Antipodes Suisse

  • Ce onzième volume du Cartable de Clio propose un dossier central sur le thème des musées, de l'histoire et des mémoires. Il interroge les mises en musée du passé du point de vue de leurs constructions narratives et finalités. Pour ce faire, il évoque à la fois des musées tels qu'ils se présentent, des démarches didactiques qu'ils inspirent et des recherches dont ils sont l'objet.

    Une série d'articles établit un état des lieux des réflexions relatives à la didactique de l'histoire, alors que d'autres textes s'interrogent sur la transmission des passés traumatiques et sur ses effets démocratiques. Dans les deux cas, ces contributions font écho à des journées d'étude consacrées à ces thématiques.

    Il est également question dans ce volume de nouveaux plans d'études et de récits nationaux, toujours dans la perspective de savoir quelle histoire enseigner, avec quels objectifs et selon quelles modalités.

  • La violence et l'extrémisme associés au spectacle du football constituent depuis une vingtaine d'années une préoccupation croissante en Europe. Au point que l'objectif de pacifier les interactions footballistiques trouve désormais des ancrages de plus en plus nombreux chez les acteurs en charge du problème.
    Le présent ouvrage, qui regroupe les contributions de quelques-uns des meilleurs spécialistes du sujet, revient sur deux des principaux pôles d'interrogation qui se rapportent à ces désordres, à travers un état des lieux européen de la violence et de l'extrémisme.
    En premier lieu, sur l'identité, les motifs et les cibles des auteurs de ces débordements.
    En second lieu, sur la nature et le sens à donner à la recomposition des dispositifs de toute nature - juridique, policier, urbanistique, socio-préventifs - désormais mis en place pour réguler un phénomène identifié aujourd'hui comme un risque majeur.

  • Ce 125e numéro de la Revue historique vaudoise consacre son dossier spécial à l'histoire de l'immigration en terre vaudoise.
    Ce dossier spécial expose dans toute sa diversité l'histoire de l'immigration dans le canton de Vaud et en Suisse romande. Réunissant une dizaine d'auteurs issus autant du monde académique que de la société civile ou de l'immigration, ce numéro offre des contributions originales et inédites sur l'histoire de plusieurs vagues migratoires jusqu'alors peu étudiées, à l'exemple de la migration fribourgeoise sur les rives du Léman, le souvenir du Refuge huguenot dans de nombreuses familles vaudoises, l'histoire des associations italiennes à Lausanne ou encore la représentation des travailleurs saisonniers par la Télévision Suisse Romande dans les années 1970 et 1980.
    Cette livraison de la RHV s'intéresse non seulement à l'histoire de plusieurs communautés étrangères, mais aussi à la mémoire de l'immigration à travers le récit de plusieurs auteurs eux-mêmes issus de la migration.

    Ainsi, ce numéro de la Revue historique vaudoise allie recherche historique et questionnements sur un thème d'actualité.

    À lire également dans ce numéro:
    Les Helvètes en marche: confrontation de sources.
    Réforme observante et emprise territoriale: l'éphémère implantation du Tiers-Ordre régulier de Saint-François à Savigny, diocèse de Lausanne, 1491-1531.
    Comptes rendus des ouvrages d'histoire vaudoise et romande publiés de 2015 à 2017 (30 titres).

  • Fait marquant de la vie sociale, le conflit s'exprime de multiples façons: conflit entre différentes identités de l'individu, conflit entre des valeurs sociales incompatibles, conflit entre individus en compétition, conflit entre groupes minoritaires et majoritaires. En régulant les rapports entre individus et groupes, le conflit intervient continuellement dans la vie quotidienne et contribue ainsi à organiser le vivre ensemble. Surtout connu pour son potentiel déstabilisateur, voire destructeur, le conflit a pourtant aussi des mérites. Le conflit sociocognitif, par exemple, est un moteur de l'apprentissage, et le conflit entre groupes dominants et dominés permet de promouvoir le changement social. Cet ouvrage analyse le conflit en tant que notion clé de la psychologie sociale et propose des regards variés sur différentes dynamiques sociales associées au conflit.

    Sur la base de nombreuses recherches empiriques, quatre grands champs sont abordés: celui de l'apprentissage et de l'éducation?; celui de la compétition et de la compétence?; celui des trajectoires des minorités et celui de l'intégration sociale. Quatorze chapitres rédigés par des chercheurs et chercheuses des Universités de Lausanne et de Genève récapitulent la littérature scientifique du conflit dans chacun de ces domaines et résument les résultats de leurs études de façon accessible.

    Sous la direction de Christian Staerklé et Fabrizio Butera.

  • Le dossier central de ce numéro a pour thème l'usage social et politique des peurs et la stigmatisation de l'altérité. Il montre que l'examen critique de ces peurs, qu'elles soient eschatologiques ou imaginaires, qu'elles diabolisent (les sorcières), qu'elles stigmatisent (les mendiants) ou qu'elles soient induites par la pensée dominante, permet une mise au jour du fonctionnement des sociétés humaines qui les produisent.? Deux autres petits dossiers traitent de l'épistémologie de l'histoire et des enjeux qu'elle soulève pour sa transmission scolaire, ainsi que des manuels scolaires d'histoire, de leur fabrication et de leur usage.? Au fil des thématiques habituelles de la revue, ce volume s'interroge,?à partir de plusieurs points de vue, sur ce qu'il est important de transmettre de l'intelligibilité du passé et sur les manières les plus pertinentes d'y parvenir.

  • Ce numéro s'ouvre par un dossier consacré au thème des Imaginaires alimentaires. Histoire, cultures, représentations. Il montre que des plats réputés traditionnels de telle ou telle culture ont des prétendues "racines" souvent bien lointaines. Il évoque les peurs, les interdits, les pénuries et montre en quoi l'enseignement de cette thématique peut enrichir l'histoire scolaire.
    Des textes sur les didactiques de l'histoire évoquent de manière critique la dimension identitaire de l'enseignement de l'histoire et l'intérêt de mettre à distance les récits fermés qui n'ouvrent à aucune complexité. D'autres abordent les manières dont les élèves peuvent s'approprier des connaissances en affrontant des problèmes à partir des interrogations de l'histoire. Il est également question d'histoire et de mémoires à travers différents exemples.

  • Au moment où le canton de Vaud s'apprête à vivre l'une des plus importantes réformes judiciaires de son histoire, par l'introduction, à l'horizon 2011, de la réforme pénale et civile fédérale, la "Revue Historique Vaudoise" a estimé pertinent de proposer un numéro thématique articulé autour de l'histoire de la justice et de la criminalité en terres vaudoises. Grâce à l'apport de plusieurs historiens, jeunes ou confirmés, qui présentent ici leurs recherches en cours ou récentes, et grâce à des magistrats en exercice qui livrent leur témoignage dans la perspective des changements à venir, nous proposons une succession d'éclairages autour de cette thématique, qui se déploie entre le Moyen Âge et le début du XXIe siècle. Deux axes principaux ont été privilégiés. Le premier se rapporte à la criminalité, par l'examen de différentes figures du criminel, ainsi qu'à la perception du crime sur le plan du discours et des pratiques judiciaires. Le second s'attache aux acteurs de la justice; il privilégie l'étude de leurs interactions avec l'État et la société, ainsi que les enjeux de leur action. Observé sur une longue durée, le champ d'étude permet de mettre au jour certaines transitions, ruptures ou innovations qui se manifestent au fil du temps.

  • Ce 9e numéro du Cartable de Clio, revue sur les didactiques de l'histoire propose dans son dossier central des réflexions sur les rapports entre Orient et Occident. Il évoque ainsi largement la question de la transmission d'une histoire qui dépasse certaines assignations identitaires stéréotypées, qui soit ouverte à l'autre, mais qui le soit par une meilleure connaissance réciproque de soi et des autres, dans le passé comme au présent.

    L'enseignant est parfois démuni lorsqu'il s'agit de transmettre une approche plus nuancée des espaces d'Orient et d'Occident et de leurs interactions. Pour leur part, les manuels scolaires n'offrent guère d'outils pour nourrir une vision critique et actualisée de cette problématique. Deux idées fondamentales sur l'histoire enseignée traversent en fin de compte ce dossier. La première est celle des rencontres et des échanges, plus ou moins bienveillants, plus ou moins volontaires, mais toujours essentiels pour la compréhension de l'histoire de l'humanité qui se sont tissés entre soi et les autres, entre l'Occident et l'Orient, entre le Nord et le Sud, etc., sur toutes sortes d'échelles. La seconde idée concerne les regards qui sont en général portés mutuellement sur l'autre : ils sont stigmatisants, idéalisés ou essentialisés ; il convient par conséquent de s'interroger sur les contours rationnels et irrationnels de ces représentations spatiales, politiques ou culturelles complexes.

  • La notion d'intersubjectivité est au coeur des débats contemporains dans le champ de la psychologie. L'intersubjectivité traverse en effet les différentes approches de la psychologie, des neurosciences à la psychologie sociale, des perspectives développementales aux approches psychoaffectives de la personnalité, des contextes de l'apprentissage à ceux du soin.

    Cet ouvrage collectif, premier volume de la collection Actualités psychologiques, se propose de faire le point sur cette notion et d'apporter des pistes actuelles de compréhension aux enjeux de la place de l'autre et de l'altérité dans la construction du sujet. Des chercheurs de renommée internationale, de Suisse et de différents pays européens, apportent ici leur contribution, dans différents domaines théoriques qui sous-tendent la notion d'intersubjectivité et entre les méthodologies qui permettent d'en appréhender la dynamique.

    Contribution exceptionnelle, cet ouvrage est à destination de tous, psychologues praticiens et professionnels de la relation, chercheurs et étudiants en psychologie ou dans des disciplines connexes. Il permet d'approcher l'intersubjectivité au service de la rencontre de l'autre.

  • Ce numéro de Nouvelles Questions Féministes aborde la problématique des migrations dans une perspective de genre à partir de recherches menées en Suisse. Dans ce pays, les travaux traitant des migrations sont rares, réce nts et souvent peu connus dans le monde francophone. Comme dans la plupart des pays du continent européen, les migrations n'ont pas retenu l'attention des chercheur·e·s en Suisse jusqu'à il y a quelques années. Ces études permettent certes de mieux connaître les conditions de migration que les femmes vivent et affrontent, mais il reste beaucoup à faire pour comprendre et montrer comment les migrations contribuent à la production de la di vision et de la hiérarchie des sexes, et inversement comment le genre influence les processus migratoires. En réunissant des articles fondés sur des études menées en Suisse et intéressés par la dimension sexuée de s phénomènes migratoires, notre objectif est de pointer des pistes pour de futures recherches sur cette thématique.

  • Autour de Michel Foucault, ce volume collectif réunit des historiens et des sociologues qui pensent le droit de punir, du supplice d'Ancien Régime aux usages carcéraux d'aujourd'hui. Relecture de Surveiller et punir trente ans après sa publication dans le prisme des écrits antérieurs de son auteur, histoire du supplice, du marquage corporel ou de la relégation comme peine, conception et usages actuels du droits de punir dans le cadre pénitentiaire, sont finement analysés par la sociologie.

  • Le symbolisme social étant véhiculé et structuré par le langage, c'est toute une conception du monde qui est impliquée dans cette question. L'utilisation du masculin dit "générique" n'est pas remise en question alors qu'elle biaise systématiquement la représentation sociale des femmes. Ainsi la parité linguistique, la construction de systèmes de savoirs non discriminatoires, l'utilisation du féminin et du masculin pour toutes les dénominations humaines, la reconnaissance effective des femmes dans le discours social, sont des instruments indispensables dans la conquête d'une réelle égalité

  • La Revue historique vaudoise consacre le dossier de son édition 2008 au sport dans le canton de Vaud, une thématique encore peu traitée, alors que depuis une quinzaine d'années des recherches menées sur le corps , la sociabilité et les représentations en démontrent l'intérêt et l'apport à la connaissance historique. D'abord marginal, le sport en tant qu'objet d'études est en plein développeme nt favorisé par la création d'instituts spécialisés. Au sein de ceux-ci, ce sont des thèmes tels que les loisirs, les institutions publiques ou privées et les récits sportifs qui ont retenu l'attention des chercheurs.

  • Ce numéro 8/2008 aborde dans son dossier central la question de l'espace-temps dans l'enseignement de l'histoire. Des contributions sur la modernisation des Alpes, en particulier dans la région tessinoise, do nnent à voir une histoire locale reliée à des espaces européens, avec des temporalités différentes qui s'observent dans un même lieu. D'autres espaces plus lointains sont évoqués, parce que l? 7;histoire humaine compare et relie. Les manières dont l'enseignement distingue l'histoire et la mémoire sont également abordées, y compris dans une perspective d'histoire de l'enseignement de l'histoire .

  • « L'axe Venise-Anvers, écrit Fernand Braudel, est 'l'isthme' européen le plus actif. Et les Alpes, ajoute-t-il, forment le théâtre d'un miracle continu au centre de l'économie-monde, du XIIIe au XVIe siècle. » Placée dans cette perspective, la Suisse se situe donc au coeur d'un réseau international, dont l'impact a largement déterminé son sort et son évolution. D'une importan ce existentielle, ses liens avec les marchés, les pays et les puissances extérieurs définissent encore aujourd'hui ses stratégies économiques et sa politique en matière d'Affaires étrangères.
    Dès 1997, cette dimension internationale de la Suisse a fait l'objet des IIIes Cycles d'histoire moderne et contemporaine des universités romandes, dont les derniers travaux (2005) figurent dans ce volume. S'attachant aux années qui succèdent à la Deuxième Guerre mondiale, ils proposent différents regards sur une période particulièrement intéressante, puisqu'il s'agit pour la Suisse de s'adapter à la nouvelle donne internationale et de procéder à une réorientation fondamentale de ses relations extérieures. Une histoire qui ne concerne d'ailleurs pas seulement la diplomatie et la politique, mais également les associations é ;conomiques et les entreprises privées, auxquelles les articles de cet ouvrage accordent une attention particulière.

  • Le lecteur est invité à faire un voyage qui, débutant à Paris, traverse la Suisse, pour se terminer en Allemagne et en Autriche. Et si cet itinéraire semble, de prime abord, suivre les aléas d'une vision romantique de la mode feuilletoniste, il n'empêche que notre point de départ s'ancre dans une réalité historique bien concrète, déjà relevée en son temps de manière fort pertinente par Walter Benjamin, qui écrit: "Il y avait, de fait, une corrélation entre l'effondrement des taux d'abonnement, l'essor des petites annonces et l'importance croissante du feuilleton." Une manière de dire qu'avec ses contenus multiples et ses allures polymorphes, cette littérature "bas de page" doit être comprise comme le lieu fort à la fois de l'espace public, de la société de consommation et de la littérature bourgeoise moderne.

  • Les sciences sociales, qui en sont venues à faire partie intégrante de la modernisation des sociétés occidentales, émergent, vers la fin de XIXe siècle, dans la division du travail académique en tant que champ spécifique du savoir. Cet avènement institutionnel ressortit à de nombreuses déterminations, d'ordre aussi bien politique, économique et social, que scientifique ou professionnel. Le présent numéro se propose d'explorer les dynamiques à l'oeuvre dans la constitution de ces discours, en Suisse mais aussi en France, et de mettre en évidence leur ancrage pluriel, facteur de réalités disciplinaires multiples. Face à leur complexité, il s'agit en effet d'appréhender les sciences sociales dans tous leurs avatars, en tenant compte des contours flous et mouvants qui sont les leurs, à une époque où, selon le mot d'un contemporain, elles sont encore, du moins en tant que groupe, "affectées d'une singulière impuissance à se définir elles-même".

  • Avec l'introduction de l'Euro en janvier 1999, une nouvelle étape décisive de l'intégration européenne est franchie. Toutefois, l'"Euroland" ne surgit pas du néant! Ce projet politique est structuré par la déréglementation économique et le corset d'austérité du Traité de Maastricht. Ce recueil, issu d'un colloque organisé par le Groupe Regards Critiques, invite à une réflexion sur cette Europe en devenir. Il aborde des thèmes comme les tendances économiques globales qui marquent l'intégration actuelle, les relations entre l'Union européenne et l'Est du continent, les logiques des processus de privatisations, l'évolution des rapports entre citoyenneté et droits des femmes, ou encore la position du capitalisme suisse dans les différents projets européens. Cette réflexion débouche sur une interrogation: l'Europe néolibérale est-elle la seule possible?

  • Les travailleurs en Suisse ont chacun leur histoire. Le travail lui aussi a son histoire : une histoire d'engagement, de qualifications, de dignité ou de manque de dignité, de droits ou d'absence de droits. Cet ouvrage, publié à l'occasion des 125 ans de l'Union syndicale suisse (USS), n'est pas une hagiographie, ni une défense et illustration des traditions de la gauche. Ce livre raconte comment les travailleurs de Suisse ont commencé à s'organiser, comment ils ont présenté ensemble leurs revendications, comment ils ont lutté ensemble et fait grève. Pour ne plus être des quémandeurs, mais des partenaires aux droits égaux.
    Les auteur·e·s de ce livre - des historiennes et des historiens engagé·e·s, venant de toute la Suisse illustrent par des textes brefs plusieurs aspects de ce mouvement. Un texte qui court tout au long du livre relate en détail l'histoire des syndicats en Suisse. Les illustrations racontent la même histoire, parfois une autre, par d'autres moyens, et d'une manière que l'on voit rarement.

  • Que l'histoire des femmes et des rapports de genre s'inscrit de plein droit dans l'histoire sociale, économique, politique et culturelle, tout en l'éclairant d'une autre manière, voilà ce que montre l a douzaine d'articles réunis dans ce volume. Au fil des pages, c'est tout un pan du paysage riche et contrasté de la Suisse à l'aube du XXe siècle qui se renouvelle. À suivre des itinéraires singuliers qui rejoignent le collectif, on assiste à la social isation d'une enfant de la bourgeoisie, aux dures conditions de vie des femmes paysans de montagne, au combat des artistes femmes pour se faire reconnaître, aux progrès dans l'instruction des jeunes filles des classes moyennes et la naissance d'un prolétariat intellectuel féminin. Le féminisme d'alors se teinte des modalités des premières prises de conscience de genre, et se clarifie avec la mise en perspective des influences qui orientent ses luttes.

  • Le dossier central de ce 13e numéro du Cartable de Clio propose une réflexion sur le genre en histoire. Au croisement d'un développement historiographique important, d'une demande sociale forte, de propositions ou d'injonctions institutionnelles, un certain nombre de facteurs incitent les enseignant-e-s à faire entrer l'histoire des femmes et du genre à l'école. Si l'histoire scolaire a encore des contenus principalement masculins, si la perspective de genre n'est pas encore devenue un objet d'enseignement, quelques signes de changement se laissent toutefois percevoir. Or, la question, délicate, est prise dans un contexte social, médiatique et scolaire agité; elle fait en outre écho à de profonds questionnements chez les élèves, personnels et intimes.

    La spécificité des objectifs didactiques et des finalités de l'histoire scolaire que les thématiques de genre peuvent viser est interrogée dans ce volume. En effet, en raison de leur dimension critique, elles semblent particulièrement opérantes pour exercer la pensée historique des élèves.

  • Volontiers entretenu par les juristes, le postulat de l'autonomie du droit et de son « isolement » absolu vis-à-vis du monde social, a longtemps dissuadé les sciences humaines d'appréhender la pensée juridique pour elle-même. Inversement, les facultés de droit - en France tout particulièrement - se montraient d'ordinaire réticentes à intégrer les apports de la sociologie, de l'anthropologie ou de l'historiographie dans leurs cursus. Depuis une vingtaine d'années environ, on assiste à de sensibles évolutions, qui voient les sciences sociales s'aventurer franchement sur le terrain du droit et prendre en charge des questions qui touchent aussi bien aux usages du droit qu'à son fonctionnement spécifique et technique.
    En offrant un aperçu de cette reconfiguration actuelle des rapports entre droit et sciences sociales, ce numéro laisse entrevoir quelques dynamiques et chantiers de recherches prometteurs. Plusieurs contributions pointent la manière dont la pensée critique a pu s'enrichir en envisageant le droit non plus comme un simple instrument de domination, mais bien plutôt comme une ressource mobilisable pour qualifier, analyser et contester une situation. D'autres montrent que ce changement de perspective s'accompagne d'une meilleure maîtrise, par les sciences sociales, des opérations du droit (fiction, qualification, etc.) et des spécificités du raisonnement juridique.
    Pour mieux saisir le droit, il semble dès lors utile, d'une part, de réconcilier ses usages politiques avec l'analyse de l'outillage technique et formalisé des juristes; d'autre part, de mieux distinguer les différentes formes de normativité, autrement dit de faire l'histoire comparée du concept et des mutations du droit.

  • Autrefois premier producteur viticole de Suisse, le canton de Vaud est toujours perçu comme un pays de culture vigneronne. Ses vignes symbolisent un ancrage agricole pluriséculaire, un savoir-faire, une certaine vision de l'harmonie, de la beauté et de la durabilité.

    Pourtant, face à l'image de carte postale, l'importance économique de la viticulture n'est aujourd'hui plus que marginale et de nombreuses exploitations vigneronnes se trouvent face à des difficultés qui mettent à mal ses chances de survie.

    Entre tradition et modernité, les acteur·e·s de la vigne ont vécu des réalités contrastées et complexes, du Moyen Âge à nos jours, qui font l'objet d'éclairages divers dans ce livre. Le présent ouvrage propose des pistes de recherche, entre histoire, économie et représentations, et ses différents articles, rédigés par des auteurs venant d'horizons très divers (vignerons, économistes, archivistes, linguistes, juristes, sociologues, historiens de l'art, de la littérature, du cinéma...) mettent en lumière la richesse de fonds documentaires publics et privés. Ces études confirment l'intérêt réel d'une histoire vitivinicole pour la compréhension des mentalités, des pratiques sociales et culturelles de ce canton.

    Carte blanche a en outre été donnée à des étudiants en photographie de l'École cantonale d'art de Lausanne (ECAL). Leurs regards, les outils dont ils disposent aujourd'hui offrent des représentations à la fois prosaïques et imaginaires, documentaires et décalées, d'un monde en mutation.

    Ce beau livre illustré est publié en coédition avec la Confrérie des Vignerons en prévision de la Fête des Vignerons de 2019 et reprend le dossier central de la Revue historique vaudoise 2018 sur les métiers de la vigne. Riche de plus de 180 illustrations couleurs, dont un cahier photo réalisé en collaboration avec des étudiant·e·s de l'ECAL, il explore de multiples facettes de l'activité vigneronne, passée et présente.

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