas un panorama d'ensemble sur les littératures francophones, ni même un recueil d'études critiques sur les littératures au Sud, pas davantage un manuel : il n'aurait ni l'exhaustivité, ni la cohésion, ni la cohérence méthodologique nécessaires. C'est en revanche un ouvrage programmatique, à la fois institutionnel et scientifique : il balise la recherche sur les littératures, en francophonie et dans le monde, pour lui ouvrir des perspectives sans limiter son champ d'action.

    Les chefs d'État réunis au Sommet de la Francophonie de Québec, en octobre 2008, ont défini les orientations politiques dans lesquelles s'inscrivent les activités scientifiques de la Francophonie. Pour la première fois, ils ont adopté une résolution sur la langue française et proposé de signer, en fonction de leurs besoins et des demandes, un pacte linguistique. Le collectif sur les Littératures au Sud apporte une des réponses scientifiques à ce double défi : valoriser le patrimoine culturel en langue française et participer au développement des pays qui la partagent.

  • Entre composantes données et composantes acquises de l'identité, le choix d'une langue et d une culture pour en faire son métier n' a rien d'anodin : qu'elle soit étrangère, seconde ou bien, comme on dit, maternelle ou première, la langue, lorsqu'elle est vécue au quotidien pour être partagée, transmise, s'insinue dans l'intime, de la réalité au rêve. Du coup, c'est toutes les branches du métier d'enseignant de français qui s'en trouvent interrogées et vécues autrement, pas seulement de l'extérieur, mais comme une partie de soi-même. Littérature, linguistique, anthropologie culturelle et civilisation, méthodologies et technologies éducatives s'interrogent alors non seulement sur un mode professionnel mais plus encore, sur ce mode impliqué qui rend si fort l'adjectif de l'expression sciences humaines. Ce livre réunit quelques unes des communications données à Québec en 2008 à l'occasion du congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français.

  • D'Alembert est aussi multiple et fascinant que son siècle. Homme de l'Encyclopédie, le pamphlétaire des Lumières, l'ornement recherché des Salons, le dominateur des Académies, le philosophe prisé des souverains éclairés, le mathématicien (enfin étudié ici), le spécialiste des sciences, toutes ces facettes se retrouvent en lui. Pour les éclairer, il fallait ce portrait à plusieurs voix des meilleurs spécialistes mondiaux qui rendent à d'Alembert sa place - majeure - dans l'histoire de la pensée humaine, tant philosophique que scientifique.

  • L'histoire de l'anthropologie est scandée par des débats de nature épistémologique et méthodologique sur les conditions de déploiement de son regard : sont alors interrogés les pratiques du terrain, les dispositifs d'analyse, les procédures de restitution et les rapports aux instances politiques. Ce qui apparaît aux auteurs de cet ouvrage comme relevant d'un nécessaire souci réflexif dans la démarche de l'anthropologue doit de nos jours être réévalué à l'aune d'une série de transformations sur lesquelles l'anthropologie porte son attention : la multiplication de situations conflictuelles ; les expressions multiformes de la « transnationalisation » des religions, des codes culturels et des économies ; les références revisitées au passé...
    Face à ces nouveaux contextes, l'objectif de ce livre est précisément de s'interroger sur les conditions actuelles de l'exercice ethnologique et, au-delà, de contribuer à dresser un état des lieux de la discipline. Il vise ainsi à prolonger et enrichir la réflexion engagée dans des ouvrages parus récemment sur le sujet, en faisant porter la réflexion sur les changements en cours que connaît le métier d'ethnologue et en posant la réflexivité comme condition de la production de connaissances nouvelles, loin de toute idée d'enfermement introspectif.
    Sur des objets variés, dans des aires géographiques d'une grande diversité mais aussi au regard de références théoriques multiples, qui interdisent tout enfermement des analyses produites, les textes présentés dans cet ouvrage mettent en scène et en débat, la triple figure du savant, de l'expert et du militant. Ainsi, en réfléchissant sur leur rapport aux données collectées, à l'enquête et à l'enquêté, à la demande qui leur est formulée (des usages sociaux des savoirs à l'interdisciplinarité) - et en replaçant ces réflexions dans le temps du terrain (continu ou répété) et dans son espace (fragmenté et « multi-situé ») - les auteurs explorent de façon renouvelée ces figures archétypales de l'anthropologue.

  • Roman Ingarden (1893-1970) - phénoménologue polonais disciple de Husserl - est une des grandes figures de de la philosophie et de l'esthétique du XXe siècle. Reconnue et étudiée en Pologne, dans les pays de langue allemande, mais aussi en Europe du Nord, voire aux États-Unis, sa pensée a été peu présente dans les débats français, alors même qu'elle a des choses fondamentales à nous dire dans le champ de l'ontologie tout aussi bien que dans celui de l'esthétique et des études littéraires. Le présent ouvrage se donne pour fin de réintroduire la pensée d'Ingarden dans les débats contemporains. Il rassemble des contributions non seulement de spécialistes reconnus de la pensée d'Ingarden, mais aussi de chercheurs d'autres horizons qui ont rencontré ses travaux dans leur champ propre.

  • Une certaine exégèse circulante, nostalgique d'une mesure du monde d'autrefois, présente Jean-Marie Gustave Le Clézio comme un écrivain français qui est allé vers les « autres mondes » pour les révéler - ainsi que leur fait symbolique - au monde global. Sans régionaliser Le Clézio en l'africanisant ou en l'indianocéanisant, cet ouvrage tente de restituer la place primordiale qu'occupent l'Afrique et les Mascareignes dans son oeuvre. Loin d'être des finitudes scientifiques ou d'apparaître comme des horizons exégétiques indépassables, les contributions réunies dans ce volume ouvrent des pistes - pas toutes - à une réflexion féconde qui questionne, avec les prolongements et les ruptures nécessaires à pareille entreprise critique, la matière africaine et indianocéanique de l'oeuvre monumentale et multipolaire du Nobel 2008 qui ne fait pourtant pas mystère de sa filiation africaine et mauricienne.

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